Les “Kleingärten”, une institution allemande

 

Créés à Leipzig dans la seconde moitié du XIXe siècle dans un but d’améliorer la santé publique, les Schrebergärten ont essaimé et se sont répandus dans toute l’Allemagne, devenant une institution patrimoniale.

En Allemagne, dans les grandes villes, il n’est pas rare de voir des espaces appelés Kleingärten ou Schrebergärten. Quand on y pénètre, on découvre une place autour de laquelle se trouvent des petits jardins collés les uns aux autres et au milieu desquels serpentent de petits chemins.

Pour un Français qui voit cela pour la première fois, l’analogie avec nos jardins ouvriers se fait rapidement. Oui, mais voilà, si l’on creuse un peu on se rend compte que le phénomène est d’une autre dimension. Les chiffres donnent le tournis : il existe 1 million de Kleingärten sur l’ensemble du territoire allemand pour une surface globale dépassant  46 000 hectares.

Cette institution à même un musée, le Deutsches Kleingärtnermuseum, situé à Leipzig, ville où sont nés ces jardins.

 

À l’aube de la Révolution industrielle

Historiquement, on en attribue la paternité aux travaux du Dr Daniel Gottlob Moritz Schreber… que le jardinage n’intéressait absolument pas ! Il étudiait la santé des enfants et les conséquences sociales de l’urbanisation à l’aube de la Révolution industrielle.

Créé par le Dr Ernst Innocenz Hauschild (gendre du Dr Schreber), le Schrebergarten est à l’origine une aire de jeux pour les enfants défavorisés qui manquaient d’espace dans les quartiers populaires du Leipzig du XIXe siècle.

Par la suite, pour enrayer la malnutrition, il ajouta autour de cet espace de jeux des parcelles dans lesquelles les enfants cultivaient des légumes. Progressivement, les parents prirent la place des enfants dans les jardins, les clôturèrent et les structurèrent. Ce fut la naissance des Kleingärten tels que nous les connaissons aujourd’hui.

 

Kleingarten, Leipzig ©Fabrice Chollet

Rejoindre une communauté

Un Kleingarten ne s’achète pas, il se loue. Faire son entrée dans un Kleingärtnerverein, c’est intégrer une communauté, adhérer à l’association qui gère le lieu et se soumettre à son règlement, car on y fait pas ce que l’on veut.

Les parcelles font en moyenne 370 m². Un certain pourcentage de la parcelle doit obligatoirement être consacré à la culture vivrière. On peut y construire un cabanon afin d’y ranger son matériel, y recevoir les amis ou la famille, mais en aucun cas ce cabanon ne peut devenir une habitation.

On attend du locataire d’un Kleingarten qu’il participe à la vie de la communauté, à l’entraide générale, et qu’il entretienne son jardin à la perfection.

Quand on visite ces jardins, il est impossible de ne pas remarquer le soin que chacun apporte à son petit paradis. Tout est fait pour que la vie s’y déroule le plus agréablement possible au contact de la nature. Visiter un ensemble de Kleingärten, c’est toucher du doigt la “Gemütlichkeit”, valeur allemande n’ayant pas de traduction française, mais qui se situe à la frontière du confort, de la tranquillité et de la convivialité… Un art de vivre !

 

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