Bon et beau à la fois… Pour Jean-Marie Florent, un potager doit remplir son objectif nourricier, mais pas seulement. Il faut donner aussi envie de s’y promener comme dans les autres parties du jardin. 

Hortus Focus. On te connait comme l’un des organisateurs de la Fête des plantes de Locon*, moins comme jardinier et encore moins comme accro au potager. Une passion tardive ?

Jean-Marie Florent. Non, j’ai démarré en 1985, poussé par mon épouse, Lou. À l’époque, je n’y tenais pas plus que cela. Depuis, j’y ai pris goût. 

Que cultives-tu dans ton verger-potager ?

De tout ou presque et seulement sur 70 m2 ! Le but, ce n’est pas de nourrir tout le quartier, mais de cultiver des légumes bio, avoir le plaisir de les cuisiner, se rendre compte tous les jours que des légumes produits chez soi n’ont vraiment pas le même goût…

©Isabelle Morand

Pourquoi avoir délimité des petits espaces de culture avec des briques ?

Pour ne pas abimer le sol. C’est quelque chose que j’ai appris de la princesse Sturdza, au Vasterival. Elle ne supportait pas qu’on mette un pied dans les massifs. Au début, ça me faisait bien rigoler, mais j’ai vite compris qu’elle avait raison. Il vaut mieux éviter de piétiner la terre. Un pied, ça tasse le sol qui devient plus difficile à travailler et moins attrayant pour les vers de terre qui n’arrivent pas à faire leur boulot.  En délimitant des carrés d’environ 1 m sur 1 m, on peut atteindre le milieu du carré sans avoir à y mettre un pied.

Mais pour toi, le potager ne se limite pas à planter des choux et des tomates ?

Non ! Il faut aussi lui donner une certaine esthétique. Pour moi, un potager ne doit pas être seulement un espace de cultures. J’ai envie, besoin qu’il soit agréable à l’œil, qu’on le trouve joli. Donc, on y trouve aussi des fleurs ou des plantes comme l’arroche qui apporte couleur éclatante et belle silhouette. 

Tu cultives plusieurs variétés de tomates comme au château de la Bourdaisière… Pourquoi ?

C’est vrai que j’ai emprunté cette idée au Conservatoire de la Tomate. La plantation en tipis permet de planter les tomates à la bonne distance. Auparavant, je les plantais plus serrées et elles étaient souvent malades. En les plantant de cette façon, elles sont beaucoup moins malades et je les préfère plantées ainsi plutôt que sur des tuteurs spiralés. Autre avantage, on peut planter l’espace laissé vide au milieu. J’y installe des salades, des radis qui bénéficient en plus d’un peu d’ombre. 

Tu as testé l’an dernier la tomate sans arrosage ou presque. Ça donne quoi ?

J’ai suivi les conseils d’un spécialiste qui disait n’arroser ses tomates qu’à la plantation. J’ai décidé de tenter la même expérience au résultat très surprenant malgré une période de canicule sur le Nord comme partout. Je les ai arrosées à la plantation puis plus rien au pied de tout l’été. Elles se sont contentées de l’eau donnée aux autres légumes plantés sous le tipi et ont dû se débrouiller pour enfoncer leurs racines profondément à la recherche de l’eau que je ne leur donnais pas. Leur production et la qualité des fruits ne se sont pas ressenties de ce test. Je vais donc recommencer cette année, mais en installant un paillage ce que je n’avais pas fait l’année dernière. Il conservera l’humidité. 

 

*La Fête des plantes de Locon aura lieu les 31 mars et 1er avril 2018.

 

 

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