
Qu’elles se prélassent au soleil sur le flanc d’une colline, qu’elles colonisent une prairie, une pâture ou un gazon, qu’elles ondulent et se courbent sous la brise, sous la risée ou regagnent le sous-bois humide et frais, qu’elles escaladent les modestes escarpements d’un talus ou dévalent vers le fond d’une ravine, qu’elles se rafraîchissent au bord de l’étang ou dorment sur le lit spongieux des tourbières Marinette Cueco – bonne fée – leur mitonne une destinée hors normes.
Elles vont devenir œuvres d’art, stars des cimaises, tableaux, installations
La bonne fée, c’est normal, a des doigts de fée qui tressent, nouent, dénouent, entortillent, emberlificotent, bouclent et débouclent, brodent, filent et surfilent, effilent et éfaufilent, peignent, étirent, lacent et entrelacent à l’infini des rhizomes serrés comme un tissage ou, au contraire, légers, arachnéens où les vides l’emportent où le vide est peut-être le sujet et l’herbe teinte ou blanchie, brune, verte ou mordorée, le dessin, le glyphe, l’écriture.
Marinette Cueco écrit peint avec des mots d’herbes folles, des mots de jardinier, des mots de paysan. La poésie de Marinette Cueco a des mots d’herbe sage, des mots de botanistes.
Pierre Vauconsant


