4 fleurs mal peignées !

des fleurs mal coiffées
Nerine Bowdenii ©Tom Meaker

Dans sa pépinière, Les planteurs de Brigaudière, en Savoie, Didier Perrin produit des bulbes dont certains produisent des fleurs mal peignées. Voici sa sélection de bulbes qui décoiffent ! 

Les nérines ou lis de Guernesey

Très cultivée dans les îles anglo-normandes, la nérine est d’ailleurs surnommée le lis de Guernesey dont elle est l’emblème. Il s’agit d’une plante sud-africaine arrivée en Europe en 1630 et cultivée depuis. Il existe une trentaine d’espèces, mais la plus cultivée chez nous, c’est Nerine bowdenii, car elle peut pousser partout en France. Sauf en montagne, on peut la laisser en pleine terre toute l’année. 

Cette nérine se plante au printemps et elle fleurit à l’automne. Les fleurs sont le plus souvent roses, mais il existe des variétés à fleurs blanches, orange. Réparties de manière souvent inégale, elles apportent un côté festif au jardin avec leur coiffure en pétard. La hampe florale ressemble à celle d’un amaryllis ; les fleurs aux fins pétales se succèdent pendant environ trois semaines. Les premières gelées interrompent la floraison. 

Des bulbes mal peignés
Nerine Bowdenii ©Johnatapw

Bon à savoir : le bulbe se plante, en sol sec, à une dizaine de centimètres de profondeur en pleine terre comme en pot.

Pour se coucher moins bête : Nerina – ou Nerine- est un prénom (rare d’accord) d’origine grecque. Il signifie « Nymphe de la mer »

La nérine apporte une touche de rose bienvenue dans les jardins à l’automne. Elle se comporte aussi très bien en pot (elle aime être un peu à l’étroit) où elle peut pousser sans grand soin durant des années.

L’ismène, une décoiffée gélive

Originaire d’Amérique centrale, l’ismène qu’on nomme plus communément la jonquille du Pérou ou le lis araignée est belle, mais elle craint le gel. Cette frileuse présente des pétales qui s’enroulent de manière un peu étrange autour de la corolle centrale. La plus courante, Ismène x festalis fleurit blanc pur et dégage un léger parfum. Si vous êtes amateur de fragrances, plantez plutôt la variété ‘Sulphur Queen’ à la floraison jaune (pétales moins spectaculaires). Elle sent super fort l’agrume.

Plantée au printemps, en plein soleil, à 10-15 cm de profondeur, elle fleurira en été. Dans les régions vraiment douces, laissez-la en pleine terre. Ailleurs, mieux vaut les déterrer et les hiverner. Ou les cultiver en pot : un bulbe dans un pot de 20 cm de diamètre ou 3 dans un contenant de 40 cm de diamètre.

Des bulbes mal peignés
Ismene x festivalis ©Helge Masch

Le conseil de Didier : étalez les plantations, un bulbe tous les 15 jours pour profiter de floraisons plus étalées dans la saison. L’ismène peut se naturaliser en région douce comme en Italie ou au Portugal où elle est largement utilisée dans les massifs et les jardins des villes.

Pour se coucher moins bête : Dans la mythologie grecque, Ismène est la fille incestueuse de Jocaste et son fils Œdipe qui ignoraient leur lien de parenté. 

Des bulbes mal peignés
Eucomis comosa ©Fotolinchen

L’eucomis au look d’ananas

L’eucomis mérite son surnom de plante ananas ! Elle en a un peu la couleur, mais surtout la forme avec sa hampe florale constituée de multiples petites fleurs et surmontée d’une espèce de toupet ébouriffé (bractées). La moins mal peignée de la bande ! Ce bulbe originaire d’Afrique du Sud peut résister en pleine terre jusqu’à – 10°C à condition de le planter en sol très bien drainé. 

Il existe différentes espèces et variétés. Les plus petits mesurent seulement quelques centimètres de haut, les plus grands poussent jusque’à 1,50 m et peuvent être plantés à l’arrière d’un massif pour créer une espèce de transcendance. Entre les deux : Eucomis comosa (= E. punctata), 70 cm, aux fleurs blanches et vertes, tachetées de pourpre ddci-delà. E. automnalis : fleurs blanc pur, tige éclaboussée de grenat. 

À planter à 20 cm de profondeur. Écartement entre les bulbes : 20 à 30 cm.

L’astuce de Didier : j’aime bien planter les Eucomis bicolor en pot, le rendu est magnifique. Et ils peuvent vivre ainsi pendant des années. Plantez à 10-15 cm de profondeur.

Pour se coucher moins bête : en grec, « eu » signifie bien, et « kome ». chevelure. Donc une plante bien coiffée…

Allium flavum : la super mal peignée

Cet ail d’ornement ne passe pas inaperçu dans un jardin avec sa coiffure jaune en pétard. Dans la nature, il pousse en situation ensoleillée, en moyenne montagne (jusqu’à 1000 m d’altitude) et les garrigues du Midi. Haut de 30 à 40 cm, il fleurit en début d’été comme son cousin Allium pulchellum, aux fleurs lilas. 

Plantez-les à l’automne. Vous en trouverez aussi parfois en potées toutes prêts au printemps . N’hésitez pas alors à les transplanter en pleine terre. Parfait en rocaille ou dans tout massif ensoleillé et sol bien drainé. 

Des bulbes mal peignés
©Hana Richterova

L’astuce de Didier : vous pouvez faire sécher les tiges et les insérer dans des bouquets secs. Ou les laisser au jardin, car les inflorescences restent décoratives même fanées.

Pour se coucher moins bête : il se naturalise hyper bien !

D’autres fleurs mal peignées

Ail des vignes chevelu (Allium ‘Hair) : particulièrement remarquable dans le genre mal coiffé. « Cheveux » verts dressés sur la tête, cœur pourpre. H. 80 cm. Floraison mai.

‘Dready’ : encore pire que ‘Hair’. On dirait que cet ail d’ornement a mis les doigts dans une prise électrique ! 

Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais au rayon vivaces, les monardes ont aussi souvent des coiffures qui laissent souvent à désirer…

Des bulbes mal peignés
A. linéale 'Dready' ©Hana Richterova
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