Tous les ans au printemps, c’est la même chose ! On s’en régale. Et le résultat tombe dans la foulée… dans les toilettes : on urine et c’est une infection. Ça pue point barre. Mais pourquoi ? Pourquoi donc ce pipi odorant après avoir mangé des asperges vertes ou blanches ?
Un “parfum” bien particulier…
Évidemment, les asperges ne sont pas démoniaques et le pipi odorant ne doit rien à un coup de baguette magique ! Difficile de qualifier cette odeur si forte et particulière. Certains y trouvent un “parfum” d’œuf pourri, d’autres de chou abandonné au fond d’un frigo déréglé. Je serai bien en peine de mettre tout le monde d’accord… Pour moi, ça pue et c’est tout. Mais au moins, tous les mangeurs d’asperges sont logés à la même enseigne. Pas un pour rattraper l’autre ? Si, si…. et rendez-vous à la fin de ce papier pour en apprendre plus.

L’explication est scien-ti-fi-que !
Le responsable du pipi odorant est dû à l’acide aspagusique. Asperge, Asparagus, asparagusique… Cet acide est naturellement présent dans les asperges. Il est métabolisé par l’organisme en plusieurs substances soufrés volatiles (méthenethiol, dyméthyle sulfone…). Ces molécules sont évacuées quand nous urinons. Et pas qu’un peu ! Leur concentration est jusqu’à mille fois plus importante dans un pipi sans asperges.
Odorant, mais éphémère
Les molécules en question ont une propriété : elles font le trajet dans notre corps à vitesse V, un peu au rythme d’un Tadej Pogacar montant le Tourmalet en deux tours de roue (mais à quoi carbure-t-il lui ??). Elles passent dans le sang, sont filtrées par les reins avant d’atterrir dans la vessie. L’ensemble du parcours leur prend entre 15 et 30 minutes et leur élimination totale peut prendre plusieurs heures. Comme le monde est mal fichu, le pipi odorant n’est pas l’affaire de tous ! 50% environ d’entre nous ne percevraient pas cette odeur, grâce – la science le dit – à des mutations génétiques liées aux récepteurs olfactifs. Le bol !
Bon à savoir : vertes ou blanches, cuites à la vapeur ou poêlées et déglacées au vinaigre balsamique, rien n’y fait, ça pue (enfin, pour ceux qui ont les réacteurs olfactifs affûtés).

