Le retour en grâce des bégonias d’intérieur

©Themorningstudio

Le Jardin botanique Jean-Marie Pelt de Nancy compte une belle collection de bégonias d’intérieur (pas encore labellisée Collection nationale). Carl Berthold, responsable adjoint des collections, veille sur elle. 

Hortus Focus : est-ce que les bégonias d’intérieur trainent-ils toujours leur image de « plante à mémé » ?

Carl Berthold : Toujours un peu, mais je pense qu’on va les redécouvrir peu à peu, car il existe de nombreux bégonias d’intérieur très facile à cultiver. Ils demandent peu d’attention, se plaisent dans les maisons.

Certains sont-ils plus difficiles que d’autres ?

Oui, évidemment. Certains peuvent réclamer des soins un peu plus compliqués, notamment du côté de l’arrosage . Si on a la main trop lourde sur l’arrosage, ils peuvent pourrir. D’autres bégonias se comportent plutôt en épiphytes, à cultiver sur des branches avec beaucoup de sphaigne et pas grand-chose d’autre.

bégonia dans la forêt de Bornéo
©Tropical Borneo

Quels sont les plus faciles à avoir chez soi ?

Le groupe des rhizomateux est globalement plus facile à entretenir. Je pense particulièrement aux bégonias corail qu’on peut trouver un peu partout. Je conseillerai aussi le bégonia à feuilles de chêne qui est très facile ; il aime bien l’ambiance un peu sèche des bureaux et si vous oubliez parfois de l’arroser, il ne fera pas trop la tête.

Le monde des bégonias d’intérieur est-il vaste ?

Il existe des centaines et des centaines d’espèces qui présentent de très grandes différences qu’il s’agisse de taille des feuilles, de leurs formes aussi. Au Jardin botanique d’Édimbourg où j’ai travaillé, il existe un centre de recherche spécialisé dans les bégonias et plusieurs botanistes se consacrent à leur étude. Quand je suis parti en voyage à Sao Tomé pour le Jardin botanique, l’un des objectifs de la mission était de rechercher et de prélever certains bégonias qui vivent sur l’île pour les décrire et les répertorier. Ici, nous travaillions beaucoup avec le Jardin botanique de Lyon. On s’échange les plantes, car il arrive qu’un jardin réussisse mieux que l’autre dans l’acclimatation de certaines espèces. On ne sait pas pourquoi.

©MargaretW
©MargaretW
bégonias pour terrarium
begonia blancii ©Mario Krpan
Carl Berthold
©dr

Est-ce vrai que vous avez observé le plus grand bégonia du monde à Sao Tomé ?

Absolument ! C’est un bégonia qui forme un arbrisseau. Begonia baccata pousse exclusivement dans le cratère de l’île de Sao Tomé qui fait environ la taille d’un terrain de football. Petit aparté : dans ce très vieux cratère poussent d’autres espèces endémiques et notamment une orchidée qui n’existe que là. Ces espèces sont totalement micro-endémiques.

J’ai rapporté ce bégonia extraordinaire à Édimbourg. Pour le sauvegarder, nous l’avons fait aussi parvenir au Jardin botanique de Lyon. Et j’aimerais bien en avoir un ici, à Nancy.

Mais il est grand comment ?

Vous connaissez le Monstera deliciosa ? Les feuilles de ce bégonia de Sao Tomé ont à peu près les mêmes dimensions. Côté forme, elles sont rondes, forment comme un grand plateau, un peu comme celles d’un Gunnera, qui poussent autour d’une grande tige ligneuse.

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