Redouté and Co : la fleur, la fleur et… la fleur!

 

Le peintre botaniste Pierre-Joseph Redouté, surnommé le « Raphaël des fleurs », témoigne de l’incroyable engouement du XVIIIe siècle pour la nature et la botanique. Démonstration en 250 œuvres au charmant musée de la vie romantique qui a aussi invité ses contemporains. En parallèle, 26 artistes des Ateliers d’Art de France exposent leurs créations. Ébouriffant !

 

Qui est-il, d’où vient-il ?

Pierre-Joseph Redouté est né à Saint-Hubert, dans les Ardennes belges. Très tôt, il apprend le dessin et la peinture dans les Flandres et en Hollande. À l’âge de 14 ans (en 1783), il s’installe à Paris où il s’initie à l’observation des plantes qu’il représente avec talent. Très vite, il se fait remarquer et se voit confier, à moins de 20 ans, l’exécution de planches botaniques sur vélin pour la Collection du Roi – un grand honneur! Par la suite, il sera dessinateur à l’Académie des sciences et illustrera les ouvrages des naturalistes les plus célèbres.

À cette époque, en effet, l’étude de la Botanique atteint son âge d’or. De nombreuses expéditions scientifiques s’embarquent pour l’Australie, l’Afrique du Sud ou l’Amérique. Tous ces savants rapportent des plantes qu’on a hâte d’acclimater dans les jardins, mais aussi d’identifier et de classer. Le centre mondial des sciences naturelles est, alors, le Jardin du roi qui, en 1793, accueillera le Museum d’Histoire naturelle. 

 

Du pinceau au burin

 

En un temps où la photographie n’en est encore qu’à ses débuts, les dessinateurs jouent un rôle essentiel pour la science botanique. C’est ainsi que, s’appuyant sur des herbiers ou des spécimens vivants, Redouté, avec beaucoup de précision et de finesse, réalise des planches au lavis d’encre noire, à la gravure au pointillé et surtout, à l’aquarelle sur vélin, une technique particulièrement difficile. Cette dernière exige un parchemin très fin et très blanc obtenu à partir d’une peau de veau mort-né ou d’un veau de lait; celui qui la pratique doit travailler vite, sans aucun repentir ! 

Redouté atteindra bientôt une telle virtuosité dans sa spécialité qu’il deviendra célèbre. Il sera nommé maître de dessin du Museum en 1822 et dirigera un important atelier. Même l’impératrice Joséphine, grande collectionneuse de bulbes et de plantes dans son parc de Malmaison, lui commande des recueils de dessins. L’artiste aura aussi à cœur de livrer des modèles à différentes manufactures.

 

La fleur encore et toujours…

En fait, c’est toute une époque qui s’entiche de fleurs. Les femmes, plus que jamais, les font broder sur leurs vêtements ou leurs souliers. Elles brandissent des éventails fleuris, la grande mode étant aussi de sortir dans la rue ou au théâtre des fleurs à la main, tenues dans un gracieux porte-bouquet… L’œillet et la rose courent aussi sur les vases en porcelaine, les tapisseries, les papiers peints ou encore les soieries lyonnaises pour lesquelles de nouveaux talents s’illustrent (Simon Saint-Jean et sa belle Jardinière, photo ci-contre)

La fleur aujourd’hui ? Elle est toujours bien présente chez les créateurs. Le musée de la vie romantique le prouve amplement ayant invité une belle guirlande d’entre eux à montrer leurs œuvres au sein de ses collections anciennes. Les voisinages ainsi créés sont étonnants. Ici, des marguerites en crochet rampent le long des fenêtres ; là, un pistolet crache des pétales de roses ; plus loin, de drôles de créatures végétales “titillent” de respectables gentlemen sous l’oeil effarouché des vieilles demoiselles de la maison… Une visite à ne pas manquer. On pourra la prolonger en s’attardant dans le petit jardin et son café, délicieusement  romantiques! 

 

 

 

“Le pouvoir des Fleurs, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840)”, jusqu’au 29 octobre. “A fleurs d’atelier, parcours métiers d’art”,  jusqu’au 12 novembre. Pour les renseignements pratiques, cliquez ICI

 

POUR LES FÉES ET LES LUTINS,
DES PLANTES QUI POUSSENT OU SE DÉPLOIENT COMME PAR MAGIE,
UN COFFRET POUR UN JARDIN MERVEILLEUX !

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