Reconnaître les écorces : les feuillus de N à Z

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©BrianAJackson

Ne vous laissez pas abattre

2e partie de notre dossier qui vous aide à reconnaître les feuillus de nos régions, quand ils n’ont pas encore de feuilles, grâce à leur écorce. Les feuillus sont apparus sur Terre, il y a 140 millions d’années. Ce sont les arbres qui présentent le plus grand intérêt économique, grâce à la dureté et à la qualité de leur bois.

Les feuilles sont bien développées, par opposition aux conifères ou résineux dont la forme des feuilles est réduite à des aiguilles. En France, la plupart des feuillus sont des arbres (ou des arbustes) à feuillage caduc. Certains ont cependant un feuillage persistant, comme le chêne vert, le laurier, ou le houx.

Vous trouverez la 1re partie : ICI

L’arbre, sa vie, son œuvre

Il n’existe pas de définition universelle de l’arbre. Botanistes, arboriculteurs et forestiers continuent encore de débattre à ce sujet, sans arriver à s’accorder…

Pour faire simple, un arbre (du latin arbor) est une plante ligneuse terrestre comportant un tronc. Sur ce dernier, on trouve des branches, ramifiées, qui portent les feuilles. L’ensemble des feuilles forme le feuillage ou le houppier, appelé aussi couronne. Il existe sur Terre, entre 60 000 et 100 000 espèces d’arbres. Près de 40 % d’entre elles seraient menacées de disparition.

Ils jouent un rôle crucial dans le système écologique terrestre, grâce à leur capacité à stocker le carbone. Leur production de matière sèche annuelle génère les deux tiers de la production mondiale des plantes terrestres. Ils prennent une part active dans le cycle de l’eau. De plus, en formant les forêts, écosystèmes complexes, ils sont sources et refuges de la biodiversité.

Enfin, ils constituent une ressource considérable de matériaux et de nourriture. En témoigne la place pratique et symbolique qu’ils occupent dans presque toutes les cultures et civilisations du monde.

Un olivier millénaire

Olivier
©liggraphy

Le premier arbre connu date du Dévonien. Il s’agit d’Archaeopteris, qui aurait vécu il y a 370 millions d’années et jusqu’au Carbonifère inférieur.

Les feuillus de nos régions

Le noyer commun ou tout simplement noyer (Juglans regia), est un arbre assez répandu en France. Il est originaire d’Eurasie, cultivé pour son bois très recherché en ébénisterie ; pour ses fruits, les noix, riches en huile et pour ses feuilles, dans l’industrie pharmaceutique.

C’est le seul représentant en France de la famille des Juglandacées. Il est parfois appelé calottier, écalonnier, gojeutier ou noyer royal (la classe…).

Son nom, Juglans, lui vient de Jovis qui signifie « Jupiter » et de glans « gland ». Il aurait très bien pu s’appeler « gland de Jupiter ». Enfin, regia vient du latin regius, qui veut dire « royal ». Le noyer était dans l’Antiquité le symbole de la fécondité.

Le noyer peut atteindre 20 à 25 m, s’il pousse en isolé alors qu’en peuplement, ils dépassent 30 m. Sa croissance (en hauteur) se termine au bout de 60 à 80 ans. Mais le noyer dépasse 150 ans en Europe occidentale et centrale.

La culture du noyer a débuté en Europe grâce aux Romains et plus tard à Charlemagne.

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Noyer
©Pat_Scrap
Noyer
©Michel VIARD

Et l’écorce ?

Son écorce est gris clair, mince et lisse pour les jeunes, parcourue de profondes fissures avec les années.

Le bois présente un beau poli et se cintre facilement. Il est veiné et de couleur rouge. Très réputé en ameublement et placage, il est également recherché en sculpture. Ce sont la souche et les racines qui donnent au tranchage des plaquages dits de “ronce de noyer.” Le bois de noyer est sans conteste le premier des bois indigènes d’ébénisterie, par la beauté de son veinage, sa stabilité et sa facilité d’usinage et polissage. Il est aussi utilisé en tournerie, coutellerie et sculpture sur bois, par exemple pour les crosses de fusils. Les sabots et galoches de bonne qualité étaient également fabriqués à partir de grosses branches de noyer taillées vertes.

