VVépluche est une jeune société de l’économie circulaire. Sur une idée de Clara Duchalet, Vépluche a conçu Trésor’ganique, un terreau bio fabriqué à partir de compost. Et l’idée, c’est la valorisation de restes alimentaires et de déchets verts… destinés à l’incinération !

Clara s’associe à un serial entrepreneur, Manuel Zebeida qui l’accompagne et lui apprend plus que les rudiments de la gestion d’entreprise.
Définition
L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant au maximum la consommation et le gaspillage des ressources, et la production des déchets.
Chez Vépluche, elle s’associe au circuit court afin de réduire la pollution liée au transport. Par ailleurs, la collecte comme les livraisons sont réalisées en vélo cargo et camionnette électrique qui, s’ils ne sont pas idéaux, n’alourdissent pas la quantité de CO2 dans l’air.
En sortant de Sciences Po, j’étais déjà préoccupée par la planète et j’avais par une forte conscience écologique. J’avais envie de faire quelque chose d’utile en matière d’impact écologique. J’allais au restaurant et je voyais les poubelles qui débordaient de déchets organiques.
Je voulais sauver les biodéchets !
Manuel et moi avons monté la société ensemble. À Sciences Po, on n’apprend pas le métier de chef d’entreprise. Je ne sais d’ailleurs pas si ça s’apprend vraiment ailleurs que dans la vie. Rapidement, Quentin Bédrune, notre ingénieur agronome, nous a rejoints pour déterminer les conditions techniques de fabrication du compost et la recette du terreau bio Trésor’ganique. Parce que ça a l’air simple un terreau bio, mais c’est un mélange complexe et de son équilibre dépend la croissance des plantes.

Paris, Lyon Bordeaux, Toulouse…

Pour le moment, avec les restaurateurs, nous ne travaillons que sur Paris et la petite couronne.

Le circuit court et circulaire
Les professionnels achètent la prestation de service : collecte et compostage.
Pour les 250 fleuristes actuellement partenaires, “nous avons mis en place un abonnement qui évolue en fonction de la fréquence et du volume. Nous collectons dans la boutique et en échange, les fleuristes reçoivent des sacs de Trésor’ganique qu’ils commercialisent auprès de leurs clients. Ce fonctionnement leur permet de réduire mathématiquement le coût de leur abonnement.
Dans cet esprit, le terreau bio Trésor’ganique se présente en sacs de 5, 10, 20, 50 kg de terreau bio, capables de répondre à une demande très urbaine comme à celle des jardiniers ayant de plus grandes surfaces.
Pour la centaine de restaurateurs, la collecte fait l’objet d’un échange différent. Clara travaille avec des maraîchers qui lui fournissent des fruits et légumes. Les restaurateurs s’engagent à acheter ces produits qui rémunèrent la collecte. Et les pelures finiront dans le composteur !
La tourbe n’est pas un produit renouvelable !
Cette matière résultant de la décomposition de sphaigne a besoin de plusieurs milliers d’années. On compte environ 3 000 ans pour la tourbe blonde et 8 000 ans pour la tourbe noire. Par ailleurs, les tourbières sont des écosystèmes uniques. Elles jouent un rôle important dans la purification de l’air et de l’eau et dans le stockage du CO². Près de la moitié de la biodiversité mondiale se trouve dans ces zones humides alors qu’elles ne représentent hélas que 12,1 millions de km² sur la surface du globe. Une faune et flore spécifique s’y développent, un réservoir de biodiversité qui abrite 12 % des espèces animales de la planète. Les détruire est donc très dangereux pour la planète.
Un terreau très bio et bon
Les déchets arrivent tous les jours. C’est de la matière organique. Or, Trésor’ganique ne se vend pas sous forme de compost, dans la catégorie amendement, mais comme support de culture. Cela signifie qu’il doit avoir un taux de matières organiques supérieur à 50 % et une dose de nutriments essentiels comme l’azote, le phosphore et le potassium. Dans ce terreau entre le compost des biodéchets et de la terre de bruyère pour compenser le pH.
La volonté de Quentin est d’éviter la tourbe, même si ça fait perdre un petit peu en potentiel de rétention d’eau.
“On a un produit sans tourbe, avec un pH stabilisé à 6,9 afin que tous les nutriments soient disponibles pour la plante dans notre terreau bio.”
Des qualités reconnues
C’est un terreau drainant, en particulier grâce au sable présent dans la terre de bruyère. L’absence de tourbe, pour la rétention d’eau, est compensée par le compost, une matière organique active qui se dégrade dans le temps.
Du compost au terreau de plantation
Ensuite, le compost sort du composteur. Il correspond à la norme Afnor 44-051 sur les amendements organiques. Il est encore sujet à une forte activité bactériologique. Le compost va devoir maturer encore 6 semaines pour vraiment perdre toutes ses caractéristiques fermentescibles. Il a donc encore des montées de température qui s’éteignent au fil des semaines. Il est alors conservé dans des bacs.
Ce qui est important à bien comprendre, c’est que notre compostage est un processus accéléré et maîtrisé. Le produit que nous mélangeons n’a plus rien d’un déchet, contrairement au compost maison qui contient toujours des bactéries. Bien entendu, on peut utiliser le compost du jardin, mais on ne peut ni l’emballer, ni le vendre.

Dans la Sarthe
Alors, il est prêt à être mélangé au compost de feuilles et à la terre de bruyère pour former notre terreau bio. À ce moment-là, il part dans la Sarthe, à côté du Mans dans une usine d’ensachage qui a la faculté de proposer des quantités de 5 à 50 kg qui nous conviennent bien. Ce partenaire nous fournit nos ingrédients de mélange et nous a bien accompagnés, y compris dans la formulation de notre terreau bio.

Compostage express
Quotidiennement, les déchets arrivent à Châtillon. Ils sont donc composés de pelures de fruits et de légumes, de produits carnés et laitiers issus des restaurants, et de tiges, fleurs et feuilles, venues des fleuristes.
Première étape :
la broyeuse. L’eau est évacuée et une pulpe riche en azote est extraite.
Deuxième étape :
le mélange. Du carbone sous forme de mulch ou de granulés de bois est ajouté.
Troisième étape :
14 jours de composteur
Il va digérer cela “comme un énorme estomac” dit Quentin. Il reproduit un phénomène naturel.
Dedans, travaillent des bactéries qui ont besoin d’eau, d’oxygène et de matières organiques à dégrader.
Une visse sans fin remue la matière qui monte en température grâce aux bactéries.
C’est dans la gestion des montées en température, de l’apport d’eau et d’oxygène, dans ce système aérobie, qu’intervient le professionnalisme de l’agronome. En 14 jours, le composteur fait le travail que le particulier obtient en plusieurs mois. Ceci parce que le thermomètre monte à 75 °C et que le compost est remué presque en continu. Ainsi, il dégrade des matières qu’il est recommandé d’éviter de mettre dans nos composteurs de jardin comme la viande, les fromages ou les agrumes.
La raison en est qu’il est capable de détruire les agents pathogènes que génèrent les produits laitiers ou carnés, grâce aux très fortes températures sur une très courte période.


Des projets multiples


Et puis bien sûr, nous voulons étendre le principe dans toutes les grandes villes de France… dans un premier temps !
Vépluche… Trésor’ganique…

L’agronomie, un métier d’avenir



