Tout a commencé après la millième relecture du livre de Paul Whittaker “Bambous rustiques, apprivoiser le dragon” (éd. Ulmer). Je le connais par cœur ce livre, les pages sont usées ; mais ce jour-là, une phrase reste dans mon esprit : “Phyllostachys f. ‘Mixta’ n’a, à ma connaissance, pas été introduit en Occident. Mais, à en juger par son apparence, il mériterait une mission botanique en Chine pour pouvoir être importé”. Nous sommes donc partis en expédition en Chine pour voir les bambous, tous les bambous, et pour trouver ce fameux ‘Mixta’ et le rapporter en France…

Mais en Chine, rien n’est simple. Au jardin d’état de bambous d’Anji ( chargé de la collection nationale de bambous chinois), nous avons pu nous promener dans un bosquet de Phyllostachys bambusoides ‘Mixta’ dès le premier voyage. Mais il nous aura fallu de nombreuses heures de négociations lors d’un second voyage pour espérer voir arriver, en France, notre premier pied de ce bambou tant espéré. Tous les possesseurs sollicités nous affirmaient qu’il s’agissait d’un bambou très difficile à diviser. Aucun ne voulait faire une division. Ce 18 avril 2012, il est finalement arrivé dans un petit colis en carton accompagné d’une grosse liasse de documents administratifs, mettant un terme à 3 ans de quête.

Tout ça pour un bambou, me direz-vous !

Cette quête a sans doute altéré ma capacité à pouvoir le juger, mais il faut admettre qu’il possède des atouts extraordinaires : les jeunes chaumes sont verts avec le sulcus jaune vif. Avec le temps des tâches noires apparaissent, plus ou moins rapidement, sur le chaume mais pas sur le sulcus, ce qui finit par donner des cannes noires avec un sulcus jaune vif. Etant originaire, comme le Phyllostachys bambusoides ‘Lacrima deae’, des rives de la rivière Dan He, précisément à proximité de la ville de Changzhi, dans la province de Shanxi, tout laissait à penser qu’il saurait s’adapter à notre climat.

Pendant notre deuxième voyage, nous avons pu l’observer dans une zone difficile d’accès et ultra polluée. Nous avons fini par obtenir l’accord du gouvernement local pour réaliser une centaine de prélèvements. Depuis, le bambou a aussi été multiplié en Chine et des plants sont désormais disponibles !

Les bosquets vus en Chine  ne dépassent pas les 6-7 mètres et le diamètre maximum que nous avons pu voir est de 3 cm.

Je me souviens bien qu’à l’époque nous pensions qu’il s’agissait d’un bambou moyen. Hors, depuis qu’il est arrivé chez nous, en Auvergne, son évolution super rapide le classerait plutôt parmi les géants. Il ne reste plus qu’à savoir quelles proportions il va atteindre.

Stéphane et Anne Alzaix se sont installés en Auvergne et se sont spécialisés dans la production de bambous. Leur site de vente : Newfi/fr. Leur boutique dans le Puy-de-Dôme propose à la vente d’autres bambous (de collection). Rendez-leur visite à Vendègre, Bois des Termes, 63350 Luzillat. Tel. : 06 34 68 18 65.

Phyllostachys bambousoides 'Mixta'

 

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