Un terreau bio à base de déchets

Terreau bio

VVépluche est une jeune société de l’économie circulaire. Sur une idée de Clara Duchalet, Vépluche a conçu Trésor’ganique, un terreau bio fabriqué à partir de compost. Et l’idée, c’est la valorisation de restes alimentaires et de déchets verts… destinés à  l’incinération ! 

Clara Duchalet - Vépluche
Clara Duchalet ©Dimitri Kalioris

Clara s’associe à un serial entrepreneur, Manuel Zebeida qui l’accompagne et lui apprend plus que les rudiments de la gestion d’entreprise.

Définition

L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant au maximum la consommation et le gaspillage des ressources, et la production des déchets.

Chez Vépluche, elle s’associe au circuit court afin de réduire la pollution liée au transport. Par ailleurs, la collecte comme les livraisons sont réalisées en vélo cargo et camionnette électrique qui, s’ils ne sont pas idéaux, n’alourdissent pas la quantité de CO2 dans l’air.

En sortant de Sciences Po, j’étais déjà préoccupée par la planète et j’avais par une forte conscience écologique. J’avais envie de faire quelque chose d’utile en matière d’impact écologique. J’allais au restaurant et je voyais les poubelles qui débordaient de déchets organiques.

Je voulais sauver les biodéchets !

Manuel et moi avons monté la société ensemble. À Sciences Po, on n’apprend pas le métier de chef d’entreprise. Je ne sais d’ailleurs pas si ça s’apprend vraiment ailleurs que dans la vie. Rapidement, Quentin Bédrune, notre ingénieur agronome, nous a rejoints pour déterminer les conditions techniques de fabrication du compost et la recette du terreau bio Trésor’ganique. Parce que ça a l’air simple un terreau bio, mais c’est un mélange complexe et de son équilibre dépend la croissance des plantes.

terreau bio trésor'ganique

Paris, Lyon Bordeaux, Toulouse…

Clara Duchalet - VéplucheAujourd’hui, nous sommes principalement actifs en Île-de-France, mais nous développons le pôle végétal à Lyon et nous avons démarré la distribution de notre terreau bio à Bordeaux et Toulouse également. À Lyon, la collecte ne se fait pour le moment qu’auprès des fleuristes. Et dans le Sud-ouest, nous étudions la mise en place de la collecte et de la transformation. À Lyon, nous avons trouvé des partenaires qui travaillent avec les mêmes machines que nous, je ne doute pas que nous en rencontrions bientôt en Occitanie.

Pour le moment, avec les restaurateurs, nous ne travaillons que sur Paris et la petite couronne.

Broyeuse avant compost
Broyeuse ©Dimitri Kalioris

Le circuit court et circulaire

Les professionnels achètent la prestation de service : collecte et compostage.

Pour les 250 fleuristes actuellement partenaires, “nous avons mis en place un abonnement qui évolue en fonction de la fréquence et du volume. Nous collectons dans la boutique et en échange, les fleuristes reçoivent des sacs de Trésor’ganique qu’ils commercialisent auprès de leurs clients. Ce fonctionnement leur permet de réduire mathématiquement le coût de leur abonnement.

Dans cet esprit, le terreau bio Trésor’ganique se présente en sacs de 5, 10, 20, 50 kg de terreau bio, capables de répondre à une demande très urbaine comme à celle des jardiniers ayant de plus grandes surfaces.

Pour la centaine de restaurateurs, la collecte fait l’objet d’un échange différent. Clara travaille avec des maraîchers qui lui fournissent des fruits et légumes. Les restaurateurs s’engagent à acheter ces produits qui rémunèrent la collecte. Et les pelures finiront dans le composteur !

La tourbe n’est pas un produit renouvelable !

Cette matière résultant de la décomposition de sphaigne a besoin de plusieurs milliers d’années. On compte environ 3 000 ans pour la tourbe blonde et 8 000 ans pour la tourbe noire. Par ailleurs, les tourbières sont des écosystèmes uniques. Elles jouent un rôle important dans la purification de l’air et de l’eau et dans le stockage du CO². Près de la moitié de la biodiversité mondiale se trouve dans ces zones humides alors qu’elles ne représentent hélas que 12,1 millions de km²  sur la surface du globe. Une faune et flore spécifique s’y développent, un réservoir de biodiversité qui abrite 12 % des espèces animales de la planète. Les détruire est donc très dangereux pour la planète.

Un terreau très bio et bon

Les déchets arrivent tous les jours. C’est de la matière organique. Or, Trésor’ganique ne se vend pas sous forme de compost, dans la catégorie amendement, mais comme support de culture. Cela signifie qu’il doit avoir un taux de matières organiques supérieur à 50 % et une dose de nutriments essentiels comme l’azote, le phosphore et le potassium. Dans ce terreau entre le compost des biodéchets et de la terre de bruyère pour compenser le pH.

La volonté de Quentin est d’éviter la tourbe, même si ça fait perdre un petit peu en potentiel de rétention d’eau.

“On a un produit sans tourbe, avec un pH stabilisé à 6,9 afin que tous les nutriments soient disponibles pour la plante dans notre terreau bio.”

