Les fleurs de l’espoir, à Chaumont-sur-Loire

Pour cette nouvelle édition, le Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire arbore le thème “Flower Power”. Sur la parcelle 18, les paysagistes Colombe Perrin, Erell Pencreac’h et Rozanne Moraux ont conçu un jardin entre résurgence et résilience. Sur les décombres, les fleurs (re)prennent le pouvoir et laissent entrevoir l’espoir.

Hortus Focus. Peut-on parler d’un jardin à deux visages ?

Rozanne Moraux. Oui, car nous avons travaillé sur la dualité, une partie sombre, résurgence des conflits, des guerres, des révolutions, et une partie claire où la nature se (ré)impose.

Comment avez-vous pensé la partie sombre ?

On pénètre dans cette première partie par un chemin bordé de palissades brutes ou peintes en gris, couvert d’une bâche militaire et planté de végétaux bas, à feuillage foncé, qui ne vont pas fleurir, car, ici, les fleurs ne sont qu’une évocation, celle de l’espoir de la paix et de la liberté. Dans le sol, en partie couvert d’un paillis d’ardoise, nous avons installé des heuchères pourpres, des ophiopogons et un pittosporum ‘Tom Pouce’ dont le feuillage vire du vert au sombre. 

Mais on y entrevoit l’espoir aussi ?

Oui ! Des fentes découpées dans la palissade laissent entrevoir la possibilité d’un ailleurs plus beau, plus agréable. Par ces toutes petites fenêtres, on peut imaginer que la période de chaos a trouvé sa fin, que la vie est revenue. Des fenêtres semblables permettent d’apercevoir une autre partie d’un jardin qui évoque un terrain de guerre. S’y élèvent des panneaux métalliques criblés d’impacts de balles et les restes d’un arbre brûlé. Sur l’une de ces plaques, on peut lire : “La résilience désigne la capacité pour un corps, un organisme ou un système quelconque de retrouver ses propriétés initiales après une altération”. C’est donc l’idée que tout corps, s’il a subi un traumatisme peut à un moment ou à un autre décider de se remettre, c’est ça la résilience, renaître. Cela peut être une résilience physique, intellectuelle ou psychologique.

On entre alors dans la seconde partie du jardin, c’est de la renaissance…

Oui, car malgré les stigmates (pavés, sacs de sable et tranchée pour évoquer la Grande Guerre) disséminés ici et là, la vie est là, de retour, plus forte que tous les conflits et toutes les destructions. Nous avons choisi d’installer des végétaux qui, au fil des saisons, vont incarner cette renaissance. Tous les végétaux nous “enveloppent” via des structures en métaux recyclés qui accueillent des grimpantes (glycine, trachelospermums, chèvrefeuilles, clématites). Dans les massifs, nous avons donné la priorité à des végétaux dressés, “ascendants”. Enfin, nous avons travaillé sur les couleurs. Au printemps, beaucoup de blanc, jaune, violet. Beaucoup de végétaux érigés qui vont se relayer au fur et à mesure de la saison. La plante renait. Un :mouvement ascendant. L’été de fait orangé, jaune soutenu, rouge. En automne, le jardin offrira logiquement des tonalités fauves, pourpres, dorées pour montrer que la vie est éclatante.

     

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  • Festival international des jardins, à Chaumont-sur-Loire. Horaires et tarifs PAR ICI !
  • Pour contacter les conceptrices. Colombe Perrin : 06 32 17 13 70. Rozanne Moraux : 06 61 33 13 26. Erell Pencreac’h : 06 03 49 38 57.

 

 

 

 

 

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