Cette orchidée terrestre (Ophrys apifera), protégée en France-Comté, Limousin, Hauts de France et Meurthe-et-Moselle, pousse au soleil ou à mi-ombre. C’est une sauvageonne qui aime les broussailles, les rocailles, les sols calcaires mais aussi le bord des routes…

Où la trouve-t-on ?

Pas une seule année sans que je croise cette orchidée

©J.Robert

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sauvage qui pousse spontanément un peu partout en France et même en Europe ! Elle est protégée dans ma région (Hauts de France) ! Je la guette à partir du mois de mai, période à laquelle on peut commencer à l’observer ici, sur des prairies pauvres, calcaires, en bordure de chemins… 

A quoi ressemble-t-elle ? 

Discrète, elle dépasse rarement de la végétation prairiale qui l’accueille et peu de promeneurs la remarquent, hormis pendant sa période de floraison. On peut alors observer sa petite rosette de feuille basales, dont les nervures sont parallèles et sa hampe florale regroupant 4 à 8 fleurs, pour une hauteur maximale de 50 cm. Les fleurs du bas sont les premières à s’ouvrir !!

Pourquoi l’art du faux ?

©J.Robert

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– Sa fleur rose n’en est pas une car il s’agit des tépales

– Son labelle (ou pétale inférieur) a tout d’un insecte : ressemblance visuelle, odeur émise par la plante, sensations tactiles… Et pour cause ! Il s’agit de duper un bourdon mâle pour l’inciter à s’accoupler sur ces fleurs imitant le bourdon femelle et à transporter ainsi le pollen de fleur en fleur… C’est très fourbe tout ça ! C’est la forme du labelle qui a, bien sûr, donné son nom à cette espèce. Dans la même famille, ça se passe comme ça, on observe ainsi aussi des Orchis bourdon, Orchis singe, Orchis bouc… Toute une ménagerie !!

Cette espèce a donc développé une stratégie particulièrement évoluée pour se reproduire, et si ce stratagème ne fonctionne pas, elle est capable d’autofécondation !

Que faire pour l’observer plus souvent ?

Il s’agit d’une espèce menacée principalement par la gestion faite sur les milieux qui l’accueillent. Pour la favoriser et la croiser plus souvent, la fauche tardive à une dizaine de centimètres du sol est une bonne solution de gestion. Elle n’apprécie pas non plus la fermeture des milieux par embroussaillement. 

Comme toute espèce menacée il ne faut évidemment pas la cueillir mais elle est très photogénique ☺

Bonnes observations !!

Julie Robert est écologue. Et elle cultive son potager le dimanche…

Photo de Une : ©André Lantz/ beaumontsnatureenville.wordpress.com

 

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