À notre arrivée, nous avons découvert “avec émerveillement un parc de 4 hectares, ponctué d’étangs, fleuri toute l’année et planté d’arbres fruitiers variés, au milieu duquel était installé un poulailler à la population nombreuse. […] Les années de scoutisme de ma jeunesse et la chasse pratiquée avec mon père ont encore renforcé de ce rapport privilégié à la nature, sauvage ou cultivée. Vous comprendrez donc la chance et le bonheur que représente l’accès à ce magnifique parc.” Jacques Berger “Sur le chemin du paradis” (éd. Sillages).

L’EHPAD de la Fondation Cognacq-Jay, station de bus “Bretagne“, est situé à l’écart des bruits de la ville, à Rueil-Malmaison (92). Il accueille environ 120 résidents du grand âge donc plus des deux tiers sont atteints de maladies neurodégénératives. Comme le dit avec douceur Jean-Laurent Meurice, psychologue, “Nous ne pouvons oublier que c’est leur dernier lieu de vie, que souvent l’angoisse les étreint, la tristesse les assaille et qu’ils assistent impuissants à la perte de leurs capacités physiques et cognitives.”

Réenchanter le quotidien

Pourtant, certains éléments viennent distraire la monotonie et la tristesse : le jardin – ici on dit le parc, car il mesure plus de 4 ha -, ses multiples essences et variétés qui font remonter les souvenirs par le biais du sensoriel ou du verbe. Dans le jardin, on cueille, donc on goûte ! “Les cueilleurs sont nombreux” affirme le directeur Jacques Alonso. Et il a fallu se battre contre les règlements sanitaires pour obtenir l’autorisation de cuisiner les produits du jardin à la cuisine. Jacques Berger, résident en pleine forme, a mené le combat aux côtés de la Direction.

Sur le chemin du Paradis de Jacques Berger

© Jacques Berger

Jacques Berger est un inconditionnel de la balade nature. Il retrouve des noms de plantes oubliées et en apprend de nouveaux. Il partage avec les autres résidents un véritable plaisir à bénéficier de l’espace, de la lumière, des couleurs, des saisons et de la faune liée au jardin. Il a écrit un livre, paru au printemps 2018, pour raconter son dernier lieu de vie : le choix, le quotidien… et les émerveillements encore possibles. Son enthousiasme à décrire le parc se retrouve dans ces lignes :

On y trouve […] toutes sortes de fleurs : des roses partout, de véritables champs d’iris, d’asters, d’euphorbes, des sauges de Jérusalem, des anémones, des roses de Noël (hellébores), etc. C’est un véritable enchantement dont je ne me lasse pas.”

Encourager la mobilité physique

C’est la volonté de Jacques Alonso. Le grand âge et sa cohorte de douleurs, d’incapacités, de fatigue, de lassitude, fixe les corps dans l’immobilité. Le jardin les encourage à bouger pour le plaisir, seul ou à plusieurs. Voilà pourquoi il souhaite aussi faire appel à des bénévoles pour accompagner les résidents en difficulté motrice lors de ces promenades. Tout ceci concourt à un bien-être physique, mental et moral.

Enrichir le lien thérapeutique

Jean-Laurent Meurice insiste également sur, au-delà du bien-être, le lien thérapeutique que peut nouer le personnel avec les résidents – même dépourvus d’expression orale – grâce au jardin.

Car, si les soignants et les animateurs manquent souvent du temps qui serait utile à la relation, lorsqu’ils le peuvent, ils la développent… au jardin ! En une promenade, en un usage de l’espace, de l’air, des couleurs, du mouvement physique, ils créent ou renforcent le lien thérapeutique. Un lieu à part tout en étant un vrai lieu pour la vie.

Et Jean-Laurent Meurice lui-même, utilise l’espace pour des séances marchées, s’il en pressent l’efficacité.

 

épisode [2] : Jardin et santé : #support de soin

épisode [3] : Jardin et santé : #soigner la relation

 

 

 

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