On a (presque) tous fait la même erreur un jour ou l’autre : installer sans faire attention des bambous bien, bien traçants et sans prendre LA précaution élémentaire : mettre en place une barrière anti-rhizomes. Comment venir à bout de ces envahisseurs sans péter un plomb ?

Une expérience personnelle avant de vous expliquer les tactiques à adopter pour faire efficacement la guerre aux bambous cavaleurs. Tous les bambous de mon jardin (Phyllostachys nigra, P. Aurea etc.) sont sages comme des images, leur extension étant limitée par des barrières de 70 cm (je ne vous dis pas comme j’ai sué à les installer, mais ne le regrette pas !). J’ai longtemps hébergé en revanche une “saleté” de Sasaella-je-sais-plus-quoi, erreur de jeunesse jardinière. Le genre de bambou que tu mets à la porte et qui trouve TOUJOURS le moyen de réapparaître çà et là. Il faut savoir qu’éradiquer ces végétaux prend du temps, de l’énergie, mais on finit par les avoir. Et toc ! Et après, on vérifie bien sur les bouquins que l’espèce convoitée est non traçante…

Vos armes ? Bêche, pioche, scie et huile de coude

Pour guerroyer contre les envahisseurs, préparez votre matériel. La bêche, l’ébrancheur ou la scie doivent être affutés, vos bras en pleine forme et vos mains gantées. La pioche peut toujours servir aussi pour aller chercher les saloperies de rhizomes qui se planquent en profondeur (on peut en trouver jusqu’à 50 cm). 

©XIIIfromTOKYO

La guerre est ouverte : après avoir coupé les cannes, attaquez la souche en commençant par sa périphérie. Coupez, allez-y franco (vous êtes autorisé à proférer quelques jurons en accompagnement, ça fait du bien, croyez-moi…), déterrez les rhizomes impitoyablement, sortez les morceaux même les plus petits. Pour savoir si le rhizome est sorti au complet, observez son extrémité : elle est arrondie. Si cette forme n’apparait pas, c’est qu’il en reste un bout, enfer et damnation !

Laissez les rhizomes sécher dans une brouette ou un gros récipient et portez-les à la déchetterie. 

Sachez que ce conflit peut prendre des mois, voire des années (malheureusement !). Surveillez attentivement la moindre repousse. À chaque apparition, recommencez le boulot. Pour vous donner du courage, pensez à Pénélope et à sa tapisserie, Ulysse a bien fini par rentrer au bout de 20 ans. Vous aurez la peau de ces affreux, vous allez gagner !

Vive la guillotine !

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Pas envie d’abimer votre pelouse ou pas la force de vous escrimer ? Coupez une première fois les cannes à ras puis passez très régulièrement la tondeuse. Le bambou est une herbacée, il n’aime donc pas qu’on lui coupe la tête trop souvent. Il est capable comme l’Hydre de la mythologie grecque de faire repousser ses têtes, mais au fur et à mesure de vos passages, mais il va finir par se lasser. Là encore, l’opération guillotine demande un peu de temps. 

Faites-le mourir de faim…

Une solution plus rapide (mais pas super esthétique !) consiste à priver le monstre de nourriture, d’eau et d’air. C’est cruel, mais diablement efficace. Coupez les cannes au ras du sol. Étalez sur la souche une bâche épaisse et posez dessus des objets lourds (parpaings, briques ou ce que vous avez sous la main). Vérifiez de temps à autre que le coquin n’a pas fait pointer une nouvelle pousse en dehors du périmètre ; dans ce cas, éliminez-là en appliquant le même procédé. Laissez la bâche en place au minimum un mois. Traquez sans répit les repousses l’année qui suit. 

 

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7 Réponses

  1. Denis Forge

    En fait pour vivre un rhizome de bambou a besoin de feuilles. Il faut donc que votre voisin pose une barrière de contrôle autour de ses bambous s’il veut les garder. Cette operation va séparer les rhizomes de bambou qui sont passés chez vous des chaumes feuillés restés chez lui. De votre côté il faudra couper tous les chaumes. Ces rhizomes sans feuilles vont puiser dans leur réserves pour faire des feuilles et survivre. Je conseille de laisser monter les premières pousses qui sortent pour mobiliser un maximum de réserves. Il faut les couper juste avant l’apparition des premières feuilles. La deuxième sortie sera beaucoup plus faible et il faudra éradiquer toutes les repousses jusqu’à la mort du rhizome. Le bambou n’est pas aussi terrible que sa réputation

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  2. Florence Cholet

    Quatre an que le bambou des voisins est passé sous le muret de la clôture mitoyenne. L’automne dernier, ils nous avaient dit qu’ils allaient les faire éradiquer chez eux et aussi le bout qui a fugué chez nous. Rien n’est encore fait et s’ils ne suppriment pas leur énorme masse de tiges, je pense qu’il sera inutile de faire quelque chose chez nous. Ce bambou parasite est installé dans une souche et il y a tant de cailloux dans le terrain qu’il est impossible d’utiliser une bêche. J’avoue être assez mécontente que mes voisins aient planté cet envahisseur en ras de clôture et sans prendre les précautions nécessaires. Nous n’habitions pas là quand ils ont planté. J’avoue que j’ai du mal à me dire qu’il faudra que j’arrache moi-même ces bambous et me bousille le dos à faire une tranchée pour insérer une barrière anti-rhizomes afin de pallier leur négligence. Ces monstres avancent lentement mais font au moins six mètres de haut, je ne suis pas sûre de réussir à les étouffer sous une bâche !
    Mais l’article est clair pas de solution miracle ! Tant pis. Bonne soirée.

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