Noyer
©Krzysztof Golik

Les ormes sont des arbres du genre Ulmus qui atteignent une trentaine de mètres de haut. Ils forment des futaies appelées « ormaies ». Ils ont pratiquement disparu d’Europe de l’Ouest en raison d’une maladie fongique, la graphiose (dite aussi maladie hollandaise de l’orme). Par exemple, elle est apparue à Paris à la fin des années 1970, et sur les 30 000 ormes parisiens (il y a longtemps été l’arbre le plus répandu dans la capitale), il n’en reste aujourd’hui que quelques centaines, principalement dans les XIIIe et XIVe arrondissements.

Depuis quelques décennies, de nombreuses recherches portent sur des cultivars résistants à cette maladie.

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Orme
©Heiko Küverling

L’orme fut planté pour servir de bois d’œuvre. Très utilisé pour les charpentes, il était émondé régulièrement afin d’augmenter sa résistance à la courbure. Son bois est résistant à l’immersion, comme le chêne et l’aulne, il a donc été utilisé pour les moyeux de roues à aubes des moulins à eau, et comme pilotis. Il est donc, plus spécialement, un bois de marine, pour les pompes, caisses de poulie, moques, barres, affûts et anspects et les coques de bateaux. Les sabots et les galoches des marins bretons étaient en orme.

Il a aussi servi à la fabrication d’arcs.

Parlons miniatures

C’est un excellent bonsaï, principalement l’orme de Chine (Ulmus parvifolia).

Pour les gastronomes, les jeunes feuilles sont consommables crues ou cuites comme les épinards. Certaines samares encore tendres sont également comestibles et peuvent être ajoutées aux salades.

Le genre Ulmus comprend, principalement

• Ulmus minor – Orme Champêtre (autrement nommé Ulmus campestris), orme à feuilles de charme, petit orme, orme cilié ou ormeau,
• Ulmus glabra (1) – Orme de Montagne, autrement nommé Ulmus montana, Ulmus scabra,
• Ulmus laevis – Orme Lisse (2), autrement nommé orme pédonculé ou orme blanc,
• Ulmus procera – Orme Anglais,

• et Ulmus x hollandica – Orme de Hollande.

 

1) Glabra désigne son écorce bien lisse, le synonyme scabra désigne ses feuilles rugueuses et montana les emplacements montagneux où il vivait.

(2) L’orme lisse (Ulmus laevis) est allogame et ne s’hybride pas avec les autres espèces d’ormes européens, qui appartiennent à une section différente du genre Ulmus.

Orme
Orme Champêtre ©Torsakarin
Ulmus minor - ©Ptelea
Ulmus minor - ©Ptelea
Ulmus Procera - ©Max Coleman
Ulmus Procera - ©Max Coleman
Ulmus laevis - ©Gmihail
Ulmus laevis - ©Gmihail
Ulmus glabra - ©T. Voekler
Ulmus glabra - ©T. Voekler
Ulmus minor - ©Dimìtar-Nàydenov
Ulmus minor - ©Dimìtar-Nàydenov

92 ormes pour les Tuileries

©Andrea Izzotti
©Andrea Izzotti

En 2021, le jardin des Tuileries a renoué avec son royal passé grâce à la plantation d’une nouvelle allée d’ormes précédemment abattus sous la Révolution. La Grande Allée imaginée par André Le Nôtre, le célèbre jardinier de Louis XIV, retrouve les proportions idéales d’une allée de jardin à la française et relie désormais l’arc de triomphe du Carrousel à la Concorde. À l’époque, cette Grande Allée menait les Parisiens jusqu’à la campagne…

Pour les absents et les distraits du cours d’histoire, les Tuileries avaient été créées sous le règne de Catherine de Médicis, sur le modèle des jardins florentins, très en vogue à l’époque. Elles couvrent 23 hectares et accueillent chaque année 16 millions de promeneurs.

Cela a été rendu possible grâce à une campagne de dons « Tous mécènes ! », laquelle a récolté un million d’euros provenant de 4500 donateurs. 26 bancs en pierre de taille ont également été rénovés. Des parterres, végétalisés, et des massifs de fleurs ont été plantés.

