Dans sa région d’origine, la Tasmanie atteint, voire dépasse, 20 m de haut. Chez nous, Eucalyptus gunnii, sera plus petit et, comme il existe des variétés à plus petit développement et tout à fait rustiques, on peut le planter un peu partout. Alors, pourquoi se priver de ses jolies feuilles rondes, bleu argenté ?
Deux petites expériences persos pour commencer…
Eucalyptus gunnii dans la région parisienne : je l’achète ou je ne l’achète pas ? C’est la question que je me suis longtemps posée en observant mon petit jardin de 200 m2. Alors j’ai cherché la variété adéquate, celle qui n’allait pas prendre le pas sur mes autres plantes. Je vous avoue que je ne connais plus son nom, c’était voilà 20 ans, mais cette « petite » variété a fait le job pendant de longues années, jusqu’au moment où j’ai oublié de la tailler, de la receper deux ans de suite et que c’est devenu un peu n’importe quoi. Les autres plantes avaient, elles aussi, bien prospéré et j’ai dû le déterrer et le confier à une copine qui disposait d’un plus grand jardin.
Eucalyptus gunnii dans mon jardin du Var : une horreur ! Il se croit comme chez lui en Tasmanie et fait partie avec les mimosas des arbres à faire couper par l’obligation de débroussailler. L’eucalyptus a donc été ratiboisé, mais vous savez quoi ? Deux mois plus tard, des rameaux hyper vigoureux sont ressortis de partout à 10 cm du sol. Je vais le garder, mais il va falloir le dompter, le cadrer pour ne pas le laisser aller à devenir un grand arbre dangereux en cas d’incendie. Le feuillage est en effet très inflammable. Preuve en a malheureusement été faite avec les énormes incendies de forêts d’eucalyptus au Portugal et, en 2020, le désastre de feu qui a frappé les Blue Mountains en Australie.


Avantages et inconvénients
Eucalyptus gunnii a vraiment très bon caractère. Il peut être planté dans des marais pour contribuer à leur assèchement. Mais il est aussi tout à fait capable d’être planté dans un terrain sec, et de résister à des sécheresses intenses.
Sa rusticité permet de le planter un peu n’importe où. L’espèce type tient le gel jusqu’à – 18°C. La rusticité des variétés disponibles oscille entre – 12 °C et – 15°C.
Sa croissance est très rapide, surtout les premières années. Il peut pousser entre 1 et 1,5 m par an. Il faut donc vraiment bien choisir son emplacement et, si votre jardin n’est pas bien grand, veillez à l’éloigner de la maison.
Son feuillage persistant est un atout en hiver. D’autant que sa couleur bleu argenté « réchauffe » l’ambiance. Son écorce s’exfolie chaque année et révèle une nouvelle écorce grisâtre, jaunâtre avec, parfois, quelques ponctuations de rose.
Dans sa jeunesse, il est sensible au vent. N’hésitez pas à le tuteurer pour le protéger et/ou à le protéger d’un voile d’hivernage les jours de grandes bourrasques glacées.
Pourquoi ce surnom de gommier cidre ?
Cet eucalyptus pousse sur le plateau central de Tasmanie, en moyenne altitude. Les colons qui n’avaient pas grand-chose à se mettre d’alcoolisé sous la langue ont tenté d’utiliser sa sève, l’ont fait fermenter d’où ce nom de gommier cidre pour une boisson… dégueulasse.
Eucalyptus gunnii – Gommier cidre – Fiche de culture
- Famille : Myrtacées
- Type : arbre à feuillage persistant.
- Exposition : au soleil toute.
- Sol : frais ou sec; acide ou neutre.
- Multiplication : les graines germent très facilement. Les boutures sont plus difficiles à réussir.
Nos variétés préférées d’Eucalyptus gunnii
‘France Bleu’ : ma préférée, car on peut même la cultiver dans un grand bac en terrasse. Sa silhouette est fine, élégante, vraiment très belle. En pleine terre, cet E. gunnii ne dépassera pas 4 m de haut. Rusticité : – 12°C.
‘Blaue Liebe’ : un tout petit développement puisqu’il ne dépasse pas les 2 m. À planter en pleine terre ou un grand bac sur une terrasse. Rusticité : – 15°C.
‘Silverana’ : une végétation très dense pour ce gommier cidre qui si vous ne taillez pas, pourra atteindre 10 m. Mais en le recépant chaque année, vous pourrez contenir sa vigueur et bien profiter de son joli feuillage.



