Tribune : Pour des médias publics à la hauteur de l’urgence écologique

TRIBUNE Pour des médias publics à la hauteur de l’urgence écologique

Un collectif de journalistes, de scientifiques et d’organisations signataires de la charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique plaide, dans une tribune au « Monde », pour que l’écologie reste un sujet central sur les chaînes et les antennes publics. Hortus Focus est signataire et solidaire.

Pour des médias publics à la hauteur de l’urgence écologique

Face aux attaques subies par les programmes du service public dédiés à l’écologie, les signataires de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique ont souhaité se mobiliser via une tribune, pour rappeler l’importance de leur rôle. Les signatures sont ouvertes à toutes et tous : organisations, scientifiques et citoyen·nes même non-journalistes ! Nous vous tiendrons prochainement au courant du journal dans lequel elle sera diffusée. Pour cela, merci de prendre connaissance du texte ci-dessous et remplissez ce formulaire. 

 
Le texte : 
Pour des médias publics à la hauteur de l’urgence écologique

Nous, journalistes, scientifiques, organisations de la société civile et citoyens, sommes alarmés par la disparition annoncée, ou la modification importante, de plusieurs programmes-phares sur l’écologie dans le service public : Nowu, Vert de Rage, La Terre au Carré, Planète Bleu, C’est bientôt demain… Alors que le bouleversement climatique s’accentue et que l’eau potable vient à manquer, engendrant une foule de conséquences désastreuses pour le vivant et une aggravation des inégalités sociales, le rôle des médias, en particulier des médias de service public, est crucial. Il doit être défendu et renforcé. 

En septembre 2022, les services audiovisuels publics avaient annoncé un « tournant environnemental » bienvenu : des plans de formation ont été lancés, un « journal de la météo et du climat » a été créé sur France 2 et France 3, et des émissions et chroniques ont vu le jour sur Radio France. Mais aujourd’hui, cet intérêt semble avoir reflué.

Parmi les raisons invoquées pour justifier ces suppressions : la nécessité de faire des choix financiers. 

Fin 2023, la suppression du média sur l’environnement Nowu de France Télévisions, destiné aux 15-25 ans, a été justifiée par « le redéploiement des moyens sur la couverture des Jeux olympiques de 2024 ». Sur France Bleu, les trois heures hebdomadaires de l’émission Planète Bleu sont emportées par la refonte de la radio qui donnera la primeur à l’information locale et à la musique. À chaque fois, c’est l’écologie qui fait les frais des ajustements sur les antennes du service public.

Des arbitrages d’autant plus alarmants dans un contexte de projet de fusion de l’audiovisuel public, laissant craindre des restrictions budgétaires et des suppressions d’emplois. 

Du côté de France Inter, la modification de la quotidienne La Terre au Carré était expliquée par la volonté de rendre l’information « moins anxiogène ». La mobilisation du public de l’émission a limité l’ampleur des changements à venir, mais cet argument reste préoccupant. Pour éclairer le débat et permettre aux acteurs publics, aux entreprises et aux citoyens d’agir, il est pourtant essentiel de faire le lien entre les bouleversements en cours, leurs origines humaines et les solutions à notre portée. Le GIEC a d’ailleurs rappelé dans son dernier rapport le « rôle crucial » des médias. Alors que l’État a été condamné pour inaction climatique et qu’un certain nombre de textes adoptés marquent un recul environnemental, les rédactions doivent poursuivre leurs efforts pour mieux informer le public. 

Si les changements de grille sont habituels dans la vie des chaînes, le service public ne peut justifier un nouveau rétrécissement de l’espace médiatique alloué à l’effondrement en cours. Ce d’autant plus que nous partons de bien bas. Pourquoi mettre au régime une couverture encore trop maigre ? 

Nous rêvons d’un monde dans lequel l’écologie deviendrait le prisme au travers duquel la plupart des sujets seraient traités. Les émissions qui approfondissent la complexité à travers des reportages, des débats et une couverture des terrains de discorde sont également cruciaux. 

Et si nous saluons la multiplication des médias indépendants autour de l’écologie et des luttes sociales qui ont éclos ces dernières années, plus que jamais, nous avons besoin de médias publics qui créent les conditions d’un débat démocratique de qualité face à l’urgence écologique.

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