Le rutabaga (Brassica napus Napobrassica) n’a pas toujours bonne réputation. Même s’il fait partie des légumes anciens revenus au goût du jour, il n’a pas encore la cote retrouvée par ses copains panais ou topinambour.
Espèce de gros navet, va !
En suédois, il s’appelle « rottabaggar ». Sans doute qu’on l’a appelé rutabaga parce qu’on ne savait comment le nommer autrement. Il faut dire qu’on ne sait même pas qui il est vraiment. À priori, et selon les dernières certitudes en date des botanistes, il serait né d’un croisement de navet et de chou frisé. Pour le chou frisé, pas facile de trouver une ressemblance, mais pour le navet oui. Les racines sont plus allongées et présentent différentes couleurs.
Mais pourquoi tant de haine ?
Lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands en ont mangé et remangé au point d’en être totalement dégoûtés… Pendant la Seconde Guerre mondiale, renversement de situation, le rutabaga était avec le topinambour un des rares légumes laissés aux Français par les Allemands qui préféraient les Kartoffeln. Jusqu’alors, ce légume racine était réservé en France à l’alimentation du bétail… Je peux les comprendre, moi aussi, je préfère de loin les Kartoffeln qui ont une grande qualité : elles ne font pas péter, contrairement aux rutabagas et aux topinambours. Enfin, si l’expérience vous tente, ajoutez quelques rutabagas et topinambours aux autres légumes d’un pot-au-feu, et racontez-nous…

Le rutabaga chez les autres…
En Écosse, le haggis (panse de brebis farcie) est souvent servi avec une purée de rutabagas (double délice…). C’est aussi le pays où certaines familles croyaient que placer un rutabaga sous l’oreiller pouvait éloigner les cauchemars.
Au Québec, il était appelé chou de Siam, allez savoir pourquoi.
Le Jour du rutabaga en Suède
Chaque 27 août a lieu le « Jour du rutabaga », ce qui prouve à quel point le légume est populaire en Suède. Il est souvent cuisiné en « rotmos » (purée de rutabagas et de pommes de terre), mais aussi en soupe et en gratins.


