Les plantes sont depuis toujours à la base des traitements médicaux. Et ceci reste vrai encore aujourd’hui. Les travaux des ethnopharmacologues ont mis en relief l’utilisation des plantes médicinales pour l’extraction de principes actifs par l’industrie pharmaceutique. C’est cette industrie qui a permis de stabiliser et d’affiner les dosages. Les plantes à l’état naturel ne contiennent pas toujours les mêmes quantités de principes actifs. Cela en rend l’usage utile, mais il doit être prudent.
La phytothérapie
Le terme de phytothérapie provient du grec phyton (“plante”) et therapeia (“traitement”). Elle se définit donc comme l’utilisation des plantes pour soigner les maladies ou entretenir la bonne santé. C’est une science très ancienne qui n’est pas le propre de l’espèce humaine. De nombreuses espèces animales – des insectes aux chimpanzés – savent choisir dans leur habitat les plantes utiles pour corriger des carences alimentaires ou soigner certaines maladies.
L’Antiquité
Le premier ouvrage consacré aux plantes médicinales est un papyrus égyptien qu’on date de 1500 av. J.-C. Il fait l’inventaire de plusieurs centaines de plantes. Les médecins de l’Antiquité constituent peu à peu un recueil de remèdes fondés sur l’usage des plantes. De materia medica (« Sur la matière médicale ») est le premier livre qui recense environ 600 plantes. Il est écrit par le médecin grec Dioscoride, au Ier siècle après J.-C. Traduit en plusieurs langues, il exerce une influence majeure sur la médecine occidentale.
Le Moyen-Âge
Les moines utilisaient des extraits de plantes comme le pavot ou le chanvre indien pour lutter contre la douleur dès cette époque. Par ailleurs, on appelait sorcières les femmes qui avaient des connaissances botaniques. Elles savaient utiliser les plantes médicinales pour guérir ou bien aussi pour tuer. Elles exerçaient également le métier de sages-femmes. C’est également à cette époque qu’Hildegarde von Bingen (1098-1179), religieuse et femme de lettres, est considérée comme la première naturaliste d’Allemagne. Autrice d’ouvrages de médecine inspirée des savoirs vernaculaires et des connaissances sur les plantes, elle produit une description très précise de plantes et d’animaux, toujours dans une visée thérapeutique. Elle a aussi une vraie passion pour l’alimentation et son lien avec la santé. On la considère comme la première femme médecin.
L’herboristerie s’imprime
Au XVe siècle, les pratiques médicinales transmises oralement jusque là, rencontrent l’imprimerie et la possibilité de diffusion. Les herbiers imprimés entrent dans les bibliothèques des lettrés et permettent aux médecins d’acquérir du savoir.
De nouvelles espèces et variétés intègrent la pharmacopée européenne via les grandes routes du commerce. Au XVIIIe siècle, près de 70% des plantes médicinales qu’on trouve chez les apothicaires sont importées.
Comment utiliser les plantes à bon escient
Si vous n’êtes pas naturopathe, prenez le temps de bien vous informer avant de prendre soin de votre santé avec les plantes. Un naturopathe évalue votre santé globale, vos antécédents médicaux, votre style de vie et vos préoccupations avant de vous conseiller. En revanche, se garder en bonne santé grâce aux plantes est à la portée de tous. Commencez par choisir des végétaux cultivés dans votre jardin ou en bio.
Des formes galéniques (présentation pharmaceutique des médicaments) différentes permettent de profiter des bienfaits des plantes médicinales : solide, liquide, en poudre… Elles influent sur les effets de la plante sur votre organisme.
Quelles sont les principales formes galéniques?
- les distillations à la vapeur d’eau : ce sont les hydrolats, les huiles essentielles, les alcoolats (des préparations officinales composées d’alcool et de principes aromatiques),
- les extractions : ce sont les teintures mères, les tisanes et décoctions, les extraits aqueux ou hydroalcooliques,
- les formes naturelles : les sucs de plantes fraîches, les poudres, le cryobroyage d’une plante fraîche,
- les sirops : à base de sucre, de miel ou d’agar-agar,
- les macérations huileuses : baumes, crèmes huiles,
- les fumigations,
- les cataplasmes et compresses.
