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Tout sur… les bananiers

Tout sur les bananiers
Didier Hirsch (Jardins Acorus)

Les bananiers donnent vraiment un look exotique au jardin, nous emmènent ailleurs. Certes, pour les fruits, c’est rapé… mais leur luxuriance, leur générosité font qu’on leur pardonne de ne pas nous nourrir. 

Des bananiers du sud au nord

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©Didier Hirsch (Bambouseraie en Cévennes)

Mais si, mais si, il est possible de planter des bananiers quasi partout. Dans le sud-ouest, on ne s’étonne pas d’en voir, les conditions climatiques, chaleur et humidité se combinant pour leur donner… une belle pêche. Ailleurs, au nord de la Loire, et jusque dans des cours parisiennes, les bananiers peuvent trouver leur place s’ils sont installés dans des lieux protégés des vents froids et qu’ils profitent d’un micro-climat.

Patrick Chassagne, des pépinières Desmartis en Dordogne, rapporte que ces grandes herbacées peuvent même pousser dans des conditions très continentales : « J’en ai même vu dans l’Allier, en pleine forme, plantés le long d’un mur bien exposé. » Et comme vous pouvez le constatez sur la photo de Une de cet article, le bananier se plaît en Haute-Saône, planté au bord de la piscine naturelle des jardins Acorus

Quand et comment planter les bananiers ?

Évitez les endroits très ventés. Le vent hache les feuilles. Un, c’est moche. Deux, la photosynthèse se fait forcément moins bien.

Côté terre, le sol doit être frais, bien drainé et riche en humus. Un apport de compost au printemps est toujours le bienvenu.

Des soiffards ou des chameaux ?

À la plantation, apportez un arrosage très copieux. Suivez l’arrosage régulièrement la première année. Et par la suite, ne le laissez jamais sans eau trop longtemps.

Les bananiers ont besoin d’humidité pour bien pousser, mais ce n’est pas la peine de les placer sous perfusion permanente non plus. Donc un bon arrosage de temps en temps, c’est parfait. Soyez en revanche plus vigilant si vous le cultivez en pot. Il en aura besoin plus souvent.

Comment les protéger en hiver

En pot ou en pleine terre, dès les premiers froids de l’automne, coupez le feuillage à ras. Pot : rentrez-le et arrêtez d’arroser. Pleine terre : mettez de la paille, couvrez d’un voile d’hivernage épais ou d’une bâche à laisser en place tout l’hiver.

On peut aussi protéger le fût en l’entourant d’un grillage rempli de feuilles mortes, mais de toute façon, les feuilles du Musa seront abimées par le froid et il en fera de nouvelles l’année suivante. Pour Patrick Demartis, « mieux vaut le couper assez tôt en saison, car comme il redémarre par le cœur, on risque de sectionner la repousse du printemps. »

Laissez-les faire des bébés tout seuls !

Le bananier se reproduit par drageon. Et s’il se plaît chez vous, il sera beaucoup, beaucoup d’enfants et très vite. Donc, à vous de gérer en coupant chaque année les drageons qui viennent entourer le fût. Ou alors, prélevez les rejets au mois de juin et replantez-les de suite.

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©Lex20

Musa basjoo

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©Isabelle Morand

Musa basjoo, le plus rustique

C’est le plus costaud, le plus rustique de tous les bananiers. Il résiste à nos hivers froids et humides. On le surnomme bananier japonais, mais, en fait, il est originaire des régions montagneuses de Chine.

Le bananier des neiges, le plus original

Ce cousin du bananier (Musella lasiocarpa), originaire de la province chinoise du Yunnan, est différent à plus d’un titre. Il ne devient pas grand (1,5 m), ses feuilles ressemblent à celles des cannas ou des oiseaux du paradis. La fleur est très grosse, jaune, atypique, on dirait un artichaut. Il rejette beaucoup de la base.

On l’appelle aussi le lotus d’or, le bananier sacré de Bouddha et le bananier des neiges, car il peut être cultivé jusqu’à 2800 m d’altitude… Sa souche peut tenir jusqu’à – 10°C / – 15°C. N’hésitez pas à couper son feuillage l’automne venu, protégez la souche, il repartira de plus belle au printemps.

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Musa ensete 'Maurelii'

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©Isabelle Morand

Beau, mais frileux

Musa ensete ‘Maurelii’ est particulièrement élégant et remarquable avec son beau feuillage vert, tout pourpre au revers. Il est malheureusement beaucoup plus frileux. En dehors de quelques régions de bord de mer, il faut le cultiver en pot et l’hiverner. Ce bananier-là, sur une terrasse bien exposée, va tenir tenir jusqu’à – 1°C. Encore faut-il que l’épisode de gel soit très bref. À -2°C, en pleine terre, pendant plusieurs heures dans la nuit, il ne résistera pas, vous le perdrez.

Musella lasiocarpa

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©Didier Hirsch

Le bananier de l’Himalaya

Musa_sikkimensis : bananier
©Quarryhill_Botanical_Garden_

Musa sikkimensis a des feuilles plus épaisses que le basjoo, qui le rendent plus résistant au vent. Son aire naturelle, le nord-est de l’Inde, fait de lui un bananier bien rustique même s’il perd ses feuilles dès – 2°C.. Il peut grimper jusqu’à 5 m de haut, mais se limite plus souvent à 3 ou 4 m. La variété ‘Red Tiger’ montre des rayures rouges sur le dessus des feuilles. Les rayures sont plus marquées sur la variété ‘Bengal Tiger’.

Des bananiers pour l’intérieur

Bananier d’Abyssinie (Ensete ventricosum) : il gèle à – 1°C, à cultiver en pot,  l’extérieur comme en intérieur où il se plaît bien.

Musa acuminata ‘Dwarf’ : forme naine, facile à cultiver.

Musa velutina : originaire du Vietnam, c’est un super frileux. Il ne supporte pas des températures inférieures à 10°C. Les fleurs sont roses et les bananes aussi !

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©NancyAyumi

Des bananes oui, mais vertes !

Dans quelques régions, on peut voir naître en septembre – octobre des régimes de bananes, quand les insectes parviennent à polliniser quelques fleurs. Mais sous nos latitudes, les fruits n’ont pas le temps de mûrir avant l’arrivée du froid.

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©Isabelle Morand

D’où vient le mot banane ?

Pour certains, il vient de l’arabe, « banan » signifiant doigt. Pour d’autres, l’arabe n’a rien à voir là-dedans ! En 1598, dans le « Premier livre de l’histoire de la navigation aux Indes orientales par les Hollandois », voici ce que l’on peut lire : « Nous avons trouvé dans l’île de Sainte-Marie, près de Madagascar, grand nombre d’habitans sur le rivage qui nous apportoient beaucoup de limons et palmitas (…) aussi des bannanas. » Rapportées au Portugal, ces bannanas deviennent Figuera banana (figuier donnant des bananes). Un terme qui aurait, en fait, été emprunté au bantou de Guinée.

Quelques chiffres autour de la banane

  • Chaque seconde, 3330 kg sont produits dans le monde.
  • L’Inde est le premier producteur devant la Chine et les Philippines.
  • 90% de la production est consommée par les populations locales.
  • 1 banane = 100 Kcal environ.
  • 36 000 : c’est le nombre de gènes codants de la banane (23 000 gènes chez les êtres humains).
banane
©harmpeti
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