Tout savoir sur… les phlomis

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©Didier Hirsch (Jardin de Basroger)

Quand on aime les phlomis, on a tendance à leur faire une bonne place au jardin. Ces plantes méditerranéennes, il faut le dire, ne manquent pas d’atouts. Herbacés ou arbustifs, certains sont de grands adorateurs du soleil tandis que d’autres, moins connus, préfèrent les zones plus ombragées. Bref, y’en a pour tout le monde confirme Frédéric Prévost qui en cultivent de nombreuses espèces et variétés dans sa pépinière du Lot, Les Senteurs du Quercy.

Un peu de botanique…

Le groupe des Phlomis fruticosa (appelés sauges de Jérusalem), ce sont eux que l’on voit le plus dans nos jardins. Ce sont des petits buissons arbustifs à feuillage gris, persistant, avec une floraison souvent jaune, printanière en verticilles. Tous sont originaires du bassin méditerranéen jusqu’au Moyen-Orient (Iran, Irak). On y trouve quelques herbacés, mais tous ont un feuillage persistant. 

Une autre section regroupe les phlomoides. Cette section regroupe des phlomis herbacés, caducs. Ces espèces vivent quasiment exclusivement en Asie centrale, Japon, jusqu’au sud de la Russie, fleurissent en grand épis généralement roses. Il n’y a guère que P. tuberosa que l’on trouve aussi dans les Balkans. C’est l’exception de ce groupe asiatique aux feuilles lisses, vertes qui disparaissent en hiver. Ils produisent des racines avec des nodosités que l’on consomme dans certains pays. P. tuberosa, par exemple, peut être utilisé comme les crosnes, les topinambours, les rutabagas pour fabriquer des farines. Mais on peut aussi les consommer cuits.

Des différences de culture

Ils poussent bien dans nos jardins, mais ne se cultivent pas dans les mêmes conditions

P. tuberosa : c’est une plante de plus en plus employée dans les jardins, mais aussi pour le fleurissement des villes. Il est extrêmement résistant à la sécheresse. Il aime le soleil. 

P. russeliana : le phlomis de Russel est originaire de Turquie. Ses hampes florales atteignent 1,20 à 1,50 m. « On pourrait croire que c’est un adorateur du soleil, mais je l’ai vu dans son milieu naturel et je peux vous dire qu’il pousse souvent à l’orée des sous-bois, au nord de la Turquie, vers la mer de Crimée. Dans nos jardins, il peut donc très bien s’adapter à l’ombre ou à la mi-ombre. »

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P. russeliana ©beekeepx

Phlomis arbustifs : eux ont un besoin impératif de soleil pour former des ports arbustifs réguliers et avoir une belle structure. Autre atout : chez ces phlomis, on trouve une grande diversité de formes de feuillage : sagitté, en forme de cœur, fines, très allongées…

Des floraisons en verticilles

Ces plantes appartiennent à la famille des labiées (la famille des sauges). Elles développent de grandes hampes et des floraisons en verticilles : les fleurs forment comme un « parapluie » tout autour de la tige florale. En général, les hampes font facilement 40 cm de hauteur et comprennent chacune entre 5 et 10 verticilles mellifères (très attractives notamment pour les bourdons et les abeilles charpentières). « Je ne vous conseille pas de couper les hampes avant l’hiver. Elles sont sèches évidemment, mais conservent une structure bien droite, ce qui est intéressant à la mauvaise saison. » Donc, gardez votre sécateur loin des phlomis et attendez le printemps pour les couper.

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P. tuberosa ©nickkurzenko

Graines baladeuses et multiplication des phlomis

Vous pouvez prélever quelques graines dans les verticilles pour les multiplier. En cas de flemme, faites confiance à la nature. Les graines vont vivre leur vie se ressemer et vous aurez peut-être de jolis hybrides ! Pas sûre que vous conserviez l’espèce originelle. À vous de voir…

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Graines de P. fruticosa ©Jannick Tessier

Les boutures sont assez faciles à réussir. « Si vous voulez conserver la même variété, prélevez fin septembre – octobre des boutures aériennes et mettez à raciner sur couche chaude (traditionnelle avec du fumier ou tapis de germination). C’est ce que nous faisons à la pépinière, car s’il fait très chaud en été, les plantules peuvent se déshydrater. Le conseil est valable pour les cistes, les santolines, les armoises, les sauges officinales, toutes les plantes originaires du bassin méditerranéen et qui ont un repos estival bien marqué… ». Toutes ces plantes n’ont pas assez d’énergie en été pour refaire des racines. Mieux vaut attendre les premières pluies d’automne et des températures plus clémentes pour prélever des boutures aoûtées, bien lignifiées.

Espèces et variétés de phlomis

Phlomis fruticosa : sauge de Jérusalem. Le feuillage est duveteux, vert olive à gris-vert. Floraison jaune vif, légèrement parfumée en avril-mai. À planter en sol drainé, pauvre, même calcaire. À noter que ce phlomis supporte bien les embruns donc à utiliser sans hésiter en bord de mer. H. 1 m à 1,3 m. 

