Le Domaine Albizia se compose de 11 jardins (le douzième est en route !). On y trouve notamment une gigantesque mixed border, une jungle, une roseraie, des vagues de graminées, un espace méditerranéen, un labyrinthe tout de charmille vêtu… et aussi un jardin d’inspiration asiatique où il fait bon se poser.

Hortus Focus. Pourquoi avoir façonné un jardin japonais de 800 m2 en plein bocage normand ?

Frédéric Tinard, concepteur et propriétaire des jardins. J’avais envie de profiter de la source naturelle qui coule au fond de cette parcelle et de travailler l’intégration de plantes à un univers minéral. Et puis, tout simplement, je voulais créer un jardin apaisant, protégé, serein. 

Tu l’as imaginé comme une bulle ?

C’est tout à fait cela. Le terrain étant plat, j’ai eu l’idée d’un cercle presque fermé, dessiné par un talus sur lequel poussent des bambous (Phyllostachys) et du chèvrefeuille taillé en nuage. Ils forment aujourd’hui comme une ceinture verte et laissent voir très peu de choses du jardin. 

 

©Isabelle Morand

 

Le bassin occupe le centre du jardin. Comment a-t-il été fabriqué ?

Ce n’est pas vraiment un bassin, il est peu profond, 80 cm environ, bordé de traverses de chemin de fer où les grenouilles adorent prendre le soleil. C’est un miroir d’eau où les plantes se reflètent. On peut passer des heures à contempler l’image en miroir du feuillage des cornouillers, des cerisiers du Japon ou des thalias (Thalia dealbata) à la jolie floraison bleue. 

C’est un des rares endroits des jardins où ne marche pas dans l’herbe !

Oui, partout ailleurs ou presque, on circule les pieds sur la pelouse. Là, je voulais un cheminement minéral et le petit bruit qui accompagne les pas sur le gravier blanc. 

Toutes les plantations sont d’origine ?

Oui, quand je fais un jardin, je ne travaille pas par petits morceaux. Tout ou presque a été planté voilà sept ans. Les cornouillers, par exemple, ont été plantés tout petit en pots de 2 L. Ils faisaient alors environ 60 cm. En 7 ans, ils ont pris une ampleur magnifique grâce à la terre humide de notre bocage.  

As-tu beaucoup travaillé sur les floraisons ?

 Il y a onze autres jardins au Domaine Albizia, mais c’est celui-ci qui m’a vraiment permis d’étudier et de mettre en place l’échelonnement des floraisons. Cela m’a bien aidé quand il s’est agi de donner vie un peu plus tard à la plus grande perspective du jardin, bordée d’arbustes et de vivaces. Dans le jardin japonais, les floraisons démarrent mi-mars avec les cerisiers du Japon, se poursuivent avec le Magnolia stellata, les rhododendrons fuchsia tirant vers le bleu. Les hydrangéas paniculata “Phantom” accompagnent l’été avec leur floraison verte qui vire au blanc puis au rose en octobre. 

©Isabelle Morand

Et côté feuillages ?

La palette est beaucoup plus large. J’ai utilisé des érables du Japon dont le feuillage pourpre contraste parfaitement avec le gravier blanc. J’ai planté et taillé en boule des osmanthes à feuilles de houx (Osmanthus heterophyllus) qui restent bien sains contrairement aux buis que je vais être contraint de faire disparaître des jardins. Il y a aussi des chamaecyparis, des cryptomerias, des pins mugo, un robinier tortueux ‘Twisty Baby’, deux variétés de bambous, des éléagnus, un saule crevette (Salix ‘Hakuro Nishiki’) quelques fougères vers le bassin pour évoquer la fraîcheur… 

 

 

Pas trop contraignant l’entretien de ce jardin ?

Pas vraiment, mais il fait y intervenir régulièrement notamment pour tailler et maintenir les formes. Je m’y attelle dès le mois de février. Les plus exigeants sont les éléagnus qu’il faut tailler 3 à 4 fois par an. Au bout de 7 ans, la taille de transparence commence aussi à être une nécessité notamment sur les prunus qui, en s’étoffant, bloquent les vues. Mais ce qui prend le plus de temps, c’est le soufflage. En saison, il faut passer le souffleur deux à trois fois par semaine. Au printemps, quand les fleurs des cerisiers tombent, on peut être amené à le passer presque quotidiennement.

Cet hiver, tu es en train de réaliser un nouveau jardin. Un travail de Titan parait-il !

On pourra s’y promener dès cette année. Il se trouve dans le prolongement du jardin aux jeux d’eau. C’est un projet un peu dingue… Allez, quelques chiffres et je vous laisse imaginer le boulot : 300 tonnes d’enrochements, création de 3 terrasses, 2300 m3 de copeaux ; un lit de copeaux dans lequel ont été installées 5000 plantes parmi lesquelles 2000 bruyères blanches, 1200 muehlenbeckias, des espèces rares et étonnantes de magnolia ou de cornouillers. Sur la terrasse du haut seront installées 6 forêts d’érables du Japon dans de gros bacs de chêne customisés sur tous leurs côtés façon malles de voyage (donc le nom de ce jardin “Décimale”) par la peintre en décors, Elsa Delaunay. Les deux autres terrasses accueilleront chacune un artiste pour la saison. 

Plus d’infos sur le Domaine Albizia (La Vitardière, 14240 Livry), c’est PAR ICI !

 

"Lien

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