Les 92 ormes replantés ont fait l’objet d’un long processus de sélection de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) qui a mis au point une nouvelle variété résistante à la graphiose (voir plus haut), Ulmus minor Vada® ‘Wanoux’. Issus d’une pépinière de l’Isère certifiée « agriculture biologique », ces ormes encore jeunes sont adaptés au sol du jardin des Tuileries et à l’évolution des conditions climatiques. Ils favoriseront aussi la biodiversité du jardin.

Le peuplier blanc ou peuplier de Hollande (Populus alba), également appelé abèle, peuplier à feuille d’érable, peuplier argenté, blanc de Hollande, aube, ypréau ou piboule, est un arbre à croissance rapide de la famille des Salicacées. Il est originaire d’Europe centrale et méridionale et d’Asie occidentale et centrale. C’est un arbre drageonnant de 20 à 30 m de hauteur pouvant vivre de 200 à 400 ans.

Et l’écorce ?

Son écorce blanche, lisse, devient épaisse, grise (noirâtre à la base) et rugueuse avec les années, puis finit par se crevasser et former des lenticelles en forme de losanges. Comme les saules, il affectionne les abords des zones humides. Son système racinaire est important, souvent superficiel et traçant.

Le genre Populus représente 35 espèces dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère nord. Il comprend aussi de nombreux hybrides naturels ou artificiels (créés par l’homme). Les peupliers blancs forment dans le genre Populus une section spéciale qui se divise elle-même en deux sous-groupes : les trembles et les véritables peupliers blancs. Sa culture est nommée populiculture. Entièrement séquencé, le peuplier blanc est devenu, en 1986, le premier arbre transgénique.

Son bois peu dense se travaille facilement. Il est facile à coller, à teindre, à peindre, à clouer et à agrafer, mais il se scie et se ponce mal. La meilleure qualité sert à fabriquer des panneaux (lattés, contreplaqués), des boîtes à fromage, des emballages légers pour fruits et légumes, des bourriches d’huîtres ou des allumettes. La seconde qualité se retrouve dans la fabrication de palettes ou de pâtes à papier.

C’est un mauvais combustible, qui produit peu de chaleur à la combustion, et un charbon de qualité médiocre.

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Peuplier blanc
Peuplier blanc
Peuplier blanc
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Peuplier blanc
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Peuplier blanc
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Le peuplier noir (Populus nigra) est une espèce d’arbres de la famille des Salicacées. Ce peuplier de grande taille préfère les sols riches avec peu de végétation, comme les bancs de sable ou de graviers humides. Il en existe de nombreux hybrides (notamment Populus x deltoides) et variétés (notamment le peuplier d’Italie Populus nigra var. ialica, à port érigé et étroit, planté comme arbre d’ornement ou d’alignement). Les peupliers noirs sont très répandus dans l’ensemble de l’Europe centrale et méridionale, en Afrique du Nord ; ils atteignent même l’Asie centrale et vivent aussi en Amérique du Nord.

Le peuplier noir est un arbre à cime irrégulière et large, haut de 30 à 40 m. Il vit jusqu’à cent ans, mais on le coupe souvent vers 40 ou 50 ans.

Et l’écorce ?

Son écorce est brun-grisâtre (parfois presque noire d’où son nom) et profondément fissurée, s’épaississant avec l’âge. Sur les vieux sujets, l’écorce forme un réseau en losanges très caractéristique.

Ses fibres souples servent à la fabrication du bois de placage et le contreplaqué. Il a aussi des propriétés médicinales et sert à faire le charbon actif.

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Peuplier noir
Peuplier noir
Peuplier noir
Peuplier noir
Peuplier noir
©pugach
Peuplier noir
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Le tremble, tremble d’Europe ou peuplier tremble (Populus tremula) est une espèce d’arbre du genre Populus et de la famille des Salicaceae. Seule variété de peuplier forestier, il est répandu dans l’ensemble de l’Eurasie. C’est un arbre au port étalé à croissance vigoureuse, de taille moyenne, de 20 à 30 m de haut. Il est très mellifère.

