Attention aux plantes phototoxiques !

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Des cloques, un érythème et, plus tard, des taches persistantes sur la peau… Toutes ces réactions sont regroupées sous le nom de phytophotodermatites. Ces manifestations surviennent après un contact avec la sève, les feuilles ou les fleurs de la plante, accompagné ou suivi d’une exposition solaire. Quelles sont les principales plantes phototoxiques ? Comment les identifier ? Comment réagir en cas de contact ? 

Plantes phototoxiques : c’est la faute aux furocoumarines !

Ces agents toxiques photosensibilisants qu’on appelle aussi psoralènes se retrouvent principalement dans les familles des Apiacées et des Rotacées, mais aussi des Moracées et des Fabacées. Leur présence est plus importante dans les graines et les fruits murs, sauf chez le figuier où les furocoumarines se trouvent dans la sève, mais pas dans les fruits.

Les furocoumarines (fusion d’une coumarine et d’un noyau de furane) les plus courantes dans les végétaux

Angélicine : elle est présente dans la racine d’angélique, chez la plante à goudron (Bituminaria bituminosa).

Impératorine : on la trouve chez toutes les espèces d’Urena, une Malvacée invasive aux États-Unis.

Xanthotoxine : sa présence est notée chez Ammi majus, le panais sauvage, l’angélique, la berce du Caucase, mais aussi la bergamote.

Bergaptène : on la trouve dans l’huile essentielle de bergamote (on supprime cette bergaptène avant commercialisation grâce à un procédé chimique), dans les citrons et la mandarine (même procédé que le pour la bergamote avant sa commercialisation), la sève de la berce du Caucase et celle du panais.

Marmésine : sa présence est relevée dans le citronnier épineux (Poncirus trifoliata), l’ammi élevé, le margousier…

 

Ammi majus ©Ana Lebiodiene
Ammi majus ©Ana Lebiodiene

Quel est le mécanisme de la phototoxicité ?

1-Les composés phototoxiques entrent dans la peau au contact de la plante.

2-Les rayons UV-A (ceux qui sont resppnsables du bronzage) entrent en jeu. À leur contact, les furocoumarines deviennent réactifs et provoquent une réponse inflammatoire (vésicules, cloques).

3-Le pic des réactions est enregistré entre 12 et 72 heures après l’exposition et peut durer plusieurs semaines. Des tâches peuvent apparaître et marquer la peau de façon permanente.

 

Comment prévenir ?

  • Si des plantes phototoxiques peuvent être présentes dans votre jardin, portez toujours des gants.
  • Utilisez de la crème solaire.
  • Apprenez à reconnaître les plantes phytotoxiques

Comment réagir

  • Lavez immédiatement la zone de contact à l’eau et au savon.
  • Restez loin du soleil pendant 48 heures.
  • Consultez un pharmacien ou un médecin pour limiter l’inflammation ou les risques d’infection.

 

Quelques plantes phototoxiques courantes

Le figuier (Ficus carica)

Attendez toujours l’hiver pour tailler le figuier. La sève sera descendue et ne risquera pas de vous brûler. Cette sève laiteuse (latex) est en effet photosensibilisante. Attention, les furocoumarines sont également présentes dans les feuilles. Ne les manipulez pas et ne laissez pas vos enfants les toucher.

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

La berce du Caucase appartient à la famille des Apiacées. Toutes les parties de la plante sont toxiques. Originaire du… Caucase, elle a été introduite en France dans le courant du XIXe siècle comment plante ornementale. Elle fleurit entre juin et septembre, en sol frais à humides. Elle aime donc le bord des rivières, les fossés, les lisières forestières. Cette berce peut mesurer plus de 3 m de haut, ses feuilles sont très découpées. Les tiges épaisses, couvertes de poils blancs, sont souvent tachées de pourpre. Ses ombelles sont de très grande taille. Elle est inscrite sur la liste des plantes invasives. Les premières réactions apparaissent 15 min après le contact. Les brûlures cutanées se manifestent entre un et trois jours après le contact avec la sève. Elles peuvent être impressionnantes : la peau est rouge et gonflée ; grosses ampoules qui peuvent suinter.

©Zigmunds Dizgalvis
©Zigmunds Dizgalvis

Le panais sauvage (Pastinaca sativa)

Membre de la famille des Apiacées, on le trouve assez communément dans le Midi, le Centre et l’Est de la plante, installé sur des bords de chemins, dans des friches, au pied d’arbustes. La plante mesure entre 50 cm et 1,2 m. La tige est creuse, cannelée et pubescente. Les fleurs en ombelles sont jaunâtres. Les fruits sont aplatis, aromatiques. On peut le confondre avec le panais cultivé (qui, lui aussi, contient des furocoumarines). En cas de contact cutané + exposition solaire peut se manifester un simple érythème, mais aussi des vésicules peuvent apparaître ainsi qu’une hyperpigmentation des zones exposées. Daucus carota, la carotte sauvage, peut également provoquer des réactions semblables.

Panais sauvage ©Mantonature
Panais sauvage ©Mantonature

Angelique (Angelica archangelica)

Condimentaire et médicinale, l’angélique (famille des Apiacées) est une plante dont il faut se méfier. La sève fraîche est toxique. Les réactions peuvent être immédiates ou différées de 6 à 48 heures. En revanche, les jeunes tiges peuvent être confites et les racines se récoltent à l’automne.

Rue officinale (Ruta graveolens)

Elle appartient à la famille des Rutacées, peut pousser jusqu’à 1 m de haut. Les feuilles sont vert bleuté et les fleurs jaunes. Un indice pour la reconnaître : la rue dégage une odeur puissante, ce qui lui vaut un autre surnom, celui de rue fétide. Les réactions cutanées ne se produisent pas si le ciel est nuageux ou faiblement luminosité. C’est l’intensité du soleil qui induit la phototoxicité. La plante appréciant les chemins rocailleux, les pentes ensoleillées, faites attention quand vous partez en randonnée. Sur le coup, un contact avec la rue passe inaperçu. C’est le lendemain que se manifestent les premières réactions. La dermite peut être aigüe et durer plusieurs semaines.

©Nahhan
©Nahhan

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