Plantations d’automne, rempotage, il va falloir choisir le bon terreau. Ça vous semble être un détail ? Que nenni ! Les fabricants de supports de culture les formulent de façon extrêmement précise et ce n’est pas pour rien ! Pour en avoir le cœur net, Hortus Focus s’est rendu dans la grande usine du substrat d’un spécialiste en Maine-et-Loire, Premier Tech (anciennement Terreaux de France, pour les connaisseurs). Là, on travaille des terreaux tant pour les professionnels que pour le grand public.

Terreau : Vincent Guillotin et Guillaume Roth

©Isabelle Morand

Vincent Guillotin, Directeur technique de Premier Tech nous offre une visite guidée. “Nous sommes ici sur le site de la fabrication de nos supports de  culture. Ils sont destinés à constituer ou reconstituer un sol adéquat au développement des plantes.”

Une plante a besoin de nutriments, d’eau, de lumière et d’air.

Hortus Focus : Que doit apporter le sol à la racine ?

VG : Un milieu de culture propice à son développement, une structure avec deux points principaux : la rétention en eau et la rétention en air. La sélection des matières premières pour constituer ce support de culture répond à ces deux finalités. Pour certaines, les matières poreuses comme la tourbe, le pith de coco et quelques matières synthétiques, il s’agit de retenir l’eau. Pour faire circuler l’eau et l’air dans le milieu, on en utilise d’autres : l’écorce, la fibre de coco, des matières minérales comme la pouzzolane. Elles apportent une structure pérenne au terreau afin qu’il ne soit pas trop colmatant, trop asphyxiant.

Terreau : Premier Tech

©Isabelle Morand

HF : Sur quels critères choisissez-vous les ingrédients ?

VG : Le choix de la composition du substrat va dépendre du contenant, du type de plante, du temps de culture. Les plants maraîchers se cultivent souvent sur 4 à 6 semaines. Les plantes de pépinière se développent dans le même substrat pendant 12 à 18 mois, voire davantage. Chez les particuliers, les plantes en pots restent également longtemps dans le même sol. Dans un petit pot de 10 ml ou dans un grand de 30 ml, on n’a pas le même terreau. Et bien sûr, s’il s’agit d’une plante d’intérieur ou d’extérieur, le sol est nécessairement différent. Enfin, je ne vous apprends rien en vous parlant du climat en fonction de votre région.

La visite commence par l’arrivée des matières premières

Pour la rétention d’eau

Terreau : Tourbe blonde - Hortus Focus

©Isabelle Morand

La tourbe blonde est un matériau naturel issu de la dégradation de la sphaigne (Sphagnum est un genre de mousses de la famille des Sphagnaceae) et parfois du carex. C’est le premier stade de décomposition de la sphaigne. Les tourbes plus âgées, avec une dégradation de la matière plus avancée, sont plus sombres (on parle de tourbe brune et de tourbe noire). C’est un élément de base des terreaux parce qu’il est l’ingrédient le plus performant en matière de rétention d’eau des terreaux.

La granulométrie, pourquoi ?

Cette tourbe brute va, en fonction du substrat produit, être sélectionnée sur des critères granulométriques, c’est-à-dire en fonction des tailles de particules plus ou moins fines ou grossières. Les substrats avec une tourbe plus fine sont bien adaptés aux jeunes plants dans de petits pots. Ceux destinés à des pots de 20 ou 50 l méritent des structures beaucoup plus grossières pour faire pénétrer l’air à l’intérieur. Souvent, les jardiniers amateurs préfèrent les terreaux fins et c’est dommage, car en gros calibre, la tourbe joue un double rôle d’aération de la structure et de rétention d’eau. On peut obtenir le même résultat avec de la chips de coco. Ces granulométries différentes existent également sur les tourbes brune ou noire.

Une polémique et une alternative

Parfois, on pointe du doigt l'utilisation de la tourbe dont la surexploitation met en danger la ressource. Pour cela nous travaillons également le pith de coco qui est une bonne alternative. Il se trouve que la tourbe est surexploitée pour la tourbe de chauffe qui sert à alimenter les centrales électriques. Ce n’est pas la même qualité de tourbe et ce n’est pas une logique de bon bilan carbone. Et puis, la formation de la tourbe est très longue, plusieurs millions d'années, donc ce n'est pas une ressource facilement renouvelable. On peut dire que celle qui sert en horticulture revient à la terre.
Terreau : fibre de coco compressée - Hortus Focus

©Isabelle Morand

La coco

Le pith de coco, c’est la bourre de noix de coco broyée avec un petit peu de fibres, séchée et compressée.  Le produit retient un peu moins bien l’eau que la tourbe, mais il est très performant. Léger et aéré , il trouve sa place dans tous les types de terreaux. Son avantage est qu’il prend l’eau très rapidement, contrairement à la tourbe qui est plutôt hydrophobe et met plus de temps à accumuler l’eau même si elle la retient mieux. On le met par exemple dans le terreau pour les fraises ou pour les petits contenants en horticulture.  

La fibre de coco vient de Côte d’Ivoire. Elle est également décompressée par humidification et broyée pour lui rendre tout son volume. C’est un produit de haute qualité utilisé dans les terreaux techniques pour les jeunes plants et les cultures en conteneurs de pépinière. Elle permet de drainer l’eau en excès dans un substrat, elle ne permet pas la rétention d’eau, car elle ne l’absorbe pas. En revanche, elle va conduire l’eau à l’intérieur du substrat et notamment la conduction d’eau rapide intéressante pour la culture en extérieur après un gros orage, par exemple. Les terreaux vont se ressuyer rapidement et sont très drainants. Ça a aussi comme intérêt sa durabilité, c’est beaucoup plus stable dans le temps que la fibre de bois. Ça se décompose en plus de 10 ans.