Le peuplier tremble est un arbre de plaine en Europe, en Asie du Nord (Sibérie, Chine, Mongolie, Caucase) et en Afrique du Nord. Il est présent en montagne jusqu’à 2150 m d’altitude.

Le système racinaire superficiel, traçant est très puissant. Il ne faut absolument pas le planter à moins de 15 mètres d’un bâtiment.

Il est très proche et facilement confortable avec une espèce semblable qui vit en Amérique du Nord : le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides).

Et l’écorce ?

L’écorce est lisse, parsemée de lenticelles en losange, se crevassant avec l’âge. Elle contient de la salicine, qui se trouve également dans le saule, et est l’ingrédient de base de l’aspirine qu’on utilise également comme hormone de bouturage.

Le bois blanc crème, tendre et léger est utilisé en menuiserie, pour des emballages, la fabrication d’allumettes et de la pâte à papier.

Dans les pays anglo-saxons, la légende dit que la Sainte-Croix est en peuplier tremble.

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Peuplier tremble
©AnRo0002
Peuplier tremble
©Daderot
Peuplier tremble
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Platanus est un genre d’arbres, de la famille des Platanaceae qui comprend une dizaine d’espèces. La plus répandue est un hybride, le platane commun (Platanus acerifolia) largement utilisé comme arbre d’alignement pour orner les places, les rues et certaines routes, car très résistant à l’élagage et à la pollution.

Il est originaire du Sud-est européen et de l’Asie Mineure.

Les platanes sont de grands arbres, pouvant atteindre de 25 à 55 m de haut. Ils ont une durée de vie assez longue (plusieurs centaines d’années, voire dix siècles et plus). Certains peuvent vivre jusqu’à 4 000 ans. Les poils des jeunes feuilles et des fruits sont très allergènes ; les platanes ne doivent donc pas être plantés à proximité des terrains de jeux des enfants ni des lieux d’échanges fréquents.

Les platanes ont un bois très dur, très persistant.

Et l’écorce ?

Leur écorce caractéristique (de peau de serpent) se fissure en écailles appelées rhytidomes dégageant des zones jaunâtres laissant apparaître le liège.

L’arbre d’Hippocrate est un platane sous lequel, selon la légende, Hippocrate aurait enseigné la médecine à ses élèves. Situé sur l’île grecque de Cos, il s’agit d’un platane d’Orient (Platanus orientalis). Avec un tronc d’une circonférence d’environ 12 m, cet arbre est réputé être le plus grand platane d’Europe.

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Platane
©Erich Westendarp
Platane
Platane
©Erich Westendarp
Platane
Platane
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Le poirier commun (Pyrus communis) est un arbre fruitier de la famille des Rosacées, cultivé pour ses fruits, les poires. Originaire des régions tempérées d’Europe et d’Asie de l’Ouest, il est probablement l’espèce originelle des milliers de cultivars de poiriers domestiques recensés et cultivés dans une centaine de pays.

C’est un arbre de taille moyenne qui peut atteindre dix à quinze mètres de haut et vivre jusqu’à 200 ans. Les poiriers francs obtenus par semis de pépins (issus de Pyrus communis) peuvent atteindre plus de 20 mètres de haut, ce qui est assez rédhibitoire pour la taille et la récolte. En revanche, ils font d’excellents porte-greffes pour les autres espèces de poiriers.

C’est une des raisons (mais pas la seule…) pour laquelle les poiriers cultivés sont greffés sur des cognassiers pour obtenir des arbres plus petits.

Et l’écorce ?

Son écorce grise s’écaille fortement lorsque le sujet vieillit.

P. pyraster est LE poirier européen commun très répandu dans une zone qui va des Pyrénées jusqu’en Crimée. Il diffère de l’espèce P. communis par la forme des feuilles et des fruits, plus petits. Des aiguillons à la pointe acérée peuvent apparaître chez P. pyraster, tandis que le poirier commun (espèce redevenue sauvage) en est dépourvu.

Le poirier pousse très bien en solitaire dans les champs et dans les peuplements de taillis où il prend les caractéristiques d’un arbre à croissance arbustive. La plupart de ces poiriers sauvages sont relativement épineux et donnent des petites poires pierreuses (de 2−3 cm de diamètre) et astringentes.

