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Connaissez-vous le cimetière de Picpus ?

arbre en transparence
Isabelle Morand

ÀÀParis, seuls deux cimetières sont privés : le cimetière des Juifs portugais de Paris (XIXe) et le cimetière de Picpus (XIIe). Ce dernier est un lieu très particulier. D’un côté, un grand jardin calme, de l’autre un cimetière, celui des guillotinés de la Grande Terreur de 1794, d’aristocrates, de religieux… et du marquis de La Fayette.

Le cimetière de Picpus aujourd’hui 

C’est un cimetière peu connu, caché derrière un lourd portail ouvert tous les après-midi, du lundi au samedi. Il faut s’acquitter de 2 € pour pouvoir le visiter, qu’il s’agisse de la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix, du cimetière proprement dit ou du vaste jardin attenant. Un espace en partie clos de grands arbres dans lequel les bruits de la ville sont atténués. Il est très agréable de s’y promener, de s’asseoir sur un banc pour y lire (ou pour une sieste, ou les deux…).

cimetière privé
©Isabelle Morand
Tombe de André de Chénier
©Isabelle Morand

Plaque en mémoire du poète André Chénier, guillotiné le 25 juillet 1794, à l’âge de 31 ans. Il a été condamné à mort pour avoir “recelé les papiers de l’ambassadeur d’Espagne”. Deux jours plus tard, l’arrestation de Robespierre met fin à ce qu’on appelle la Grande Terreur. Et c’est le 28 juillet que Robespierre fait brièvement connaissance avec la “raccourcisseuse”…

Le dernier lieu de repos de 1306 guillotinés

Le cimetière est établi sur l’emplacement de l’ancien couvent des chanoinesses de Saint-Augustin devenu bien national aux débuts de la Révolution française. Mais c’est sous la Terreur, en 1794, qu’il devient un charnier pour les corps des guillotinés. Ici reposent dans des fosses communes des centaines de cadavres de décapités. La majeure partie est des gens du peuple, mais aussi des religieux, des nobles (dont de nombreuses femmes). Ce sont quelques membres de ces familles nobles et aristocrates qui achètent en secret le terrain en 1796 pour donner une sépulture à leurs morts puis à eux-mêmes.

 

Les patronymes à particule et / ou à tiret y sont nombreux : de Noailles, de Mouchy, de Cosse-Brissac, de Laguiche, de Montalembert, de Grammont, de Nadaillac… Les guillotinés ont été rejoints par des morts pour la France pendant les deux guerres mondiales, des personnalités déportées à Ravensbrück ou Matthausen. Le terrain est toujours la propriété des descendants des acheteurs du terrain. 

Que reste-t-il de la Terreur ? 

Visiter le cimetière de Picpus revient à vivre par procuration un triste et très émouvant voyage dans l’un des pans sanglants de l’Histoire de France. Les deux fosses communes ont été localisées grâce à des fouilles. Dans l’église est gravée la liste des 1306 victimes de la Terreur. Enfin, à voir dans un coin du jardin extérieur au cimetière le linteau d’origine de la porte cochère que franchissaient des charrettes remplies de cadavres parmi lesquels le général Alexandre de Beauharnais, le premier mari de Joséphine.

fosse commune Picpus
©Isabelle Morand
cimetière de Paris
©Isabelle Morand

La Fayette, te voilà ! 

C’est au cimetière de Picpus qu’est inhumé Gilbert du Motier, le célèbre marquis de La Fayette (1757-1834) au côté de son épouse Adrienne Françoise de Noailles qui avait émis le souhait d’être inhumée non loin des membres de sa célèbre famille guillotinés sous la grande Terreur. Si vous allez visiter le cimetière de Picpus, une date est à retenir, celle du 4 juillet. Tous les ans, en ce jour d’Indépendance Day, aux États-Unis, une délégation américaine vient changer la bannière étoilée qui flotte en permanence au-dessus de la tombe du marquis.

Cimetière de Picpus, 35, rue de Picpus, 75012 Paris. 2 €. Fermé le dimanche. 

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