L’utilisation des plantes par les humains pour se nourrir, se soigner, se parfumer, accompagner des cérémonies religieuses ou funéraires est extrêmement ancienne. Celle des huiles essentielles, appelées aussi essences végétales, remonte fort loin également. Les Perses, les Égyptiens étaient des experts dans l’art de la distillation et extrayaient les huiles essentielles tant pour leurs vertus thérapeutiques que pour leur concentration en parfums. Les Grecs utilisaient les huiles et les eaux parfumées du temple à la maison. Et les Romains notent les propriétés antibactériennes et antiseptiques de nombre d’entre elles. En Inde, les textes âyurvédiques en font mention. Et les grands alchimistes d’Arabie les distillent avec art.

Olivier Bagarri est recteur de l’Université des Saveurs et des Senteurs à Forcalquier. Dans cette université au rayonnement international, on enseigne le métier de savonnier, de cosméticien et de formulateur tant pour les métiers de la cosmétique que de l’alimentaire. L’implantation à Forcalquier en Haute-Provence est due au fait que cette région concentre à elle seule à peu près de 50 % de la biodiversité française et est, de ce fait, classée au patrimoine de l’UNESCO. La rencontre du climat méditerranéen et du climat alpin sur cette zone est à l’origine de cette richesse de la flore. 

HF : Les huiles essentielles ont-elles une action importante ?

Huiles essentielles : lavandes

©isabelle Vauconsant

Olivier Bagarri : Les huiles essentielles sont des produits extrêmement actifs, parce que c’est déjà une concentration de plusieurs kilos de matière végétale. Un exemple ? Pour produire 1 kg d’huile essentielle de lavande, on va devoir distiller environ 150 kg de fleurs. Donc, dans une goutte d’huile il y a quelques kilos de fleurs qui sont concentrées. Ce sont des extraits extrêmement complexes, qui peuvent contenir jusqu’à 400 molécules différentes. Certaines d’entre elles vont avoir une activité prouvée antivirale, antibactérienne ou antifongique. Et donc, on comprend bien que si cet extrait est capable de tuer un champignon, de tuer un virus c’est qu’il est capable de tuer un être vivant, une espèce vivante, une cellule. Cela veut dire qu’il y a des précautions d’usage, notamment la contre-indication aux femmes enceintes, aux enfants de moins de 6 ans, ou aux personnes épileptiques. 

HF : Pourquoi ne donne-t-on pas d’indications de dosage sur les flacons ?

Olivier Bagarri : On ne donne pas de dosages précis pour plusieurs raisons. Les huiles essentielles se retrouvent sur différents marchés. Vous pouvez les utiliser dans votre lessive, dans un parfum comme dans un produit biocide. En cosmétique, c’est une législation ; comme arôme alimentaire, c’en est une autre. Chaque activité, chaque utilisation est soumise une législation et des dosages propres. Donc, selon l’usage, les dosages sont différents et comme on ne sait pas pour quel emploi vous achetez votre huile essentielle, il est impossible de donner de recommandations. Les producteurs indiquent quels sont les risques d’utilisation en fonction des résultats des études scientifiques. 

HF : Faut-il prendre des précautions ?

Eucalyptus huile essentielle

©serezniy

Olivier Bagarri : Oui, ce sont des molécules à manier avec précautions, mais que le corps semble bien synthétiser parce qu’elles sont naturelles. Donc, il peut exister des risques d’intoxication ou de surdosage, mais globalement le corps parvient très vite à se rétablir en 24 ou 48 heures parce que la naturalité des matières premières fait qu’elles s’assimilent très bien.

Et ça, c’est un peu le paradoxe : c’est un danger et en même temps on constate que les agriculteurs ne sont pas malades. Si c’était si dangereux, ils seraient déjà tous morts. Et ce n’est pas le cas ! On a des familles de producteurs de 20 à 90 ans qui distillent génération après génération. Tout le monde baigne dans cet environnement, est exposé en permanence à ces huiles essentielles sans qu’aucun réseau sentinelle des médecins n’ait la moindre alerte. Sur Grasse, qui concentre beaucoup de parfumeurs, il y a un réseau de médecins référents qui font remonter les cas d’intoxication : en 50 ans, il y a eu 1 cas.

En général, pour une personne de 60 kg, on ne dépassera 1 à 3 gouttes par jour, par cure de 1 à 3 semaines avec 3 semaines entre deux cures. Mais il faut contrôler auprès du pharmacien pour chaque huile essentielle. Pour le médecin aromathérapeute Jean-Pierre Willem, « ce n’est pas une médecine douce. Il n’est pas possible de faire de l’automédication ».

Auprès de qui se renseigner ?

Laurent Prax dirige Maison Laget qui fabrique des huiles essentielles et de produits cosmétiques bio depuis 1946, il confirme qu’il ne faut ” jamais utiliser une huile essentielle sans avoir pris un conseil préalable par une personne compétente. Il y a aujourd’hui une sorte de mode dans l’utilisation des huiles essentielles, et il est important de rappeler à tout le monde que c’est un produit très fort.” Si en France, les seules compétences reconnues sont celles des pharmaciens, phytothérapeutes, aromathérapeutes, et naturopathes, ce n’est pas le cas dans tous les pays européens où des herboristes officient : en Belgique, en Espagne ou en Italie, par exemple.

La distillation est un art qui se pratique depuis des générations

Éric Garcin travaille avec Maison Laget. Il distille chez lui des plantes aromatiques comme la lavande et le thym issus de la production agricole ou le romarin cueilli sauvage.

 

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