Cette anémone sublime, Sandrine et Thierry Delabroye la commercialisent depuis 4 ans. ‘Chapeau de Cardinal’ est une vivace exceptionnelle par sa duplicature, sa couleur, mais également par son histoire mouvementée et insolite (voir notre vidéo). 

Hortus Focus. Comment en es-tu arrivé à produire cette Anemone coronaria ?

Thierry Delabroye. C’est une histoire assez incroyable. Cette Renonculacée a totalement disparu entre les deux guerres, je ne saurai dire pourquoi ; elle a peut-être été victime de la nécessité économique de remplacer les jardins d’ornement par des potagers. Avant la Première Guerre, c’était pourtant une plante très utilisée par les floriculteurs français. On en expédiait des bouquets en Hollande, en Angleterre ! Les viticulteurs, les oléiculteurs la cultivaient pour la vendre au printemps et se faire un peu d’argent avant les vendanges et les récoltes. 

Il paraît qu’elle existait dans plusieurs couleurs, c’est vrai ?

Absolument ! Je ne propose que la rouge, mais, il y a plus d’un siècle, cette anémone pouvait être blanche, verte, rose et même ardoise ! Toutes ces couleurs se sont perdues… La seule possibilité d’admirer ces autres couleurs, c’est de se rendre au château de Versailles pour admirer un tableau de Pierre – Joseph Redouté qui présente toutes les couleurs réunies dans un vase. 

Mais comment as-tu retrouvé cette anémone ?

C’est un ami jardinier… japonais qui me l’a donnée et j’étais loin d’imaginer quand il me l’a offerte, qu’elle avait totalement disparu en France. Elle a sans doute été rapportée au Japon par des peintres. Ils étaient venus en France pour apprendre une technique de peinture en relief et ont dû repartir dans leur pays avec cette plante qui leur servait de modèle. 

 

Travailles-tu sur les autres couleurs qui existaient auparavant ?

Pas vraiment, mais il s’est passé un petit miracle à la pépinière. Dans toutes mes divisions, un pied a éclos des fleurs simples. Je peux imaginer qu’elle a dans ses gènes le potentiel de produire des fleurs doubles. Je vais donc essayer de la croiser avec des fleurs simples de couleur différente (blanc, rose, etc), j’espère obtenir des graines, pouvoir les semer et observer ce qui va en résulter. J’aimerais que les résultats soient aussi infidèles que ceux obtenus par les hellébores hybrides. Sacré challenge !

On a l’impression que cette plante vivace t’épate vraiment ?

Oui, car elle offre une extraordinaire duplicature de fleurs. Quand la fleur naît, on ne se doute pas de ce qu’elle va donner. La corolle centrale grossit encore et encore. Cette corolle me fait penser à la houppe qui orne la tête de certaines poules ! La fleur tient exceptionnellement bien, les pétales ne tombent pas vite. 

Cette anémone est-elle difficile à cultiver ?

Pas du tout ! Elle résiste bien au froid. Chez nous, l’an dernier, on a eu -8°C / -9°C pendant quinze jours, le feuillage était déjà sorti et elle a très bien tenu ! Les gelées printanières n’abiment pas la fleur. Il faut l’installer à l’ombre ou à mi-ombre. Seule précaution à prendre : bien repérer son emplacement en été. À cette saison, elle est en dormance et il serait dommage de l’arracher en même temps qu’une mauvaise herbe !

Le catalogue des vivaces de Sandrine et Thierry Delabroye est consultable ICI !

 

Lien vers l'Hortus Shop

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