Récoltées dès la préhistoire, elles se conservaient séchées. Les Romains, en pratiquant le greffage systématique, ont joué un rôle prépondérant dans la domestication du poirier en Europe.

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Poirier
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Poirier
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Poirier
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Poirier
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Poirier
Poirier
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Poire d'angoisse

La poire d’angoisse

La poire d’angoisse était à l’origine une poire du moyen-âge, d’un goût âcre destinée à être cuite ou à faire du cidre.

L’expression a ensuite désigné un bâillon en fer en forme de poire destiné à étouffer les cris des prisonniers soumis à la question, lors de la période de l’Inquisition…

Introduite dans la bouche, le vagin ou l’anus (suivant l’endroit choisi par le juge), il pouvait augmenter de volume grâce à une vis sans fin qui l’élargissait à loisir. Elle servait à punir les pédérastes et les femmes soupçonnées d’avoir eu des rapports sexuels avec le diable. Utilisé avec force, le bourreau arrivait même à faire exploser le crâne du (de la) supplicié(e). On n’ose penser aux autres utilisations…

Le boquettier, le pommier sauvage ou pommier des bois (Malus sylvestris) est une espèce d’arbres de la famille des Rosacées, spontané dans toute l’Europe et parfois cultivé.

On a longtemps pensé qu’il s’agissait de l’ancêtre du pommier domestique (M. domestica), mais on sait maintenant que le génome de celui-ci vient principalement d’une espèce d’Asie centrale, M. sieversii (à l’exception de quelques cultivars issus d’hybridation).

Le pommier sauvage est un arbre de 5 à 10 m de hauteur, à couronne dense. Sa croissance est moyenne, voire lente, surtout après l’âge de 20 ans.

Et l’écorce ?

L’écorce est grise et s’exfolie ensuite par petites plaques, lorsque le sujet vieillit.

Ses rameaux sont légèrement épineux. Ses feuilles tomenteuses (à poils courts et denses) à l’état jeune, devenant glabres en vieillissant.

Il fleurit vers le mois de mai. Les fleurs sont blanches ou rosées. Les pommes sont généralement petites (3 à 4 cm de diamètre) à saveur très âpre, sauf pour certaines variétés plus douces, qui peuvent être consommées sous forme de gelées ou de compotes, car très riches en pectine.

Il est parfois utilisé comme porte-greffe pour la culture de variétés de pommier domestique.

Les pommiers sont les plus anciens arbres fruitiers. On retrouve des restes végétaux du pommier sauvage (M. sylvestris) au Néolithique. Cependant, ce n’est que bien plus tard, au cours du deuxième millénaire avant notre ère, que des variétés nouvelles de pommes apparaissent en Europe, vraisemblablement greffées. On estime qu’il existe aujourd’hui environ 10 000 variétés de pommiers cultivés.

Les sangliers sont friands de pommes sauvages.

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Orme
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Pommier sauvage
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Pommier sauvage
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Pommier sauvage
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Le robinier faux-acacia ou robinier (Robinia pseudoacacia) est une espèce de la famille des Fabacées (les légumineuses). Ses fruits sont des gousses ressemblant à un haricot plat avec des graines à l’intérieur.

C’est un arbre pionnier de croissance rapide (1,5 m de haut et 2 cm de diamètre dès la première année). Il se contente de terrains pauvres qu’il enrichit, en fixant l’azote par ses racines, comme la plupart des légumineuses. Les robiniers sont des arbres pouvant atteindre 25 mètres de hauteur. Il est très souvent drageonnant et forme des bosquets impénétrables et parfois envahissants. En effet, les drageons et jeunes branches sont épineux.

Le robinier faux-acacia est la première essence forestière importée du continent américain en France. Originaire de la région des Appalaches, à l’est de l’Amérique du Nord, le robinier faux-acacia est très répandu en Pennsylvanie, en Géorgie, dans l’Illinois et dans l’Arkansas.

