Bruges la verte : entre Triennale d’art et « Jardin Rebelle »

Pour la quatrième fois, Bruges accueille dans son espace public la Triennale d’art contemporain, événement accompagné d’une grande exposition muséale « Jardin rebelle ». Cette édition fait la part belle aux préoccupations environnementales et renouvelle le regard sur cette jolie ville flamande. On pourra faire le parcours à pied ou en vélo, une balade entre parcs et canaux.

Bruges à l’heure de l’art contemporain

Comment préserver Bruges, ville protégée par l’UNESCO, en ces temps de tourisme galopant et de changement climatique ? C’est la question posée par la Triennale dont le thème en 2024 est « Spaces of possibility » (« Espaces du possible »).  La douzaine d’artistes et d’architectes invités ont répondu en aménageant, notamment, des coins oubliés de Bruges. Projets où on note une préoccupation de plus en plus écologique par leur message  ou le choix de leurs matériaux.

Côté musées, l’engagement se montre plus fort encore. La grande exposition « Rebel garden » (Jardin rebelle), déployée dans trois institutions différentes et à travers neuf thèmes, est une véritable tornade verte dans le monde feutré de la peinture ancienne. Cinquante artistes internationaux y confrontent leurs œuvres aux collections dénonçant l’urgence climatique ou la sixième extinction de masse avec force ou humour. 

Cinq d’entre elles nous ont particulièrement touchés. Nous vous les présentons ci-dessous.

Triennale de Bruges - Ivan Argote, Qui? ©Valérie Collet
Ivan Argote, Qui? ©Valérie Collet

Côté Triennale…

Grains of paradise par Sumayya Vally (Afrique du Sud)

Une dizaine d’embarcations flottent au pied du pont du Lac d’amour. Elles ont été semées de plantes et d’herbes colorées, notamment de poivre melegueta (Afromomum leguera). Une épice importée en masse du golfe de Guinée qui l’a surnommée « grain de paradis » pour sa saveur et ses vertus médicinales. L’artiste se réfère au commerce entre l’Afrique et l’Europe, notamment à Bruges aux XIVe et XVe siècles. Son œuvre jolie et positive sied à merveille à ce splendide panorama urbain.

Sumayya Vally, Grains of Paradise ©Valérie Collet
Sumayya Vally, Grains of Paradise ©Valérie Collet
Raamland (Terre de fenêtres) par Norell/Rodhe
Raamland (Terre de fenêtres) par Norell/Rodhe ©Valérie Collet

Raamland par Norell/Rodhe (Suède)

La petite place Sint-Obrechtsstraat se situe sur De Meers, ce grand marécage inconstructible qui jusqu’au XVIIe siècle était utilisé pour disposer les cadres de fenêtre servant à étendre les draps flamands. À l’aide de matériaux de seconde main, le cabinet d’architecte y a aménagé un jardin partagé, généreux en plantes et en légumes. Avec des bancs, un auvent contre la pluie et une table de pique-nique… Ce petit coin nommé Raamland (Terre de fenêtres) est accueillant et lumineux. On le verrait bien rester là pour toujours !

Common Thread par SO-IL (Triennale, États-Unis)

Cette œuvre intitulée “Fil commun” prend place dans un très joli jardin ayant appartenu aux frères Mineurs Capucins jusqu’en 2020, et qui ouvre ses portes au public pour la première fois. Elle consiste en une installation tubulaire et transparente tissée d’un maillage issu en grande partie de bouteilles en plastique recyclées. On peut y entrer et passer ainsi d’un quartier à un autre. Common Thread rayonne par ses motifs et sa légèreté. Il évoque la dentelle, spécialité brugeoise par excellence. 

Triennale de Bruges - Common Thread par SO-IL
Common Thread (Fil Commun) par SO-IL©Valérie Collet
Triennale de Bruges Sans Titre par Maartje Korstanje ©V.Collet
Sans Titre par Maartje Korstanje ©V.Collet

Côté musées…

Graine 564 par Tony Matelli (États-Unis), Sans titre par Maartje Korstanje (Pays-Bas) et Chardons par Caroline Coolen (Belgique)

Au musée de Groningue, dans la série des intrigants intrus, plusieurs artistes ont introduit au côté de peintures anciennes leurs petits brins de nature rebelles. Ici, une plante très réaliste (en réalité en bronze) semble pousser au pied d’une cimaise juste en face d’un précieux Memling. Là, de gros champignons (en carton) envahissent les murs, frôlant les tableaux, de la façon la plus naturelle. Ailleurs encore, d’épineux chardons en bronze rappellent à la Vierge le destin de son divin enfant quand ils n’entrent pas en confrontation avec quelque « délice » de Jérôme Bosch ou une très réaliste scène d’opération médicale… On adore !

Unearthed-Sunlight par Otobong Nkanga ©Valérie Collet
Unearthed-Sunlight par Otobong Nkanga ©Valérie Collet

Unearthed-Sunlight par Otobong Nkanga (Nigeria)

Cette grande et magnifique tapisserie, chatoyante et écarlate, évoque les grands incendies dus aux changements climatiques. Une vision à la fois belle et provocante qui honore le musée de l’ hôpital Saint-Jean et a son petit secret : une série de pots avec des (vraies) plantes accrochés à sa surface. Déterrée-Lumière du soleil (la traduction de son titre en français) montre la renaissance et la régénération qui suit un désastre écologique, la résilience de la nature à laquelle l’homme ferait bien de s’associer…

« Triennale de Bruges 2024 : Spaces of possibility », dans les rues de Bruges jusqu’au 1er septembre 2024.

« Rebel garden » dans les musées de Groningue, Gruuthuse et de l’hôpital Saint-Jean, à Bruges jusqu’au 1er septembre 2024.

Pour tous les renseignements : l’Office de tourisme de Bruges et l’Office de tourisme de Flandre. 

À noter aussi : BEAUFORT24, l’intéressante Triennale du Littoral à parcourir entre plages, villes et villages flamands en tram, vélo ou voiture (sur 67km, jusqu’au 3 novembre 2024).

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