Un premier rendez-vous amoureux ? Un entretien professionnel ? Un job en open space ? Mieux vaut éviter le velouté de topinambours même s’il est top tendance, la tarte aux oignons ou aux échalotes (à chacun son péché mignon), ou un gratin de chou-fleur de derrière les fourneaux. Dans notre intestin, les légumes fermentent avec le résultat qu’on connaît tous ! Naturel, mais parfois très gênant.

©bergamont

Le coup du topinambour

Qui a déjà mitonné un potage 100% topinambour connaît parfaitement les effets nocturnes liés à la digestion et à la fermentation de ce légume racine… Les tubercules de topinambour contiennent de l’inuline, un sucre non digestible par les enzymes de l’intestin. Cette inuline atterrit donc directement dans le colon ; sa métabolisation par la flore intestinale provoque la libération de méthane, de dioxyde de carbone, d’hydrogène… Pas besoin de vous faire un dessin, hein ? La consommation de topinambours est conseillée aux constipés chroniques (tu m’étonnes…), mais aussi aux   diabétiques, car l’inuline, fibre alimentaire soluble, n’a aucune influence sur la glycémie. 

Bon à savoir : on trouve cette inuline aussi dans l’artichaut. Évitez de mettre le topinambour ET l’artichaut au même menu… 

Astuce pour limiter les risques : faire cuire vos topinambours dans une première eau, videz et finissez la cuisson dans une seconde eau. 

©karaidel

Tchoux-tchoux….

Qu’ils se nomment brocolis ou chou-fleur, qu’ils soient de Bruxelles ou d’ailleurs, qu’ils soient de n’importe quelle couleur, les choux c’est chelou ! Une soupe au chou (oui, comme dans le film !), une choucroute, un gratin de chou-fleur, peu importe votre façon de les manger, ça se terminera pareil  : ballonnements et flatulences (bien pratiques pour se faire de la place dans les transports en commun, on l’oublie trop souvent). Mais pourquoi tant de production gazeuse ? Là, l’inuline n’a aucune responsabilité. C’est le raffinose qui est coupable ! Pour faire simple, c’est un oligoside (si vous ne savez pas ce que c’est, franchement, on s’en fiche, c’est le résultat qui compte) qui n’est pas digestible, ni par l’estomac ni par l’intestin grêle. En revanche, les bactéries présentes dans le gros intestin vont lui faire sa fête. D’où une production d’hydrogène, de méthane et de dioxyde de carbone. Blablabla, vous connaissez la suite….

Bon à savoir : le cochon, le lapin n’ont, comme nous, qu’un estomac. Si vous leur donnez du chou, ils sauront vous le rendre… 

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La scorsonère, chaud derrière !

Et le salsifis aussi. Ces deux racines sont souvent confondues. Pour ne plus vous tromper, sachez que la peau du salsifis est blanche, celle de la scorsonère noire. En dehors de la couleur de leur peau, leur consommation provoque le même tintamarre à l’intérieur et l’extérieur. La fautive, c’est l’inuline (lire le paragraphe consacré aux topinambours et à ce sucre aux pouvoirs détonants !). Des études sont en cours pour confirmer l’hypothèse selon laquelle l’inuline pourrait avoir un rôle protecteur contre certains cancers. Ça m’arrange pas trop, j’aime ni les salsifis ni les scorsonères…

Bon à savoir : le salsifis bouilli (beurk…) apporte tout plein de vitamines (B1, B2, B5, B6, C), du cuivre, du fer, du magnésium, du manganèse, du phosphore et du potassium. Allez, on arrête d’avoir envie de vomir, une bouchée pour papa, une bouchée pour maman…

©levkr

Avec l’oignon, pets à foison !

Là, on tient un champion, car il ne peut pas s’empêcher de faire son malin en cumulant le bruit ET l’odeur (on ne parle même pas des torrents de larmes versées en le déshabillant de sa pelure ni de l’haleine de chameau laissée en héritage après ingestion). Sucres difficilement digestibles et composés soufrés (Diéthylsulfide, éthanethiol), voilà ce qui nous descend dans le ventre et provoque un gros bazar tonitruant et odorant au moment de la fermentation et de l’évacuation.

Bon à savoir : pas la peine d’essayer du ruser en adoptant l’échalote, elle est tout aussi sournoise que l’oignon.

Dans un chapitre à venir, nous nous pencherons très sérieusement sur une bande d’autres malfaisants : les haricots, les radis, et légumes crus (des vrais fourbes, ceux-là !)

 

 

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5 Réponses

    • Isabelle Morand

      Hello Catherine, j’ai prévu un second papier sur les autres malfaisants ! Bonne journée

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    • jaouen

      bonjour
      pour coller au sujet je viens vous rajouter la poire de terre ou yacon ,tubercule cousin du topinambour et particulièrement efficace dans la prouterie intensive ! j en ai récolté 200 kilos l an dernier(maraicher-permaculteur près de st brieuc)
      selon certains articles liés à la santé ,une personne en bonne santé au niveau de l appareil digestif flatule une quinzaine de fois par jour en moyenne
      le pet c est naturel ,c est la vie.

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      • Isabelle Morand

        Bien sur, c’est naturel ! Je note pour le yakon…. Merci beaucoup pour votre message. Bonne journée

  1. Patrick L.

    Me voilà instruit sur les fautifs responsables du “tonnerre dans mon cucul” comme le disait si joliment ma nièce alors qu’elle avait 5 ans !
    Le style enjoué de ta prose Isabelle m’a franchement bien fait rire et j’ai passé un bon moment. Merci !

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