Un bijou en Ardèche. Dans son jardin clos de murs, Anthony Bazin a opté voilà 20 ans pour l’exotisme et l’exubérance végétale. Peu de fleurs, mais une densité assez extraordinaire de feuillages sous lesquels il fait bon passer l’été. Un écrin vert dans lequel un soin très particulier est apporté à la déco. L’autre passion du paysagiste et de sa compagne, Doriane. 

Hortus Focus. Quand tu t’es installé dans cette maison, à Privas, comment se présentait le terrain ?

©Isabelle Morand

Anthony Bazin : C’était une petite maison avec une grande dalle en béton dans la cour, bordée d’un côté par la rue, passante, et le mur de soutènement d’une ancienne voie ferrée. Un environnement très, très minéral. Autant dire un brin frustrant pour un paysagiste et amoureux des plantes !

Quelles ont été les étapes de l’aménagement du jardin de Besignoles ?

J’ai commencé par aménager la cour, devant l’entrée de la maison puis un des côtés, celui de la rue, où j’ai planté des palmiers et construit des bacs pour planter des prêles. Le troisième espace derrière la maison était un peu plus informel, il s’est construit au fil du temps. Le fil conducteur pour ces différents espaces a été le travail des sols. J’ai utilisé de la pierre, du travertin, de la pierre de ballast pour rappeler l’ancienne voie ferrée. Et nous avons, en famille, inclus dans les revêtements, ici des billes bleues, là des billes vertes et des petits cubes de marbre de Carrare, par exemple.  

Pourquoi avoir choisi d’installer quasi exclusivement des plantes exotiques ?

On avait un lieu qui s’y prêtait particulièrement bien. Un espace clos où planter des palmiers par exemple ne semblait pas incongru. Et ce jardin clos permet également de bénéficier d’un micro-climat, on perd quelques degrés l’été et on en gagne l’hiver. 

©Isabelle Morand

Mais tout de même, les plantes exotiques ne sont pas super-rustiques !

J’ai planté des espèces qui tiennent sous notre climat. En hiver, le thermomètre peut descendre jusqu’à – 10°C. Je fais des tentatives, je connais parfois des échecs, j’expérimente. Ce qui m’importe, c’est d’avoir un jardin exotique à longueur d’année. Je n’ai aucune envie d’avoir des plantes empaquetées durant plusieurs mois dans des voiles d’hivernage. J’ai aussi des plantes beaucoup moins rustiques, comme des cactées et des agrumes, je les rentre dans la serre pour les protéger. 

Parle-nous de quelques plantes qui te tiennent à cœur et qui vivent bien ici…

Je suis paysagiste et je n’ai jamais planté aucun palmier sur mes chantiers. Chez moi, c’est l’inverse ! Une dizaine d’espèces peuvent supporter notre, mais peu restent belles toute l’année. Je me suis donc limité aux palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei), palmiers nains (Chamaerops humilis) et Sabal. J’ai un yuzu dont je suis vraiment fier. C’est un agrume extraordinaire, il mesure chez moi 4 m de haut et produit chaque année une dizaine de kilos de fruits dont je fais des confitures et des vins apéritifs. J’aime beaucoup aussi les prêles du Japon, les nandinas et les mahonias, surtout ‘Soft Caress’. En revanche, je ne parviens pas à faire pousser des scheffléras, ils ne se plaisent pas en pleine terre, dommage !

Le jardin à l’arrière de la maison est clos d’un grand mur tout bleu. Pourquoi ?

Quand un immeuble a été édifié non loin, il a fallu construire un grand mur. Avec Doriane, nous avons réfléchi à la couleur et adopté ce bleu Majorelle qui rappelle des voyages, nous emporte loin et donne de la profondeur au jardin. Et ce mur, nous en profitons aussi du salon depuis que nous avons construit une extension à la maison. D’un côté, on voit le jardin avec le mur bleu; de l’autre, la vue donne sur notre “jardin vitrine” planté dans un esprit japonisant. 

©Isabelle Morand

Avec Doriane, vous partagez le goût de la déco à l’intérieur et à l’extérieur. Vous chinez tout le temps ?

Oui, le week-end, on court les brocantes, les marchés, les foires. Nous adorons chiner, découvrir des pépites qui seront le départ d’une collection ou viendront compléter celles qui existent déjà. Quand j’ai commencé à aménager le jardin, nous avons cherché vieux pots et bassines pour faire paraître le jardin plus vieux qu’il ne l’était, pour lui donner de l’ambiance et une âme. 

Plantes-tu encore dans ton jardin déjà bien rempli ?

Oui, bien sûr, même si l’espace est compté. De toute façon, je n’ai pas envie de savoir ce que mon jardin sera dans 5 ans. Une seule certitude : certaines plantes savent s’imposer au fil du temps. Ce sont elles qui décident !

 

"Lien

CHERS JARDINIERS,
SAVEZ-VOUS QUE VOUS POUVEZ TROUVER SUR LA BOUTIQUE HORTUS FOCUS DES TRÈS BEAUX OUTILS,
DES FERTILISANTS NATURELS, DES KITS À PLANTER POUR FAIRE DÉCOUVRIR LE JARDIN À VOS AMIS ET 1000 AUTRES CHOSES ?

2 Réponses

  1. Josiane weitz

    Bonjour Isabelle , je vois que vous tournez autour de mon jardin “la Palette des Couleurs” à Chabeuil , sans venir le voir ; je vous suis pourtant depuis au moins 2 ans ; et vous êtes venue chez ma copine à deux pas de chez moi (10mn nous séparent: le Clos Fleuri ) Le jardin de Bésignoles est à 1H de chez moi environ ; bon sans rancune , je me doute que vous êtes très occupée et je ne désespère pas de vous voir au printemps ;j’ai quand même obtenu le 1er prix coup de coeur en 2016 (après le jardin de Bésignoles) en Rhône-Alpes et paru dans le magazine “Mon jardin Ma maison”‘ en octobre 2018…. A bientôt peut-être …aux beaux jours

    Répondre
    • Isabelle Morand

      Bonjour Josiane. Non, je ne tourne pas autour, rassurez-vous ! Mais voyez-vous quand je viens, je viens aussi voir mes parents et donc je suis dans ma famille la plupart du temps ! J’essaye de venir la prochaine fois, promis !

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial