Si, vous la connaissez cette plante ! Vous l’avez vu chez votre mère ou votre grand-mère, au pied des autels dans les églises ou chez le boucher. Mais savez-vous que l’Aspidistra elatior, plante vivace bien rustique, peut aussi se planter dehors et cela, vous l’ignorez peut-être ! 

Hortus Focus. Pour la surnomme-t-on la plante du boucher ?

Aurore Ducreux (Pépinière de la Roche Saint-Louis) : quand on pose cette question, on obtient généralement deux réponses ! La première : Aspidistra elatior était souvent la seule plante dans la vitrine de nombreux commerces, notamment chez les charcutiers et les bouchers, en raison du peu d’entretien nécessaire et de la persistance de ses belles feuilles vertes, lancéolées, à longueur d’année. La seconde : les bouchers, dit-on, lui donnaient comme engrais le sang qui restait sur leur planche à découper. Tout le monde pensait alors que cette plante ne pouvait pas vivre en extérieur.

Pourquoi la planter à l’extérieur, en jardin ou en pot ?

Parce qu’elle est faite pour ça ! On a mis des années à comprendre qu’il s’agit d’une plante rhizomateuse rustique, comme le gingembre. Elle résiste au froid jusqu’à – 15°C, on peut donc la cultiver à peu près partout. Attention, tous les Aspidistra ne sont pas rustiques, mais A. eliator, oui !

Quels sont ses besoins ?

Elle doit être plantée à ombre ou mi-ombre, dans une situation de sous-bois, en compagnie d’hostas, de fougères. Elle est bien plus belle en situation d’ombre fraîche que d’ombre sèche. Il lui faut une bonne terre de jardin et un sol bien drainé. C’est indispensable, si l’eau stagne autour d’elle, si son rhizome se gorge d’eau, elle mourra. 

Pousse-t-elle vite ?

Qui va doucement, va sûrement ! Elle va produire entre 5 et 6 nouvelles feuilles par an. Donc, elle finira par avoir une soixantaine de feuilles, mais il faudra attendre quelques années.

‘Okame’ ©Pépinière de la Roche Saint-Louis

Est-ce qu’elle fleurit ?

Oui, mais pour voir la fleur, il faut aller explorer son jardin en hiver. Elle fleurit à sa base entre février et mars. La fleur très rose est curieuse, petite, plutôt ronde avec des petits pics qui ressortent. Et le plus improbable, c’est sa fécondation par les limaces et les escargots. Ils entrent dans la fleur pour féconder le pistil. 

Est-ce qu’il existe des variétés ou faut-il se contenter de ses feuilles toutes vertes ?

Les Japonais, qui adorent cette plante, ont sélectionné des mutations génétiques présentant une panachure. Il existe donc des variétés panachées qui vont apporter de la couleur dans les coins d’ombre. Une variété se détache, selon moi, c’est ‘Okame’ ; ses nervures blanches verticales sont remarquables. Elle est très lumineuse. J’aime aussi beaucoup la variété ‘Asahi’ qui, au bout de sa feuille, est ornée d’une marque de blanc. 

La pépinière de la Roche Saint-Louis est installée à Sainte-Pazanne, en Loire-Atlantique.

 

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3 Réponses

  1. Jérôme Bouillon

    Il y a une petite erreur dans l’orthographe du nom de la plante… C’est Aspidistra elatior et non eliator. Le “I” baladeur à encore frappé !

    Répondre
  2. Daniel LYS

    Merci de ces précisions ! ‘Okame’ va donner un peu de lumière dans un coin bien ombragé du jardin. Et me remettre un peu en accord avec cette plante que je prenais pour une salade ratée ! Vous avez trouvé les mots Madame !

    Répondre

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