Appelé tout d’abord acacia, puis robinier, en l’honneur de Jean Robin (jardinier et arboriste des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII) qui a semé les premières graines en 1601, il est implanté dans notre pays depuis plus de quatre siècles et a fait la preuve d’une très bonne adaptation, jusqu’à devenir envahissant !

Des rejets prélevés par Vespasien Robin, fils de Jean, poussent encore actuellement dans le square René-Viviani et dans le Jardin des Plantes. Ils ont le privilège d’être les plus vieux arbres de Paris et les plus vieux robiniers d’Europe.

Et l’écorce ?

Le tronc gris brun est souvent double avec une écorce épaisse profondément crevassée dans le sens longitudinal.

Son bois est très dur et quasiment imputrescible. Il remplace souvent les bois précieux exotiques. Il est recherché pour la fabrication de barriques, de menuiserie extérieure, de piquets de vigne ou de clôture, parfois remplacé par le châtaignier dans les régions où il manque. Facile à travailler, il était aussi utilisé en charronnerie et, tout récemment, pour la fabrication de meubles de jardin et d’équipement extérieur. Il doit être travaillé assez vite après la coupe avant d’être trop dur.

Les fleurs du robinier donnent l’un des miels de printemps les plus réputés – le miel d’acacia – un miel liquide à la belle couleur d’ambre clair, au goût caractéristique.

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Robinier
©RomanM82
Robinier
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Robinier
©Jean-Pol-GRANDMONT
Robinier
©Jean-Pol-GRANDMONT
Robinier
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Le saule blanc, saule commun, saule argenté, osier blanc, ou saule vivier (Salix alba), est un arbre de la famille des Salicacées, commun dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère nord.

Il préfère les sols frais et humides, les bords de rivière ou le fond des vallées humides.

Le saule blanc est un grand arbre qui peut atteindre 25 m de haut. C’est une espèce pionnière, pouvant vivre une centaine d’années. Le tronc est droit et le houppier dressé, sauf quand l’arbre est étêté et taillé en têtard pour la production d’osier. Les jeunes rameaux sont alors très appréciés pour leurs couleurs vives.

Apprécié des abeilles

Le saule blanc est une plante mellifère. Sa floraison intervient à une époque précoce.

De son écorce, on extrait la salicyline (principe actif de l’aspirine), connue depuis l’Antiquité, et utilisée aussi pour préparer des hormones de bouturage.

Le cultivar ‘Coerulea’ offre un bois très résistant qui sert à fabriquer des battes de cricket et des sabots. Le bois du saule blanc est aussi utilisé en sculpture.

Le bois de saule brûle rapidement donnant « un coup de feu » apprécié des boulangers d’autrefois.

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Saule
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Saule
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Saule
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Saule blanc
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Le saule pleureur (Salix babylonica) est une espèce d’arbre de la famille des Salicaceae. Son port retombant particulier en fait un arbre d’ornement très apprécié, notamment au bord des pièces d’eau.

Il s’agit d’un arbre, dioïque, de taille moyenne, de 10 à 30 mètres de hauteur. Ses longues branches-lianes pendantes justifient pleinement son surnom de « pleureur ». En réalité, ce dernier est lié au fait que de la sève ou de l’eau de condensation peuvent s’écouler des feuilles et des branches en quantité abondante.

Quand Linné se plante

Le nom scientifique Salix babylonica a été donné par Carl von Linné qui a cru qu’il s’agissait de l’arbre cité par la Bible dans le psaume 137. Mais ce psaume parlait plutôt de Populus euphratica, le peuplier de l’Euphrate.

Cette espèce est originaire du nord de la Chine. Il s’est ensuite étendu le long de la Route de la soie vers l’Europe pour y arriver à la fin du XVIIe siècle. Aujourd’hui, on cultive essentiellement des hybrides plus vigoureux et plus décoratifs que le saule pleureur d’origine. Citons le cultivar ‘Tortuosa’ dont les feuilles et les rameaux sont tortueux.

Comme tous les saules, le saule pleureur préfère les sols frais humides et mouillés. Il peut consommer jusqu’à 400 litres d’eau par jour à l’âge adulte.

Une rangée régulière de saules est dénommée une saulée. Une saulaie est un endroit où poussent des saules, tout comme une saussaie, terme vieilli et régional.

