À Arras, Floralpina a besoin de vous !

 

Ce jardin est une pépite ! Ne manquez pas l’occasion de le découvrir dimanche 19 novembre lors de Portes ouvertes exceptionnelles. Pendant une soixantaine d’années, Jean-Michel Spas a constitué à Arras un des plus riches jardins botaniques privés au nord de Paris. Et une spécialité : les plantes alpines. Depuis 2012, des passionnés regroupés dans une association ont pris la relève. Parmi eux, Aurélien Davroux.

Hortus Focus. Qui était Jean-Michel Spas, le créateur de Floralpina ?

Aurélien Davroux

Aurélien Davroux

Aurélien Davroux. Il était pharmacien à Arras et passionné de botanique. En 1953, il a acheté ce jardin de 5000 m2 en plein cœur d’Arras. La surface lui a permis de laisser libre cours à sa passion pour les plantes alpines. Il a été président de la Société des Amateurs de Jardins Alpins. Jean-Michel a beaucoup herborisé et mis en culture. À sa grande époque, Floralpina comptait 4200 espèces et variétés différentes ! Il a reconstitué à Arras de nombreux milieux naturels (rocaille méditerranéenne, sous-bois en pentes, tourbières…) cohabitant avec des espaces plus horticoles. 

Il s’est occupé du jardin jusqu’à la fin de sa vie ?

Jean-Michel nous a quittés cette année, en avril, à 93 ans. Bien sûr, depuis plusieurs années, il ne pouvait plus s’y consacrer comme dans le passé. Ses enfants très attachés au jardin et à la conservation de ce patrimoine ont donc décidé, en 2012, de créer l’association Ajaboflora (les Amis du jardin botanique Floralpina d’Arras) qui emploie deux jardiniers et compte une cinquantaine d’adhérents. 

 

Est-ce que la préservation de ce patrimoine végétal est difficile ?

Jean-Michel Spas, le créateur de Floralpina

Oui, ce n’est pas une mince affaire ! Jean-Michel avait une connaissance extrêmement fine des plantes alpines. On a beau s’y connaitre, c’est compliqué de gérer les collections. L’association compte 50 adhérents et s’appuie sur le travail des deux jardiniers employés par la famille. Les jardiniers travaillent bien, mais ils ne sont pas botanistes, nous les guidons, mais nous avons nos propres limites. Nous nous efforçons de renouveler les massifs en gardant l’esprit original du jardin. 

 

Vous êtes tout jeune, 28 ans. Pourquoi vous êtes-vous engagé dans cette aventure associative ?

Je suis natif d’Arras. Quand j’étais petit, mes parents m’ont fait découvrir ce jardin. Puis je suis parti faire mes études d’ingénieur horticole à Angers. Début 2014, je suis revenu m’installer à Arras, où j’ai mon bureau d’études (ndlr : Phyta Conseil) et le président de l’association m’a proposé de rejoindre Ajaboflora. J’y consacre désormais plusieurs jours par mois, notamment pour organiser avec les autres adhérents plusieurs portes ouvertes dans l’année. 

Le 19 novembre prochain sera une journée exceptionnelle pour Floralpina…

Oui, nous ouvrons le jardin et allons démarrer la plantation d’un nouveau massif qui reproduira une forêt d’altitude. On y trouvera des espèces inféodées aux forêts d’altitude françaises et du monde (angélique des bois, menthe sylvestre…). Jean-Michel Spas et Jean-Pierre Hennebelle étaient de très grands amis et nous avons donc invité Jean-Loup et Nicolas Hennebelle à venir planter un heptacodium, acheté avec les dons faits par les visiteurs du jardin.  

Qu’est devenue la collection de saxifrages de Floralpina ?

C’est une triste histoire. Le jardin possédait en effet la collection nationale de Saxifragacées. Au début des années 2000, un incendie a détruit une partie de la maison familiale ainsi que la serre attenante qui hébergeait cette collection. Les plantes qui ont survécu ont été confiées au Jardin botanique Jean-Marie Pelt de Nancy.

Pourquoi lancez-vous un appel à mécénat ?

Actuellement, les jardiniers sont payés par la famille. Nous aimerions pouvoir pérenniser ces deux emplois, mais également sécuriser le jardin pour pouvoir encore mieux accueillir les visiteurs. Nous souhaiterions pouvoir organiser plus souvent des évènements pour mieux faire connaitre Floralpina.

Pourquoi avoir choisi… une pivoine comme emblème de l’association ?

Tout simplement, car Floralpina héberge une pivoine rockii aux incroyables dimensions : 2 m de haut sur 3 m de large !

 

 

On peut aussi voir dans le jardin quelques très beaux arbres…

saule blanc

Saule blanc

Oui. Notamment un Sequoiadendron semé en 1950 et qui mesure environ 35 m de haut ; un cèdre du Liban (Cedrus libani) ; un beau tulipier de Virginie (Liriodendron tulipiferum) ; deux arbres à miel (Euodia ou Tetradium daniellii). Et mon préféré, un saule blanc (Salix alba) dont l’âge est estimé à 370 ans ce qui en fait un des plus vieux arbres d’Arras.

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur Floralpina (59, avenue du mémorial des Fusillés, 62 000 Arras, tél : 06 63 93 19 47). C’est PAR ICI ! 

 

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