Profession apiculteurs

 

Le monde des abeilles, Marie-Christine et son fils, René-Philippe, le fréquente depuis leurs plus jeunes années grâce à leurs parents et grands-parents, apiculteurs amateurs. Installés à Gussignies, non loin de la frontière belge, ils veillent sur 25 ruches. De leur passion, ils ont fait leur métier et ont à cœur de partager leurs savoirs et expériences. Interview.

 

 

 

Hortus Focus. Dans quel environnement vivent vos ruches ?

Ruches et abeilles

©Marie-Christine Lesplinguies

Marie-Christine Lesplinguies. Elles sont installées en limite de bois. Elles bénéficient donc de la présence de nombreuses essences d’arbres, de haies, notamment d’aubépines, et d’une flore endémique. Nous allons replanter autour de chez nous des arbres fruitiers, des sapins, des tilleuls… et autres plantes mellifères pour leur offrir toujours plus de diversité à butiner. Quelques autres sont hébergées par les pépinières de Beaufort, à Feignies. L’objectif : sensibiliser le public à la cause des abeilles et l’inciter à privilégier les plantes mellifères dont elles ne peuvent se passer.  

Où vont-elles butiner ?

Leur rayon d’action peut s’étendre jusqu’à 7 km. Mais ici, elles peuvent se contenter de voyager à 3 ou 4 km autour de la ruche. Nous produisons du miel de printemps et du miel toutes fleurs. 

Avez-vous déjà perdu des ruches ?

Oui, malheureusement. Il y a quelques années, nous avons assisté à la mort d’une partie de notre cheptel. En deux – trois ans, nous avons perdu 20% de mes abeilles. Les ruches n’étaient pas assez éloignées des champs de maïs traités avec des pesticides. C’est affreux de faire une ruche, les abeilles meurent en quelques jours. Depuis 5 ans, nous les avons changées de place, bien calculé leurs nouveaux emplacements loin de tout champ traité et n’avons plus eu de perte.

Une colonie compte combien d’individus ?

Abeilles devant la ruche

©Marie-Christine Lesplinguies

C’est variable selon les ruches. En moyenne, elle compte 80 000 abeilles, mais cela peut aller jusqu’à 120 000.

Une ruche se débrouille toute seule ou on peut l’aider à aller bien ?

En dehors des maladies très graves qui aboutissent malheureusement parfois à la mort de la colonie, on constate que les colonies peuvent avoir “des petits coups de mous”. Comme de nombreux apiculteurs, nous leur donnons des médicaments naturels, des huiles essentielles (thym, romarin, camphre). Nous leur rendons aussi du miel issu de leur production (après tout, c’est le fruit de leur travail qui leur permet de passer au mieux l’hiver). 

Qu’est-ce qu’un nourrisseur ? À quoi sert-il ? 

Le nourrisseur est installé sur le grenier de la ruche. Les abeilles y accèdent par un petit trou dans le plafond. Dans ce réservoir, elles peuvent s’abreuver de vinaigre de cidre, un stimulant, et de tisane d’ortie qui leur apporte du fer. Nous leur donnons ce mélange à l’automne et au printemps quand elles montrent des signes de faiblesse. Généralement, elles sont requinquées au bout de trois semaines et la reine affiche une forme olympique !

Existe-t-il des reines fainéantes ?

Eh oui, ça existe ! Certaines reines ne sont pas de bonnes pondeuses. Loin des “scores” de leurs congénères. La ponte commence en janvier avec 10 ou 15 œufs. Le rythme s’élève en accord avec les températures extérieures. En mai-juin, la reine pond environ 1200 œufs par jour ! En août, pause estivale. La reprise de la ponte a lieu à l’automne pour permettre à la colonie de passer l’hiver. 

Quand extrayez-vous le produit de la ruche et comment le conditionnez-vous ?

Les abeilles sur le cadre avec le miell

©Marie-Christine Lesplinguies

Au mois de mai, nous prélevons une première récolte ; au mois de juillet, nous prélevons une seconde récolte, ce qui correspond environ à un dixième de la production annuelle de la ruche.Nous veillons à ce qu’elles aient environ 14 kg de nourriture (miel, pollen, eau), elles en ont besoin, c’est vital pour elles ! Si on leur prenait l’intégralité de leur production, il faudrait remplacer leurs réserves par une alimentation de synthèse et ça, c’est hors de question ! La production est stockée, conformément à la réglementation, dans des tonneaux en intox. Nous incitons nos clients à tous rapporter les contenants en verre (250 ou 500 grammes) pour éviter le gaspillage. Et chacun est tenu de venir avec son panier, son cabas, son sac en papier, car, au Rucher du bois, on a supprimé tous les sacs plastiques.

Que conseillez-vous à ceux qui voudraient se lancer dans l’apiculture ?

Pendant les visites de la miellerie, je ne souhaite décourager personne, mais je mets en garde tout le monde ! Si vous avez la moindre appréhension vis-à-vis des abeilles, l’apiculture n’est sans doute pas faite pour vous. Les abeilles ressentent tout, la peur comme l’énervement. Autant éviter les problèmes. Et puis, il faut savoir que l’on doit y consacrer du temps… et de l’argent. Les coûts ne sont pas anecdotiques. Une colonie de 35 000 abeilles se vend environ 175 €. Une ruche, c’est 100 €, les cires 40 €, etc. Donc, réfléchissez bien avant de vous lancer… Et vous pouvez désormais aider les abeilles en parrainant une ruche !

 

Pour en savoir plus : La Miellerie du Bois / Le Rucher du Bois

 

 

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