Au Château du Rivau, de nouvelles œuvres

Château du Rivau • paon
©Château du Rivau

Pauline Lisowski nous emmène dans des jardins enchanteurs où collection botanique et art contemporain se rencontrent au Château du Rivau.

Redécouvrir un patrimoine végétal

À leur arrivée au Rivau, les Laigneau ont entamé une campagne de défrichage et ont cherché à conserver les plus beaux arbres. En 1994, ils ont fait venir la première archéologue de jardin, qui a découvert un ancien verger. Patricia Laigneau s’est alors inspirée de la théorie médiévale des 4 éléments pour le restaurer. Ce verger est composé d’une collection d’anciennes variétés de pommiers, de cerisiers, de pruniers, de néfliers et d’amandiers.

Des jardins colorés pour tous les sens

Patricia Laigneau a créé un jardin naturaliste avec une succession de floraisons : 15 jardins dans un terrain d’environ 6 hectares.

Au nord, le jardin jaune se découvre tel un tableau avec des jeux de transparence (notamment par la présence de graminées), de profondeurs et des contrastes colorés. Une diversité de textures de plantes attire l’œil et aiguise la curiosité des promeneurs. Le jardin rouge ou chemin des fées est conçu pour avoir un effet « montagne russe », un rythme de masses, dans une variation de hauteurs de plantes.

château du Rivau

Inspirations

Le long d’un mur reconstruit, la paysagiste s’est inspirée d’une iconographie médiévale sur laquelle des fleurs étaient présentes les unes à côté des autres.
Il y a trois ans, Patricia Laigneau a aménagé le jardin bio climatique, autrement dit « Jardin du papillon » tel un jardin sec, composé d’ardoises récupérées des anciennes toitures et de végétaux déjà présents dans les jardins. Elle y a planté une sélection d’arbustes dont le feuillage est persistant et intéressant pour l’hiver.

Jardin comestible

En 2020, un jardin comestible fut créé dans une démarche de sensibilisation des visiteurs aux vertus des plantes. On y trouve l’achillée, l’agastache, la bourrache, la consoude, les hémérocalles, le lierre terrestre, la marguerite, la mauve sylvestre, l’onagre, l’origan, le bleuet, la renouée bistorte, la sauge des prés, le tournesol.

Ce jardin autofertile fut conçu en suivant les valeurs du Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine (PNR). Pour cela plusieurs techniques de permaculture sont mélangées  : la technique de la culture en lasagne et celle de la butte. Les déchets de ce jardin de plantes comestibles seront ainsi transformés sur place, enrichissant le sol à la manière d’un composteur en favorisant les échanges entre déchets végétaux, terre et micro-organismes.

Halloween : Château du Rivau

Au pays des fées

Les contes de fées et les récits sont également source d’inspiration au Rivau. Dans le bois amoureux, les arbres sont greffés pour toujours. Plus loin, les plus aventureux pourront entrer dans le labyrinthe d’Alice, où les clématites grandissent en tissant des liens avec les silhouettes d’animaux en métal. Le massif du jardin de la princesse Raiponce, héroïne des frères Grimm, répond à l’architecture du château. Les Panicum Dallas Blue mêlées aux Veronicastrum Virginicum fascination ou Véronique de Virginie composent un massif en forme de tour. Au seuil de ce jardin aux teintes blanches et violettes, on peut découvrir la Campanule Raiponce. Et, dans le jardin du filtre d’amour, espace plus intime, les plantes sont choisies pour leur apparence exubérante.

Un verger riche en variétés et des collections botaniques

Dans la cour du château, le potager de Gargantua tient son nom en hommage à Rabelais, qui a cité le Rivau dans ses écrits. 43 variétés de cucurbitacées y sont cultivées, dont la Sucrine du Berry, la Galeuse d’Eysine, la Courge Muscade, le Potiron Bleu de Hongrie, la Courge Marina di Chiogga, la Melonette Jaspée, le Patisson, la Courge de Siam, la Courge Spaguetti ou encore le curieux Turban d’Aladin.

Patrimoine Légumier de la région

Depuis 2013, il est également le conservatoire du Patrimoine Légumier de la région Centre-Val de Loire. Patricia Laigneau a repris la technique du plessis qu’elle réalise en utilisant du métal. Au Rivau, on peut découvrir le conservatoire de la rose parfumée avec 500 variétés de roses. Dans les jardins, une collection botanique de 277 variétés d’iris est également présentée et soignée. Le château est ainsi inscrit dans la route des iris, circuit floral en Val de Loire regroupant sept parcs et jardins ainsi que deux créateurs et producteurs d’iris.

L’art contemporain, vers une expérience du merveilleux au jardin

En cheminant dans les jardins, la rencontre avec les œuvres d’art invite à s’arrêter, à se laisser surprendre et à s’interroger sur les récits qui émanent de celles-ci.

Taupologie du Rivau de l’artiste plasticien français Ghyslain Bertholon, accueille les visiteurs. Dans le verger, Invendus – de l’artiste Lilian Bourgeat, des bottes surdimensionnées invitent à s’interroger sur la société de consommation. Dans la forêt enchantée, Les gardiens de Lionel Mauny, réalisés à partir d’arbres abattus par la tempête de 1999, veillent.

Croiser les 7 nains

En avançant dans les jardins, les visiteurs découvrent une forêt enchantée. En levant les yeux, ils peuvent apercevoir le mobile Les sept nains de Paul Rouillac. En continuant leur chemin, ils croisent, parmi les grands tilleuls et charmes, La Forêt qui court de Jérôme Basserode. 5 grandes paires de jambes, insérées dans les arbres, suscitant un potentiel mouvement. L’installation inspire à s’interroger sur les relations ambigües entre l’homme et la forêt. Ces installations apparaissent comme d’étranges présences.

Au bout du Chemin des fées, La Tour Du Bois Dormant de Dominique Bailly, créée à partir de sarments de vigne provenant de la dernière taille des vignobles de Chinon, nous invite à rêver un moment et à laisser notre regard divaguer.

Château du Rivau • Le Kiss de Laurent Pernot
Le Kiss de Laurent Pernot • ©Château du Rivau
Château du Rivau • La tour de Garde de Dominique Bailly
La tour de Garde de Dominique Bailly • ©Pauline Lisowski

En 2023, deux nouvelles œuvres

La cabane, conçue par l’artiste Julien des Monstiers, où à travers des judas les promeneurs peuvent s’arrêter pour découvrir un paysage peint, celui d’une campagne aux teintes orange et bleue. Le Kiss créé par l’artiste Laurent Pernot, deux sculptures évoquant le baiser et l’amour ont pris place devant l’oculus végétal. Il offre un joli point de vue sur le château du Rivau.

Château du Rivau • Cabane de Julien des Monstiers
Château du Rivau • Cabane de Julien des Monstiers • ©Château du Rivau

La visite des jardins du château du Rivau enchantera toute personne passionnée de jardins et d’art contemporain. Elle sollicitera la curiosité de visiteurs de tout âge : des promenades au cœur d’un lieu soigné et dont les couleurs changent au fil des saisons.

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