Depuis deux ans, des perruches à collier viennent régulièrement dans mon jardin en banlieue parisienne. Ces gros oiseaux font un boucan d’enfer, mais ce n’est pas le plus grave. Ces perruches se reproduisent à vitesse V, elles n’ont pas de prédateurs sous nos latitudes et leur façon de vivre menace “nos” oiseaux. Une plaie à priori ingérable…

D’où viennent ces perruches à collier ?

Psittacula krameri est originaire des savanes arborées d’Afrique et des zones tropicales d’Asie et d’Afrique. Ces perruches sont arrivées par avion pour atterrir dans les cages des amateurs et collectionneurs d’oiseaux. Souci : elles n’ont pas toutes rejoint les cages qui leur étaient destinées. Dans les années 70, un lot de perruches s’est fait la malle à l’aéroport d’Orly. Et, quelques années plus tard, un autre groupe s’est échappé d’un container sur l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Sans parler des éleveurs amateurs qui les ont relâchées dans la nature, ne supportant plus leurs cris (il faut dire qu’ils sont perçants, on se croirait transporté dans une forêt tropicale pleine de zoiseaux) ou leur espérance de vie (la bestiole peut vivre jusqu’à trente voire quarante ans en captivité). 

Perruche à collier - Hortus Focus

©j-armando-fernandes / istock

Comment reconnaître ces perruches ?

C’est extrêmement facile ! De la tête au bout de la queue, une perruche à collier mesure une quarantaine de centimètres. Le plumage est à dominante verte avec un peu de jaune et de bleu azur sur la queue, mais les mutations ont apporté d’autres couleurs. Le mâle est identifiable par un collier noir du bec au cou, et une bande rouge sur la nuque. Mâle et femelle arborent un même bec tout rouge. Quant au cri, il est puissant, perçant. Quand les perruches à collier volent en bande, c’est très impressionnant. Elles n’arrêtent pas de siffler. J’en ai vu se poser en fin de journée dans le parc du Château de Versailles, c’est un enfer sonore.

Pourquoi menacent-elles nos oiseaux ?

perruche à collier - hortus focus

©Sloot /Istock

Ce sont des voleuses de nids et de nourriture. Les perruches à colliers sont cavicoles, elles logent et nichent dans des trous d’arbres (avec une préférence pour les platanes, on ne sait guère pourquoi). Problème : elles ne s’enquiquinent pas à faire leur petite maison toutes seules, elles préfèrent piquer celles des autres. Quand elles investissent un lieu, elles l’agrandissent. Les autres oiseaux n’y reviennent plus. Au vu de leur taille, pas beaucoup de moineaux, de sittelles ou de gobe-mouches capables de s’opposer à l’occupation indue du nid… 

C’est en hiver que je les vois le plus souvent à l’affut au-dessus de mon jardin. À cela une bonne raison : les mangeoires ! Pratique pour se nourrir tout en fichant la trouille aux mésanges (et en mangeant comme des cochonnes…).

 

 

Oui, on peut parler d’une invasion…

perruche à collier

©Photography by Adri

N’en déplaise à ceux qui défendent bec et plumes tous les oiseaux, mais les perruches à collier sont une calamité pour la biodiversité. Elles fichent la trouille à nos oiseaux, boulottent de grandes quantités de bourgeons et leur présence fait fuir d’autres espèces comme, par exemple, l’écureuil roux, qui ne supporte pas la cohabitation.

En Île-de-France, leur nombre dépasserait aujourd’hui les 10 000 et elles se reproduisent vite, très vite, mais en dehors de la mise en place d’un observatoire participatif mis en place en 2017, aucune décision n’a été prise. 

Le département des Alpes-Maritimes, lui, a pris des mesures. Des dortoirs à perruches (elles ont l’habitude de se regrouper pour passer la nuit) ont été identifiés à Antibes ainsi qu’un gros foyer de population sédentaire dans la basse vallée de la Siagne. Un arrêté préfectoral prévoit des “destructions par piégeage et par tir” dans une dizaine de localités du département . 

SURTOUT, respectez les consignes données comme dans le parc de Sceaux. Ne nourrissez pas ces perruches à collier et n’hésitez pas à expliquer pourquoi à ceux et celles qui leur donnent à manger. Cette espèce est invasive et un réel danger pour la biodiversité. 

 

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2 Réponses

  1. bbackzone

    Ces perruches sont justes magnifiques, je me demande d’où venait les photos de cet article car le tout est très bien cadré, un vrai travail de pro pour un animal majestueux !

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  2. Catherine D

    J’en ai vu beaucoup à Londres, il y a quelques années, en effet dans, les immenses platanes de Hyde Park. Il a, été question de les chasser, comme les écureuils gris mais les, gens les aiment !

    Répondre

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