P. russeliana : le phlomis de Russell. Il forme des tiges d’environ 1 m de haut, velues. Verticilles jaune pâle de mai à juillet. Aime les sols frais et riches, contrairement aux autres phlomis. 

P. purpurea : tiges rouge sombre / pourpre. Feuilles étroites, laineuses, grises. Belle fleur rose-violet en été, de juin à août. H. : 0,7 à 1 m. 

P. lanata : arbrisseau qui forme naturellement un coussin compact (50 cm x 50 cm). Fleurs jaunes portées par des tiges courtes en mai.

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P. fruticosa ©Nahhan
Tout sur les phlomis
©Rukimedia

P. chrysophylla : espèce originaire du Liban et de Syrie, feuillage duveteux, doré quand il est jeune puis gris-jaune. Floraison printanière, jaune vif. H. 0,7 m à 1 m.

P. lycia : en Lycie, au sud de la Turquie, il pousse jusque’à 900 m d’altitude. Le feuillage est jaune-vert acide au printemps avant de passer au jaune doré en été. De 1 m à 1,3 m. Floraison jaune en avril-mai.

P. italica : feuilles laineuses en forme de flèche (sagittées). Espèce endémique des îles Baléares contrairement à ce que son nom indique. Fleurs rose pâle en juin-juillet. H. de 30 à 50 cm.

P. bourgaei : feuilles persistantes vertes, pointues et un peu chantournées. Les feuilles prennent une teinte chamoisée en été. En Turquie, il pousse dans les garrigues de chênes et les forêts de pins. Floraison jaune en mai-juin-juillet. Dim : 80 cm en tout sens. 

P. herba-venti : espèce qu’on peut trouver dans la nature en France et en pépinière. Floraison bien rose de mai à juillet. Feuilles caduques, lancéolées, à bords dentelés. H. de 30 à 50 cm.

P. lychnitis : espèce herbacée présente naturellement dans le sud de la France. Végétation plus étalée que dressée. On trouve ce phlomis jusqu’à 2300 m d’altitude chez nous, mais aussi dans la péninsule ibérique. H. 30 à 50 cm

P. tuberosa ‘Amazone’ : verticilles rose-mauve d’avril à juin. Tiges jusqu’à 1,2 m. Comme le P. tuberosa type, s’adapte bien au soleil comme à la mi-ombre. L’espèce type est présente en Asie centrale jusqu’à 2300 m d’altitude. H. 0,7 à 1 m. 

P. samia : soleil ou mi-ombre, fleurs roses un peu pâlottes en juin-juillet, feuillage semi-persistant, duveteux (mais ces poils disparaissent curieusement au fur et à mesure), rhizomes qui colonisent très lentement. Dans les Balkans, en Turquie, c’est une plante de sous-bois. H. de 1 m à 1,3 m.

Tout savoir sur le phlomis
©DESIGNOSAURUS

P. cashmeriana : il vient du Cachemire comme son nom l’indique et de l’Himalaya occidental. Les fleurs, en juillet-août,  sont rose lilas. Les verticilles sont denses. Capable de fleurir au soleil comme à l’ombre. H. 50 à 70 cm. 

P. anisodonta : espèce herbacée, drageonnante, feuilles caduques. À utiliser en couvre-sol. H. 10 à 30 cm. Floraison blanche de mai à juillet. 

Le saviez-vous ?

Le feuillage était dans le passé utilisé pour confectionner des mèches pour les lampes. C’est dire ses capacités inflammables.

C’est une plante allélopathique… À ses pieds, pas grand-chose ne pousse. Et ses feuilles coupées étalées dans les massifs conservent une partie de leurs propriétés et empêchent la aussi les adventices de gagner. 

Tout savoir sur le phlomis
P. herba-venti ©emilio100

P. herba-venti mérite bien son nom latin ! Explications de Frédéric Prévost : « Par jour de grand froid, la végétation peut se couper à la base d’un seul coup. Elle est ensuite ballottée le long des talus au gré des vents, ce qui assure la dissémination des graines. Cette espèce, commune sur les talus au bord des routes dans le sud de la France, peut remonter jusque dans les Alpes Provençales, où ses boules de fleurs rose violacé émergent des magnifiques champs de Stipa. »

Des hybrides intéressants chez Senteurs du Quercy 

P. ‘Marina’ : hybride de P. italica et P. purpurea. Croissance rapide. Fleurs d’un fort joli rose layette en mai-juin. Attire les hyménoptères. De purpurea, il a pris le port de P. italica, il a la faciliter à rejeter de la base. Feuillage persistant. H. 0,7 à 1 m. 

P. ‘Le Chat’ : feuilles grises persistantes. Fleurs jaunes avec des reflets roses en mai – juin. H. 0,7 m à 1 m. 

P. ‘Le Sud’ : feuilles grises, fleurs jaunes. Si vous le taillez après la floraison, il peut refleurir correctement à l’automne. De 1 m à 1,3 m. Hybride de P. fruticosa et P. longifolia. 

P. ‘Escamps’ : hybride de P. cytherea et P. lanata apparu spontanément dans la pépinière. Les feuilles sont gris-vert, persistantes, épaisses. Floraison jaune en mai-juin. H. 50 à 70 cm.

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