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Saule pleureur
Saule pleureur
Saule pleureur
Saule pleureur
Saule pleureur

Le Sorbier des oiseleurs ou Sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia) est un petit arbre qui peut atteindre les 20 mètres de haut. Il vit principalement en lisière de forêts d’épicéas, car il aime la lumière. Le sorbier est cousin avec le cormier. Frais et récoltés avant maturité, les fruits sont utilisés pour préparer des gelées et des confitures. Très apprécié par les oiseaux, il servait autrefois à les attirer, notamment les grives, en automne.

Son aire de répartition naturelle couvre toute l’Europe et l’Asie tempérée (Liban, Turquie, Arménie, Azerbaïdjan, Daghestan). Il est plus rare en zone méditerranéenne. En France, il est assez commun en forêt et au bord des chemins, moins fréquent en plaine. En montagne, jusqu’à 1 500 m d’altitude, il devient plus rabougri.

Cet arbre, qui est le plus répandu des sorbiers, est souvent planté comme arbre d’alignement ou d’ornement dans les parcs et jardins.

Le bois, dur et blanc, servait à fabriquer les rayons de roues de charrettes, des manches d’outils, ou pour le tournage.

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Sorbier des oiseaux
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Sorbier des oiseaux
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Sorbier des oiseaux
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Sorbier des oiseaux
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Sorbier des oiseaux
©A. Eugster
Sorbier des oiseaux
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Le tilleul commun (Tilia x europaea), anciennement Tilia vulgaris, est un arbre du genre Tilia et de la famille des Tiliaceae, ou des Malvaceae, selon la classification phylogénétique. Il est originaire des régions tempérées d’Europe.

Le genre Tilia compte une cinquantaine d’espèces et de nombreux cultivars.

• Tilia cordata : le tilleul à petites feuilles (environ 5 cm de long), et qui mesure jusqu’à 30 m de haut, qui se fait rare en France.

• Tilia platyphyllos : le tilleul à grandes feuilles ou tilleul de Hollande (env. 15 cm, légèrement velues sur le dessus, virant au jaune citron à l’automne), 35 m de haut et, qui se fait rare aussi.

• Tilia intermedia (syn. Tilia x europaea, T. x vulgaris) : le tilleul commun d’Europe, un hybride des deux précédents qui pousse également spontanément dans la nature. 30-40 m de haut.

Les tilleuls forment facilement des hybrides entre eux, ce qui accroit constamment le nombre de variétés de tilleuls déjà répertoriés.

Sa croissance est rapide. Les tilleuls communs sont des arbres majestueux, larges et imposants, qui atteignent jusqu’à 40 m. Ils ont donc besoin d’espace pour se développer correctement. Cependant, il supporte très bien la taille et sert dans les allées des parcs et jardins. Il reste aussi un exemple de longévité.

Son tronc noir donne naissance à de très grosses branches charpentières, sur lesquelles poussent des branches latérales inclinées, irrégulières. L’écorce reste longtemps mince et lisse. Des cannelures profondes et verticales apparaissent par la suite. Des rejets poussent souvent autour du tronc.

Apprécié des abeilles

Très mellifère, c’est un arbre très important en apiculture.

Son bois était apprécié pour fournir des montants d’échelles. Il est encore utilisé dans la sculpture sur bois aussi bien que dans l’usinage.

En Franche-Comté, un tilleul est souvent planté devant les fermes, indiquant aux voyageurs qu’ils y trouveront l’hospitalité. Cependant, dans cette même région, le « Gros Tilleul de Pontarlier » était le rendez-vous de sorcières qui apparaissaient sous forme de chats menaçants. Pour conjurer ces croyances, beaucoup de tilleuls furent également plantés et consacrés à la Vierge lors de la christianisation.

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Tilleul commun
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Tilleul commun
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Tilleul commun
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Tilleul commun
Tilleul commun
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Tilleul commun
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Un mot sur la sylvothérapie

Les anglophones l’appellent “Tree hugging”. Mais pourquoi donc fait-on des câlins aux arbres ? Retrouvez notre article : ICI

Les bonnes feuilles

De saines lectures, pour en savoir plus…

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