Les tisanes
Ce sont les préparations les plus traditionnelles. Les principes actifs des plantes se dissolvent dans l’eau. L’action de la chaleur favorise l’extraction des huiles essentielles contenues dans la plante. Elles se conservent un à trois jours au réfrigérateur et peuvent donc vous suivre dans votre gourde toute la journée.
Pour faire une bonne tisane
Utilisez de l’eau filtrée de préférence. Si vous le pouvez, faites-la au dernier moment. Si vous devez la sucrer, choisissez le miel plutôt que le sucre. Respectez les quantités indiquées, car certaines plantes produisent un effet très différent en fonction de la concentration.
Lorsque vous utilisez des plantes fraîches, sachez que la règle est qu’il en faut 3 fois plus que de plantes sèches et qu’il faut doubler le temps d’infusion. En général, il est recommandé trois tasses par jour pour que l’effet soit réel, et pendant 3 semaines. On conseille un arrêt d’une semaine entre chaque cure.
Si la tisane ne doit pas être bue, mais déposée sur une compresse, faites-la plus concentrée.
Les mélanges de plantes permettent le plaisir des saveurs et apportent des effets thérapeutiques variés.
3 formes
Une tisane peut être une infusion, une décoction ou une macération.
I/ Infusion
L’infusion est particulièrement adaptée aux parties tendres des plantes et à celles qui contiennent les huiles essentielles (aromatiques) ou certains fruits.
L’idéal est d’avoir une tisanière ou une théière avec un couvercle. Renoncez à la boule à thé, les plantes y sont trop serrées. Un mug classique fait 250 ml et on compte 1 cuillerée à soupe de plante sèche sur laquelle on verse de l’eau frémissante (pour les fleurs) ou bouillante (pour les feuilles ou les fruits). On laisse infuser à couvert de 5 à 20 min en fonction de la plante. On filtre et on boit.
II/ Décoction
La décoction est recommandée pour les écorces, les racines, les tiges ou les graines, toutes les parties dures.
Une décoction démarre dans l’eau froide. Les parties des plantes chauffent en même temps que l’eau, bouillent pendant 2 ou 3 min et jusqu’à 10 min pour les racines ou les écorces. Puis, retirez la casserole du feu et laissez infuser à couvert 5 à 10 min. Filtrez et buvez.
III/ Macération
La macération est réservée aux principes actifs qui ne supportent pas la chaleur, comme le cynorhodon dont la vitamine C est altérée ou la racine de guimauve. Les plantes riches en tanins sont moins âpres en macération.
Pour une bonne macération, couvrez les plantes d’eau froide dans un bocal opaque et fermé. Selon les plantes, la durée varie de 30 min à 24 heures. Jamais plus ! Filtrez au terme du temps indiqué et buvez.
Les autres formes galéniques
Les teintures mères ou extraits hydroalcooliques se trouvent en pharmacie et sur internet. Elles sont difficiles à réaliser chez soi. La posologie varie généralement de 20 à 30 gouttes, une à trois fois par jour. On accompagne la prise d’un grand verre d’eau.
Les suspensions intégrales de plantes fraîches (SIPF) sont le plus souvent bio, mais pas si faciles à trouver et beaucoup plus chères que les autres formes.
Les extraits fluides ou les poudres, gélules et comprimés sont plus simples à trouver.
Les huiles essentielles et hydrolats aromatiques sont à utiliser avec précaution, car ils contiennent des principes actifs très concentrés. Ils peuvent déclencher des allergies chez certaines personnes. Prenez conseil.
Enfin la gemmothérapie est un macérâts glycérinés de bourgeons. La posologie est à affiner avec le prescripteur en fonction de l’âge du patient et du type se macérât.
Tous ces produits sont disponibles en pharmacie, en herboristerie, dans les enseignes bio et sur le web.
Gardez-vous en bonne santé !