Petite expérience : Mettez une poignée de fibre de coco dans un verre d’eau. Faites de même avec de la fibre de bois ou de chanvre, ressortez-les au bout de 3 à 6 mois, la fibre de coco est comme neuve alors que les autres ont commencé à se décomposer. La nature chimique de la molécule, c’est de la cellulose polymérisée et le degré de polymérisation de la fibre de coco est beaucoup plus important.
Terreau : fibre de coco humidification - Hortus Focus

©Isabelle Morand

L’argile

L’argile est une matière première qu’on utilise dans les terreaux horticoles notamment pour les chrysanthèmes. L’argile a des propriétés de rétention des éléments minéraux en les soustrayant au lessivage et des éléments nutritifs. De par sa nature chimique, il permet de retenir de l’eau dans les feuillets d’argile l’été comme une réserve en plongée que la plante a la capacité de prospecter. Donc un terreau avec argile sera beaucoup plus intéressant pour la plante en termes hydriques. Mais ce n’est pas destiné à toutes les plantes : il faut l’éviter pour les plantes sensibles aux excès d’eau.

Terreau : écorce de pin maritime - Hortus Focus

©Isabelle Morand

Pour la rétention d’air

Les écorces viennent principalement du massif landais. Ce sont essentiellement des écorces de pin maritime dont les propriétés sont excellentes, car les écorces de feuillus ou d’autres résineux peuvent avoir des toxicités. Le pin maritime n’a pas de toxicité induite. L’écorce arrive après un tamisage sommaire en scierie. Nous reprenons le tamisage pour extraire l’aubier ou le liber restant et calibrer les écorces.

Le processus

Lorsque la tourbe ou le pith de coco arrivent compressés, depuis le Sri Lanka dans le Maine-et-Loire, ils sont déchargés bruts. Pour reprendre leur volume, on les mouille. En quelques minutes, ils absorbent toute l’eau.

 

Terreau : écorce de pin maritime - Hortus Focus

©Isabelle Morand

Lorsque l’écorce est livrée, elle est fraîche et pour certaines applications, on souhaite qu’elle soit compostée. Le compostage est un processus naturel de vieillissement. On les mouille. Les micro-organismes déjà présents (on n’ajoute rien) vont les faire vieillir et les noircir, ce qui aura pour conséquence de les rendre plus stables dans le temps que des écorces fraîches.
L’écorce fraîche consomme de l’azote parce que naturellement les micro-organismes s’y attaquent et ont besoin de protides, de glucides et de lipides. Ils ont également besoin de carbone  et d’azote qui n’est pas dans l’écorce et dans un milieu comme le terreau, ils vont aller chercher l’azote apporté par les engrais pour équilibrer leur ration alimentaire.
Ainsi, ils appauvrissent le terreau.

Compostée, l’écorce n’évolue plus et n’est donc pas consommatrice d’azote. Par ailleurs, son pH est beaucoup plus proche de la neutralité. Pour contrôler, on vérifie la température jusqu’à 60 -70°C. Le compostage prend 3 à 6 mois, l’été plus rapide, l’hiver plus long.

La bonne plage de pH pour les plantes classiques c’est 5,8 - 6,2. Le pH neutre est à 7 mais il faut l'éviter parce que la disponibilité du fer est réduite et fait apparaître des phénomènes de chlorose. On ne parle bien sûr pas des plantes acidophiles ou des terrains très acides, des terrains marins,… 
Terreau : Tourbe blonde tamisée - Hortus Focus

©Isabelle Morand

Les outils de criblage, de tamisage sélectionnent des fractions spécifiques. Le crible est un système de tamis superposés qui vibrent. Les produits arrivent sur le tamis supérieur. Les fractions supérieures en taille vont être éliminées sur un tapis évacuateur, les autres descendent sur le tamis suivant. Et ainsi de suite, les différents calibres sortent sur différents tapis et parviennent dans les réceptacles adéquats. Les produits sont alors prêts pour l’assemblage. Ils sont stockés sous abris en attente d’incorporation dans les formulations finales.

L’assemblage

En fonction de la finalité du sol à créer, les recettes sont préparées. Le pH à l’assemblage se redresse avec de la chaux et on ajoute des éléments nutritifs comme les bacilles ou la mycorhize.

La mycorhize arrive sous forme solide : 1 million de spores par m3, soit 280 g.

Les bacilles s’intègrent sous forme liquide. Dans 1 ml de solution mère, il y a 30 milliards de bacilles soient 17 ml par m3.

Les terreaux sont analysés et testés avant mise en vente pour vérifier la composition et s’assurer qu’ils n’ont subi aucune contamination. Leur traçabilité est assurée depuis la matière première jusqu’au numéro de lot.

Terreau : Vincent Guillotin et Guillaume Roth - ensachage - Hortus Focus

©Isabelle Morand

Donc lorsque vous choisissez votre terreau vous devez vous poser de bonnes questions :

Terreau : Terro' city -Premier Tech - Hortus Focus

©Isabelle Morand

  • Quels sont les besoins de mes plantes ?
  • Quelle est leur durée de vie dans le terreau ?
  • Pour quelle taille de contenant ?
  • Pour quel climat ?

Terro’City est un substrat enrichi en mycorhizes et assemblé pour les plantes aromatiques et salades ou pour les fraises, pour les grands comme pour les P’tits jardiniers. Tout-en-un, le sac se découpe et il n’y a plus qu’à planter et arroser !

 

"Lien

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