Depuis 2008, il dirige la pépinière vendéenne, Végétal 85. Une aventure faite de montagnes russes, de nuits blanches, de bonnes idées, de trouvailles, d’agrumes rustiques et d’un enthousiasme communicatif. Itinéraire d’un pépiniériste  heureux !

Hortus Focus : être ingénieur agricole, pépiniériste, c’était une vocation ?

Végétal 85 :Marc-Henri Doyon, pépiniériste en Vendée

©Dimitri Kalioris

Marc-Henri Doyon : Pas du tout, même si je suis né dans un milieu rural. Mes parents étaient éleveurs de canards. Mon père s’occupait en plus du verger, ma mère du potager. Petit, je faisais des semis, je plantais des trucs, mais j’étais loin de me douter qu’on pouvait en faire un métier ! D’ailleurs, je ne savais pas trop quoi faire… Ma mère m’a incité à m’inscrire à l’Institut national d’horticulture, à Angers. J’y ai passé 5 ans pour décrocher un diplôme d’ingénieur agricole. J’ai fait des stages à l’étranger (Hollande, Allemagne), un semestre d’études à l’Université McGill, à Montréal, et ma 5e année aux feues pépinières Jean Rey, dans le Var. C’était en 2005. J’ai pris assez rapidement la responsabilité d’un secteur puis j’ai été adjoint du directeur pendant 2 ans sur un secteur de production. 

 

Pourquoi avoir choisi de t’installer en Vendée ?

En 2008, on m’a proposé de prendre la direction de Végétal 85. Avec mon épouse, nous nous sommes installés en Vendée. Un sacré challenge pour moi, ce job. La responsabilité d’une Scope (société coopérative et participative) avec 11 salariés associés, le défi me faisait peur, mais il fallait se lancer !  Et puis, j’étais très intéressé par le côté Scope. Nous sommes tous salariés, nous sommes tous impliqués dans la réussite (ou l’échec) de l’activité. 

2008, l’année de ton arrivée, c’est aussi l’année de la crise financière…

Oh oui, le début d’un nouveau job et le début de nuits blanches et d’angoisses. On prenait claque sur claque. Chaque semaine apportait son lot de mauvaises nouvelles. A posteriori, je me dis que ce fut un mal pour un bien. J’ai commencé à chercher des végétaux avant-gardistes, contacté des obtenteurs, des fournisseurs à travers le monde. J’étais dans la pépinière la journée, sur internet la nuit. Au bout de 2 – 3 ans, nous sommes parvenus à stopper l’hémorragie et à repartir sur un autre pied. 

Végétal 85 : asiminier ou pawpawAujourd’hui, quels sont les axes, les spécificités de la pépinière ?

Nous produisons 300 000 plantes par an, à destination en grande partie des collectivités. Il y a 2 ans, nous sommes entrés au capital de Plandanjou, un regroupement de 8 producteurs qui édite un catalogue de référence pour le marché de la collectivité et des paysagistes. Plandanjou est une entreprise très au point dans la logistique. Bientôt, tous nos produits seront dans le catalogue. Car nous proposons des fruitiers rustiques comme l’asiminier et d’autres agrumes résistants au froid, mais aussi des cactus rustiques, des aloés, des agaves, des plantes xérophytes et une famille de plantes tropicales rustiques, avec des feuillages exubérants très dépaysants pour les jardiniers. Les clients en sont friands. 

Pourquoi les clients repartent-ils de ton point de vente avec des plantes sans leur pot ?

Parce que c’est une folie de repartir avec un pot qui, la plupart du temps, va terminer illico dans la poubelle ! Nos clients acceptent bien volontiers qu’on démoule les plantes pour les placer dans une cagette. Car ce sont des millions de pots qu’on jette ! Et pas seulement des pots… Il y a 20 ans, les plantes étaient vendues avec un chromo. On trouvait que cela ne se voyait pas assez. Alors, on a ajouté un porte-chromo, et hop, un peu de plastique en plus. Après, pour faire remarquer les plantes, on les a proposées dans des pots en plastique coloré qui, il faut le savoir, se recyclent moins bien que le plastique noir. C’est un peu dément.

Chez Végétal 85, on veut faire recycler nos plastiques, mais tous les plastiques sont différents et on ne peut pas les mélanger ! Nous prenons, nous, le temps de trier les plastiques, mais c’est un enfer. Le triangle 6 ne va pas avec le 5, tu ne peux pas non plus le mélanger avec du 1. On essaye de s’associer avec une entreprise pour faire réaliser nos pots dans une autre matière. Il faut absolument réduire nos déchets. Hier, nous utilisions du plastique pour ficeler nos palettes ; aujourd’hui, on utilise du sisal. Pour faire des petits liens, on peut aussi utiliser des lanières de phormium, c’est très costaud ! Nous devons chercher – et trouver – des idées pour aider le monde à aller un peu mieux. 

 

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