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Myosotis - ©Didier Hirsch

Myosotis – ©Didier Hirsch

 

 

 

 

 

 

La source

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l’eau prend sa course
Comme pour s’en aller bien loin.

Elle murmure : Oh ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m’oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M’égratignent dans leurs ébats ;

A ma coupe l’oiseau s’abreuve ;
Qui sait ? – Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l’Océan où tout finit.

Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d’avenir ;
Comme l’eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;

Mais le berceau touche à la tombe ;
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l’engloutit !

Théophile GAUTIER (1811-1872)

Musique : Petit pantin au cœur de glace – Laei

Une réponse

  1. Françoise Brou

    Que je l’aime ce myosotis, un des premiers mots appris quand j’étais dans mon collège en Angleterre…”forget me not” m’a fait rêver et je ne l’ai jamais oublié c’était en 1963-1964 ! Mais il doit le savoir, il pousse partout…..

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