Quand on coupe des branches, on blesse forcément l’arbre. Depuis des décennies, on utilise du mastic sur les plaies de taille comme nous utilisons des pansements en cas de coupure. Mais l’arbre est-il capable de se soigner tout seul ? Alors pour ou contre le mastic ?
Que se passe-t-il quand on coupe une branche ?
On crée une ou des plaies de taille qui peuvent avoir des conséquences sur la santé des arbres, notamment celle des arbres fruitiers, plus sensibles aux maladies. Sans son écorce, l’arbre est en effet beaucoup plus vulnérable aux attaques de bactéries ou de champignons. Pour éviter ces maladies, on a pris l’habitude de recouvrir la plaie de mastic ou autre produit cicatrisant (il existe des formules en baume).
Première précaution : n’oubliez pas de nettoyer vos outils de coupes avant d’intervenir. Pas la peine de transporter des maladies d’un arbre à l’autre.

Quand l’arbre se soigne seul…
Personne ne va appliquer de mastic ou de cicatrisant en dehors de nos jardins et vergers. Alors, comment les arbres se débrouillent-ils pour parvenir à cicatriser sans intervention ? Ils vont développer un bourrelet de recouvrement grâce au cambium (cellules méristématiques), qui assure la croissance du bois, permet à l’arbre de grossir et au tronc de s’élargir. En cas de plaie de taille, le cambium se met au boulot, progresse de l’extérieur vers le centre et finit par reconstituer une nouvelle écorce. On dit alors qu’il « compartimente ». Évidemment, le phénomène prend du temps et, entre la plaie de taille et la reconstitution de l’écorce, l’arbre peut être sujet à des attaques.
Alors, mastic ou pas mastic ?
L’utilisation du mastic du commerce est de plus en plus remise en question, notamment le produit vendu sous le nom “goudron de Norvège” ; il agit comme un vernis et c’est tout. La plaie de taille se retrouve asphyxiée, le bois fermente, se nécrose et les dégâts descendent peu à peu sous la plaie originelle.


