Pierre Legay est un fondu de bonsaï depuis plus de trente ans. Érables champêtres, charmes, hêtres et des espèces plus exotiques accompagnent son quotidien, à la maison ou au jardin. La plupart de ses arbres ont des histoires particulières. Nous l’avons rencontré au Mans, lors de la manifestation Entre cours et jardins, où il présentait ses protégés et partageait sa passion avec les visiteurs.   

Hortus Focus. Comment êtes-vous tombé dans la marmite à bonsaï ?

Pierre Legay. En faisant dépérir un arbre que m’avait confié mon frère pendant ses vacances ! J’ai culpabilisé et cherché à comprendre mes erreurs. Je me suis pris au jeu puis de passion pour les bonsaïs. Mon intérêt s’est encore accru quand j’ai quitté la campagne pour m’installer en ville. La nature, les arbres me manquaient terriblement. Les bonsaïs m’ont aidé à supporter cette nouvelle vie. Si je devais déménager, je partirais avec eux, évidemment. Y compris ceux qui poussent actuellement en pleine terre, mais que je garde à l’œil comme futurs sujet à “bonsaïfier”.

Certains de vos bonsaïs sont d’incroyables rescapés ! 

J’aime beaucoup les balafrés. J’ai récupéré un érable champêtre qui poussait en cascade, éboulé dans un fossé et régulièrement martyrisé par les épareuses utilisées pour l’entretien des haies. Sa chance, c’était d’être en partie protégé par une borne kilométrique. Il a un port très particulier, je l’aime particulièrement, c’est la vedette de ma terrasse. On pourrait dire de lui qu’il appartient au style lettré dans le langage bonsaï, mais il est tout de même très atypique ! J’ai aussi sauvé un autre érable champêtre voilà plus de 30 ans sur le chantier de la construction de l’autoroute Le Mans – Tours. Il était bien faiblard, il a fallu le faire redémarrer en pleine terre, lui laisser le temps de produire des radicelles avant d’oser l’installer dans une coupe. Il ne correspond à aucun canon de style bonsaï, c’est plutôt un arbre en pot. Il se montre toujours très vigoureux comme s’il me remerciait de l’avoir sauvé des pelleteuses. Heureusement, à l’époque, j’avais déjà un peu de technique, car il n’est vraiment pas évident de faire revenir un arbre à la vie. 

Vous cultivez aussi des petites forêts…

Oui et c’est le résultat d’un travail d’équipe sur plusieurs années. Nous avons récupéré des plants d’arbres dont les défauts (un manque de ramifications sur un côté par exemple) les rendent difficilement vendables en pépinières. Ces défauts nous intéressent, car ils prédisposent ces arbres à être cultivés en forêt. 

L’art du bonsaï n’est donc pas un plaisir solitaire ?

Il peut l’être bien évidemment ! Mais sur ces forêts, tout le monde a son mot à dire, peut intervenir ou réintervenir, ajouter un sujet. La discussion est toujours intéressante et le travail sur la forêt jamais achevé. La forêt est aussi, je le signale pour les néophytes, très facile à réaliser. On peut vraiment jouer avec les végétaux, mélanger les espèces. C’est ce que je fais notamment avec les érables japonais. 

Avez-vous des bonsaïs d’intérieur ?

Oui, j’ai des arbres qui supportent les pièces chauffées et notamment un ficus impressionnant par sa forme et la réitération de ses racines. On sent la puissance de l’espèce dans ce bonsaï. Il trône dans ma pièce principale et accompagne mes soirées !

 

Si les bonsaïs vous intéressent, vous pouvez contacter l’Association mancelle Les Amis du bonsaï 

 

 

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