L’histoire a commencé il y a quelques années avec  « Arthur »*, notre citronnier des 4 saisons, acheté par hasard à l’occasion d’une promotion dans une grande surface et installé dans un énorme pot de terre cuite.

©P. Grolier

©P. Grolier

Évidemment, je n’imaginais pas récolter un jour des « vrais citrons ». Les agrumes restaient pour moi des plantes exotiques, venant de pays lointains, dont la production de fruits restait improbable en région parisienne. En fait, je les considérais plutôt comme des plantes décoratives, et pourtant…

Trônant sur un petit balcon bien exposé, Arthur nous a donné quelques fruits, et évidemment le goût et la texture n’avaient rien à voir avec les produits commercialisés. Ce fut LA révélation !

UNE BELLE COLLECTION EN POTS

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©Philippe Grolier

Après la mort d’Arthur, victime d’un coup de froid, d’un déménagement et probablement d’un excès d’eau et d’optimisme, je n’ai pas abandonné. Je cultive aujourd’hui une petite collection de Citrus (famille qui regroupe tous les agrumes) en pots et j’avoue en être assez fier.  D’ailleurs, je surprends mes amis avec ma production d’oranges ou de pomelos très honorable.

Les Citrus ont besoin d’hiverner tranquilles et ne supportent pas la chaleur de nos intérieurs. Les rentrer au salon est l’erreur fatale. Ils se dessèchent, perdent leurs fruits puis leurs feuilles.

J’ai développé, avec le temps, une technique faite d’observations. Et cela semble porter ses fruits vu les résultats… 

Les arbres, et leur gros pot, sont installés pour l’hiver dans la serre froide, juste tenue hors gel. Après les dernières gelées, ils retrouvent leur place attitrée au jardin. Les pots sont très lourds, surtout ceux en terre cuite. Si vous craignez pour votre dos, équipez vous d’un diable bien costaud, comme je le fais.

MES CONSEILS POUR LES GARDER EN PLEINE FORME

Pomelo

©Philippe Grolier

Le rempotage éventuel, l’apport d’engrais à dispersion lente, la taille, tout se fait au printemps. Je rempote chaque Citrus tous les 3/5 ans. C’est l’occasion d’éclaircir le chevelu et les grosses racines, de renouveler et d’enrichir le substrat. Lorsqu’on a plusieurs sujets, il vaut mieux échelonner les rempotages. D’abord c’est moins de travail que de tout faire sur une seule année, et surtout, les arbres rempotés ne donneront pas de fruits. C’est donc se priver de tous nos précieux agrumes une année entière! 

Chaque printemps, je « surface » les arbres qui n’ont pas été rempotés en remplaçant la partie supérieure du substrat jusqu’aux premières racines. J’en profite pour mettre de l’engrais spécifique à diffusion lente.  Le paillage de pouzzolane, préalablement enlevé, est nettoyé, désinfecté et tamisé avant d’être remis en place pour garder la fraîcheur. Car contrairement aux idées reçues, les agrumes ont besoin d’une relative humidité aux racines avec un bon drainage… Donc pas de soucoupe sous les pots !

LA TAILLE ? N’EN FAITES PAS TOUTE UNE AFFAIRE !

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©Dimitri Kalioris

On s’affole souvent pour les histoires de taille alors qu’il faut juste donner une belle forme à l’arbre, en supprimant les branches les plus grêles ou mal placés (celles qui se croisent et risquent d’abîmer d’autres branches, porte ouverte aux maladies). Le but recherché est de donner suffisamment de force aux branches pour porter des gros fruits, sans casse ni déformation. Pour les jeunes arbres, je mets des petits supports pour aider, juste le temps de la fructification.

Lorsqu’il fait chaud, j’arrose toutes les semaines. C’est d’ailleurs devenu un rituel. J’ajoute de l’engrais liquide seulement lorsque les feuilles deviennent chlorotiques ou ternes.

L’INCOMPARABLE ORANGE NAVEL

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©Philippe Grolier

La plupart des agrumes se récoltent en hiver, à la fin de l’année ou au tout début de l’année suivante. C’était d’ailleurs un présent précieux pour Noël, il y a plus d’un siècle. 

Mon fruit préféré est l’orange navel, reconnaissable à son « nombril ». Elle est sucrée, même loin de son pays d’origine, et la texture de ses quartiers est extraordinaire! Un fruit cueilli, mûr à point, est de toute façon extraordinaire. Les agrumes n’y font pas exception! 

  • Pourquoi « Arthur » ? C’est une vieille tradition familiale de donner un surnom aux arbres du jardin, aux animaux de la maison et même aux voisins.

 

Philippe Grolier est photographe, spécialisé dans la nature et le jardin. Son site, c’est par ici !

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