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Prêts à semer vos rosiers ?

Cynorhodons de rosier et chardonneret
Cynorhodons de rosier et chardonneret ©sindlera

C’est le début de l’hiver. Vous aviez pris l’habitude de bouturer vos rosiers, pour vous ou pour offrir. C’est tellement simple et efficace. Savez-vous que vous pouvez aussi semer ?

Cette méthode est généralement réservée aux professionnels, car semer est la seule qui permette d’obtenir de nouvelles variétés hybrides, soit par technique, soit par hasard !

Cependant, semer n’est vraiment pas la méthode la plus rapide.

Il existe plusieurs méthodes pour reproduire des rosiers : la bouture à bois sec en automne, la culture in vitro (à partir d’un fragment de la plante, on régénère des plantes entières identiques à la plante de départ. Très utile lorsque l’on souhaite obtenir de grandes quantités. Avec cette technique, on produit 400 000 plants de rosiers par an à partir d’un seul bourgeon.), la greffe en été et le semis au printemps.

Rosier à Giverny
©dvoevnore
Cynorhodons en hiver
©emilio100

Les faux fruits du rosier

Dès l’automne, les rosiers comme les églantiers sont couverts de capsules plus ou moins orange, mais aussi jaunes ou noires, qu’on appelle des cynorhodons. De faux fruits, plus précisément, des akènes, tout velus et irritants au contact de la peau d’où leur nom de “poil à gratter”.

En revanche, ils sont non irritants sur les muqueuses intestinales et ont un effet vermifuge, ce qui explique leur autre nom plus familier de “gratte-cul”.

Récupérer les graines à semer

À l’intérieur de ces faux-fruits charnus, plus ou moins allongés selon la variété, on trouve des graines à semer. Les cynorhodons mûrissent entre octobre et décembre, selon la durée et l’époque de floraison des roses.

Lorsque les fleurs fanées ne sont pas coupées au cours de l’été, les cynorhodons ont une maturité plus précoce. Les dernières fleurs donnent rarement des cynorhodons porteurs de graines.

Les cynorhodons sont enfin mûrs

Commencez la récolte, à l’aide d’un sécateur, lorsque ces derniers se fripent et foncent très nettement. Laissez-les sécher à l’air libre ou sur le rebord d’une fenêtre abritée.

Coupez-les en deux pour enlever les graines. Faites-les tremper dans de l’eau tiède pendant 24 heures. N’hésitez pas à supprimer toutes les graines qui flottent et qui ne germeront pas.

Les graines à semer doivent ensuite passer par une période de stockage au froid avant de pouvoir germer. C’est la stratification à froid.

L’indispensable stratification avant de semer

L’idéal est d’utiliser un plateau à semis de 8 à 10 cm de profondeur. Le mélange de terreau et de sable doit être très humide, mais pas détrempé. Vous pouvez ajouter un peu de cendre de bois pour éviter le développement de champignons.

Plantez les graines à semer à environ 1 cm de profondeur. Fermez chaque plateau ou récipient avec son couvercle. Rangez-le dans un sac en plastique et placez-les au réfrigérateur pendant 10 à 12 semaines. N’oubliez pas de marquer la date et la variété sur chaque plateau avant de le placer dans le bac à légumes du réfrigérateur.

Vous pouvez aussi planter les graines dans un pot rempli d’un mélange (2/3 de terre 1/3 de sable). Placez-le, en extérieur, au pied d’un mur exposé au nord.

Cynorhodons de rosiers à différents stades de maturité

Cynorhodons de rose

Vernalisation et stratification sont deux notions différentes, bien que souvent confondues

La vernalisation est le phénomène biologique qui permet l’induction florale (la transformation des feuilles du bourgeon [le stade végétatif ] en bouton à fleur [le stade reproductif], après une période de froid), alors que la stratification est un procédé technique permettant de lever la dormance. Elle imite artificiellement les conditions hivernales pour démarrer la germination. En l’absence de vernalisation, les gènes de la floraison sont généralement bloqués par une protéine de la plante.

Dans la nature, les graines tombées au sol (lorsque les graines ne sont pas mangées par les oiseaux) attendent le printemps pour germer, parfois même une seconde année !

Le temps de la germination

Au début du printemps, il est temps de faire germer les graines de roses, lorsqu’elles terminent normalement leur cycle de froid (stratification). Sortez les récipients du réfrigérateur et placez-les, à environ 20 °C, en intérieur ou sous serre. Appliquez la méthode décrite plus haut.

20 à 30 % des graines de rosier devraient commencer à germer au bout de deux à trois semaines.

Lorsque les graines sont conservées telles quelles

Vous n’aviez pas la place de stocker des bacs de semis dans votre frigo ? Pas de problème ! Sortez vos graines à semer de l’enveloppe (que vous aviez caché dans le bac à légumes…) et recommencez l’étape de la stratification.

semis de rose
©bdspn
semis de rose
©spb2015

Prélevez et repiquez les plantules

Attendez la levée puis repiquez les petites plantules individuellement dans des godets plus profonds que larges qui seront placés à l’extérieur, sous abri ; évitez le plein soleil. Faites très attention, car elles sont très fragiles, surtout les racines ! Pensez à bien humidifier le terreau avant. Utilisez une cuillère, une fourchette ou un petit morceau de bois afin d’éviter de les abîmer.

Soulevez toute la motte sans blesser les racines. Il devrait rester du sable accroché aux radicelles. Un terreau « Spécial géranium » fera l’affaire à condition qu’il ne soit pas trop riche. À défaut, utilisez un terreau universel mélangé avec un peu de terre de jardin tamisé.