Des qualités reconnues

C’est un terreau drainant, en particulier grâce au sable présent dans la terre de bruyère. L’absence de tourbe, pour la rétention d’eau, est compensée par le compost, une matière organique active qui se dégrade dans le temps.

Du compost au terreau de plantation

Quentin Bédrune

Ensuite, le compost sort du composteur. Il correspond à la norme Afnor 44-051 sur les amendements organiques. Il est encore sujet à une forte activité bactériologique. Le compost va devoir maturer encore 6 semaines pour vraiment perdre toutes ses caractéristiques fermentescibles. Il a donc encore des montées de température qui s’éteignent au fil des semaines. Il est alors conservé dans des bacs.

Ce qui est important à bien comprendre, c’est que notre compostage est un processus accéléré et maîtrisé. Le produit que nous mélangeons n’a plus rien d’un déchet, contrairement au compost maison qui contient toujours des bactéries. Bien entendu, on peut utiliser le compost du jardin, mais on ne peut ni l’emballer, ni le vendre.

terreau bio en attente
Bacs de maturation ©Dimitri Kalioris

Dans la Sarthe

Alors, il est prêt à être mélangé au compost de feuilles et à la terre de bruyère pour former notre terreau bio. À ce moment-là, il part dans la Sarthe, à côté du Mans dans une usine d’ensachage qui a la faculté de proposer des quantités de 5 à 50 kg qui nous conviennent bien. Ce partenaire nous fournit nos ingrédients de mélange et nous a bien accompagnés, y compris dans la formulation de notre terreau bio.

Quentin Bédrune
Quentin Bédrune ©Dimitri Kalioris

Compostage express

Quotidiennement, les déchets arrivent à Châtillon. Ils sont donc composés de pelures de fruits et de légumes, de produits carnés et laitiers issus des restaurants, et de tiges, fleurs et feuilles, venues des fleuristes.

Première étape :

la broyeuse. L’eau est évacuée et une pulpe riche en azote est extraite.

Deuxième étape :

le mélange. Du carbone sous forme de mulch ou de granulés de bois est ajouté.

Troisième étape :

14 jours de composteur

Il va digérer cela “comme un énorme estomac” dit Quentin. Il reproduit un phénomène naturel.
Dedans, travaillent des bactéries qui ont besoin d’eau, d’oxygène et de matières organiques à dégrader.
Une visse sans fin remue la matière qui monte en température grâce aux bactéries.

C’est dans la gestion des montées en température, de l’apport d’eau et d’oxygène, dans ce système aérobie, qu’intervient le professionnalisme de l’agronome. En 14 jours, le composteur fait le travail que le particulier obtient en plusieurs mois. Ceci parce que le thermomètre monte à 75 °C et que le compost est remué presque en continu. Ainsi, il dégrade des matières qu’il est recommandé d’éviter de mettre dans nos composteurs de jardin comme la viande, les fromages ou les agrumes.

La raison en est qu’il est capable de détruire les agents pathogènes que génèrent les produits laitiers ou carnés, grâce aux très fortes températures sur une très courte période.

terreau bio
©Dimitri Kalioris
terreau bio : composteur
Le composteur ©Dimitri Kalioris

Des projets multiples

Clara Duchalet - VéplucheNous installons des bacs chez des fleuristes pour que les clients puissent acheter en vrac du terreau bio Trésor’ganique. Ainsi, plus d’emballage et plus de terreau perdu. Nous avons conçu des bacs en bois hauts et étroits avec un couvercle qui permet de refermer le soir pour conserver l’humidité du terreau. Lorsqu’on l’ouvre, ce couvercle dévoile un texte explicatif. Nous espérons que cela va marcher, car c’est vertueux. Nous commençons un test avec 5 fleuristes et la première boutique sera à Levallois-Perret (92).

Compost mélangé
Mélange de compost et de mulch ©Dimitri Kalioris

Et puis bien sûr, nous voulons étendre le principe dans toutes les grandes villes de France… dans un premier temps !

Vépluche… Trésor’ganique…

Clara Duchalet - VéplucheAu départ, le nom de la société Vépluche racontait en un mot-valise (vélo et épluchure) la collecte de la pluche des restaurants, à vélo. Ça parlait aux professionnels. Mais quand on a réfléchi au nom à donner à notre terreau bio enrichi en compost, ça n’était plus compréhensible pour le grand public. Il fallait distinguer les deux. Le nom du produit devait dire en concentré, la valeur, le fait que ça vienne de la terre et que ça y retourne. Trésor’ganique, c’est un super nom !

L’agronomie, un métier d’avenir

Quentin BédruneJ’ai fait mes études à l’école d’agrologie de Purpan qui forme des étudiants en Sciences du vivant, Agriculture, Agroalimentaire, Marketing et Management. Je suis donc ingénieur agronome et j’ai rejoint Vépluche pour accompagner la structuration du site de transformation et l’organisation de la filière mélange, ensachage et distribution. Je fais partie des personnes qui veulent apporter une contribution active à l’écologie.

close

Inscrivez-vous
pour recevoir [Brin d'info]

dans votre boîte de réception,
chaque semaine.

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Terreau bio
Share via
Copy link
Powered by Social Snap