Nature, plantes et bien-être : la pâquerette et ses 1000 vertus

Pâquerettes
©micheile-henderson-unsplash

Cette petite fleur des prés, souvent négligée, recèle pourtant des trésors insoupçonnés pour notre santé et notre bien-être.

Elle tapisse nos prairies de mars à septembre et égaye de ses petits pétales blancs les chemins de campagne et les clairières. La pâquerette (Bellis perennis) est cette Astéracée commune que les amoureux effeuillent machinalement. Elle mérite pourtant qu’on s’y attarde. Derrière sa simplicité se cache une plante aux multiples facettes, à la fois symbole ancestral et véritable pharmacie naturelle.

Pâquerette
©tobias-rademacher-unsplash

De la vertu au rejet

Populaire au Moyen-Âge où elle symbolisait la Vierge Marie, la pâquerette était bien connue des médecins de la Renaissance. Ils l’utilisaient pour ses vertus dépuratives, diurétiques et expectorantes. Au XIXe siècle, on la recommandait contre la constipation.

Paradoxalement, dans les années 1970, les autorités allemandes la déclarent toxique. De ce fait, on va oublier cette plante, pourtant bénéfique.

Présente jusqu’à 2400 mètres d’altitude en Europe, en Afrique du Nord et en Asie occidentale, cette petite fleur résistante accompagne l’humanité depuis des siècles. Sa blancheur immaculée lui vaut d’être associée à la pureté et à l’innocence dès l’Antiquité. Elle était alors l’attribut de la déesse Artémis dans la mythologie grecque.

Des propriétés thérapeutiques remarquables

Loin d’être toxique, la pâquerette possède des propriétés médicinales impressionnantes. Elle lutte efficacement contre la toux grasse de la bronchite et adoucit la gorge lors des laryngites. Son action dépurative et diurétique facilite l’élimination. Elle est donc particulièrement utile en cas d’œdème et de douleurs rhumatismales.

Véritable baume pour la peau, elle attaque les furoncles et autres boutons infectieux grâce à son effet anti-inflammatoire et cicatrisant. Plus surprenant, elle possède des vertus apaisantes qui en font l’amie des grands stressés. Une propriété d’autant plus intéressante que le stress, responsable de nombreux maux digestifs et cutanés, trouve en elle un allié naturel.

Pâquerette
©drahomir-hugo-posteby-mach-unsplash

Applications thérapeutiques modernes

En herboristerie contemporaine, la pâquerette trouve sa place sous diverses formes. En huile ou en macérat, elle apaise contusions, courbatures et entorses. Son action raffermissante justifie son nom scientifique Bellis perennis. En effet, elle participe à l’entretien d’ une beauté pérenne par des massages réguliers.

En infusion, elle aide à vaincre les affections respiratoires, à éliminer les toxines et tonifie l’organisme pendant la convalescence. Une décoction appliquée sur le front peut même soulager la fièvre.

Tisane • Pâquerette
Salade • Pâquerette

En cuisine aussi !

En cuisine, la pâquerette révèle ses secrets. Riche en calcium, sa feuille croquante et sa fleur au goût subtil qui rappelle la carotte se marient aux salades composées. Elle peut enrichir soupes et purées, au bonheur de la flore intestinale.

Elle est très facile à utiliser. Fleurs et feuilles peuvent être consommées crues ou légèrement revenues dans l’huile, sur une simple tartine beurrée ou intégrées aux crudités.

Une plante bio-indicatrice

Au-delà de ses propriétés médicinales, la pâquerette joue un rôle d’indicateur environnemental. Sa présence témoigne de la bonne santé du sol et de la biodiversité. Sensible à la pollution et aux herbicides, sa disparition peut alerter sur une dégradation de l’environnement.

Une muse

La beauté simple et gracieuse de la pâquerette a inspiré de nombreux artistes à travers les siècles. On la retrouve dans les peintures de Botticelli, les poèmes de Ronsard et Brassens. Sa présence dans les œuvres d’art symbolise souvent la joie, la simplicité, l’amour et le retour aux sources.

Dans de nombreuses cultures, elle conserve sa dimension symbolique. En France, elle est associée à la fête de la Saint-Jean, où elle sert à confectionner couronnes et bouquets. D’autres pays la considèrent comme un porte-bonheur dans leurs rituels.

Pour une si petite fleur, que d’usages !

Pâquerettes en art

Recette du macérat huileux de pâquerette

Pour préparer ce macérat aux propriétés nourrissantes et raffermissantes, vous aurez besoin d’un pot en verre stérilisé à l’eau bouillante, d’huile d’olive ou d’huile de tournesol oléique (de préférence bio), peu chères et idéales pour leur capacité de conservation, en particulier l’huile d’olive qui est très stable dans le temps. Il vous faudra également des capitules de pâquerette en quantité suffisante pour remplir votre pot au moins aux deux tiers.

La cueillette

Commencez par cueillir des capitules de pâquerettes par temps sec et ensoleillé. Laissez-les ensuite quelques heures sur un linge propre dans une pièce aérée, afin de laisser s’évaporer l’excédent d’humidité. En principe, il est toujours conseillé de faire sécher les plantes avant d’en faire un macérat huileux, cependant, certaines perdent vite leurs propriétés une fois sèches, comme la pâquerette.

Remplissez votre pot en verre aux deux tiers ou aux trois quarts avec les capitules pour obtenir un mélange bien concentré. Complétez avec l’huile choisie, en prenant soin de bien recouvrir les capitules pour éviter le développement de toute moisissure.

Fermez le pot, mais pas de façon hermétique, pour que l’huile puisse « respirer » et pour laisser sortir le peu d’humidité restante. Vous pouvez pour cela utiliser une gaze et un élastique.

La macération

Laissez macérer à la lumière, mais jamais directement au soleil, durant un mois, en vérifiant de temps à autre que le niveau d’huile n’ait pas baissé. Si l’huile ne recouvre pas totalement la plante, rajoutez-en. Au terme d’un mois, filtrez le mélange en pressant bien les fleurs pour récupérer toute l’huile.

Si la préparation ne vous semble pas avoir d’apparence ni d’odeur étrange, vous pouvez alors l’étiqueter et la conserver à l’abri de la lumière. La durée de conservation est d’environ un an, voire plus, tant que votre macérat n’a pas changé d’aspect.

De manière générale, si vous utilisez en majorité une huile autre que celle d’olive ou de tournesol pour composer votre macérat, vous devrez y ajouter de la vitamine E pour éviter l’oxydation. En moyenne, il est conseillé d’ajouter 0,2 g de vitamine E pour 100 ml de macérat huileux.

Inscrivez-vous
pour recevoir [Brin d'info]

dans votre boîte de réception,
chaque semaine.

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Pâquerettes
30 Shares
Share via
Copy link