Remplissez le godet de moitié. Maintenez le rosier par les feuilles et non par la tige, plus fragile. Placez le rosier à la même hauteur que lorsqu’il était dans le godet. La couleur de la tige indique à quel niveau se situe le collet ; enterrez la partie claire et laissez la plus colorée au-dessus du bord du godet.

Tassez légèrement autour du rosier. Trempez les nouveaux godets dans l’eau pendant 10 min pour humidifier, par capillarité. Maintenez humide, sans excès, avec de nombreuses pulvérisations d’eau notamment sur le feuillage pendant les périodes ensoleillées.

En juin, les jeunes rosiers portent 4 à 6 feuilles et doivent, à nouveau, être repiqués individuellement dans des godets de 7-9 cm de diamètre.

Et voilà le travail !

La première rose devrait s’épanouir dès l’année suivante après avoir été rempotée dans un pot plus grand.

 

La rose est une plante autogame (ou hermaphrodite). Elle porte le pistil, son organe femelle et les étamines, ses organes mâles, qui portent le pollen. Elle peut donc s’autoféconder.

La rose est également allogame. Toutes les roses ont un patrimoine génétique commun qui les rend compatibles entre elles ! Tous les croisements sont possibles, au gré des vents, et offrent un nombre quasi illimité de nouvelles roses. C’est l’hybridation naturelle. Les insectes (volants ou non) y contribuent aussi. Les couleurs et les parfums des fleurs les attirent et leur permettraient de reconnaître les fleurs d’une même espèce.

Cependant, les étamines et le pistil ne mûrissent pas tout à fait en même temps, freinant ainsi l’autofécondation et les risques liés à la consanguinité qui fragilisent les futures plantes.

abeilles sauvages
©paulafrench

Les dangers de la consanguinité chez les plantes,

par Jean Marie PELT, professeur de biologie végétale et de pharmacologie à l’Université de Metz (1885).

Parlons hybridation artificielle

Pour les professionnels, le semis est le seul moyen d’obtenir une nouvelle variété hybridée. Chez les créateurs/trices de roses [appelé(e)s “obtenteurs/trices », ou encore “hybrideurs/euses »], la création de nouvelles roses est le fruit d’un très long travail et requiert d’excellentes connaissances botaniques.

Dans les grandes maisons, des milliers de roses sont créées, mais seulement quelques-unes seront commercialisées. De plus, il faut entre 6 à 10 ans de sélections successives avant de créer une rose. Elle est ensuite testée et « stabilisée » avant d’être proposée à la vente.

Certaines maisons d’obtenteurs autorisent l’achat d’une rose non commercialisée pour qu’elle soit personnalisée et baptisée d’un nom célèbre.

De nombreux amateurs (peut-être vous ?) s’essaient à l’ hybridation, et obtiennent de très belles créations, dont le succès est reconnu.

Un principe très simple

La rose “mère” est choisie, on enlève les sépales, les pétales, et les étamines, pour ne garder que les organes sexuels féminins. Sur la rose “père”, on utilise un pinceau pour récupérer le pollen des étamines, et on dépose ce pollen au cœur de la rose “mère”. On protège ensuite cette hybridation grâce à une sorte de capuchon.

On attend ensuite que le cynorhodon mûrisse, on récupère les graines à semer et on les fait tout simplement germer.

Facile, non ?

Un mot, « hétérosis » désigne cette vigueur améliorée chez les roses obtenues, par rapport aux qualités de leurs parents.

Les éditeurs, généralement des pépinières, qui n’ont donc pas créé la rose, sont ensuite autorisés par contrat à vendre les obtentions obtenues. Ils bouturent ou greffent les rosiers sur un porte-greffe pour les multiplier à l’identique.

Cette rose créée par Jean-Lin Lebrun, de la pépinière Mela Rosa se nomme “Louise Dupin” en hommage à Louise Marie Madeleine Guillaume de Fontaine, devenue par son mariage Madame Dupin, l’une des pionnières du féminisme.

rosier louise dupin
©Mela Rosa

La multiplication végétative in vitro

Cette technique sert à reproduire des rosiers à partir d’un fragment de la plante. On régénère ainsi des plantes entières identiques à la plante de départ. On diminue aussi la durée de création des variétés et surtout on obtient du matériel végétal sain.

Des bourgeons sont prélevés sur des pieds mères sains. Ces bourgeons sont déposés stérilement sur un milieu nutritif gélosé. Les fragments de plante sont cultivés en condition stérile dans des bocaux en verre sur les tablettes d’une chambre de culture.

Après plusieurs repiquages et sous l’action de différentes hormones, les bourgeons axillaires se développent et on obtient après 4 semaines une touffe de 5 à 10 jeunes pousses. Chacune de ces pousses est isolée et placée :

• Soit sur le milieu de multiplication et on a alors de nouvelles pousses.
• Soit sur un milieu riche en auxines sur lequel les jeunes pousses s’enracinent.

Cette méthode est peu employée dans la multiplication des rosiers, car elle est trop onéreuse. On lui préfère la simple bouture. Elle est plutôt réservée à la régénération des souches de rosiers.  Comme pour le bouturage, le cycle de culture est d’une année.

En savoir plus :

Les micro-plants de rosiers, issus de culture in vitro et acclimatés en serre.

L’ABC des techniques de culture in vitro

La multiplication et l’élevage des rosiers

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