Pneumatophores, les “nez” des arbres

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Certains arbres respirent… par les pieds grâce à des tubas ! Ces tubas qu’on appelle des pneumatophores permettent aux cyprès chauves et quelques espèces de palétuviers de pouvoir vivre dans des milieux humides, boueux, asphyxiants.

Quand les arbres barbotent… 

Il est toujours très étonnant de voir un énorme cyprès chauve (Taxodium distichum) immergé et bordé, voire entouré, par des espèces d’excroissances bizarroïdes. Elles peuvent être verticales ou plus tassées, un peu pointues ou épaisses, ressembler à des « jambes ». Ce sont les fameux pneumatophores qui sont au Taxodium ce que le nez est aux mammifères. Ils lui permettent de respirer, d’apporter jusqu’aux racines l’oxygène qui leur est nécessaire pour vivre et  maintenir un bon enracinement dans un sol humide et pas toujours stable.

penumatophores
Arboretum de Balaine ©Isabelle Morand

Sous les palétutus, sous les palétuviers ! 

J’ai ramassé voilà 15 ans sur le bord d’une mangrove à Mayotte un pneumatophore cassé et l’ai rapporté dans ma valise pour observer son comportement. Le bois allait-il s’effriter ? Pourrir ? Rien de rien. Il est dehors depuis 15 ans, subit le froid, la pluie, la neige et ne présente aucun signe de pourriture alors qu’il n’est plus rattaché à son arbre. C’est plutôt étonnant et même totalement fascinant.

Tous les palétuviers des mangroves ne vivent pas grâce à des pneumatophores. Seuls les Avicennia présentent ces caractéristiques. On les trouve chez Avicennia germinans (blancs ou noirs) où ils se présentent en rangs serrés, comme de très grandes allumettes (20 cm de haut environ). Les palétuviers rouges eux semblent marcher sur l’eau, juchés sur des échasses. Elles leur permettent de mieux résister au balancement des marées, mais aussi de respirer quand la mer les découvre.

Avicennia germinans
Avicennia terminans ©weisschr
pneumatophores
©elvetfish
palétuvier
©Athok Fadhlin

Des échasses-pneumatophores (ou l’inverse !)

Tous les palétuviers des mangroves ne vivent pas grâce à des pneumatophores-nez. Seuls les Avicennia présentent ces caractéristiques. On les trouve chez Avicennia germinans (blancs ou noirs) où ils se présentent en rangs serrés, comme de très grandes allumettes (20 cm de haut environ).

Les palétuviers rouges eux semblent marcher sur l’eau, juchés sur des échasses. Ces grandes jambes de bois leur permettent de mieux résister au balancement des marées, mais aussi de respirer quand la mer les découvre.

Des p’tits trous

L’oxygène entre dans la plante par de petites ouvertures nommées lenticelles. Ces portes d’entrée sont présentes sur tous les pneumatophores.

Des végétaux à pneumatophores moins connus

Palmier-bâche (Mauritia flexuosa) : il pousse dans les zones inondables en Amazonie. Dans un rayon de 2 m autour de son pied se trouvent des tout petits pneumatophores qui se croisent et s’entrecroisent pour former un tapis très dense. 

Sonneratia : on trouve ces arbres dans les mangroves de l’Océan indien. Les pneumatophores ressemblent à des chandelles beiges. Il produit des “pommes de mangrove”.

Palmier-pinot (Euterpe oleracea) : il adore les zones marécageuses en Guyane par exemple, mais pas seulement. Ses racines sont rouge vif. Les pneumatophores vaguement rouges sortent à peine de l’eau.

Pommier de mangrove
Sonneratia caseolaris ©kendoNice

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