Le prix Saint-Fiacre récompense chaque année, depuis 1971, un ouvrage de langue française sur le thème du jardin. Les membres du jury, journalistes spécialisés dans le jardin et l’horticulture, ont choisi cette année de récompenser le livre de Snezana Gerbault “Un jardin en hiver”. Nous vous proposons de découvrir cet ouvrage et les autres livres en compétition. 

“Mon jardin en hiver”, de Snezana Gerbault.

Prix Saint-Fiacre 2018. Présenter un jardin sous des habits hivernaux, voilà une idée singulière et originale, mais qui vaut le détour. La nature prend de nouveaux atours quand l’hiver approche. De nouvelles scènes se dévoilent pour ceux qui savent garder les yeux ouverts. Arbres dénudés, écorces lumineuses, topiaires au feuillage persistant, floraisons hivernales (oui, cela existe !), autant d’éléments qui structurent et égayent un jardin. Et quand le gel et le givre, voire la neige, s’en mêlent, le décor prend  encore une autre dimension. Un calme s’instaure, propice à la réflexion que des oiseaux viennent parfois animer. C’est aussi l’occasion de composer des bouquets et des couronnes pour embellir son intérieur. Un beau voyage que ce «Jardin en hiver » pour profiter de la magie d’une beauté changeante au fil des jours. Une manière aussi de mieux connaître des espèces parfois inconnues. Et de partager des astuces de jardiniers, paysagistes et pépiniéristes. Patrick Glémas.

Delachaux et Niestlé. 160 p. 19.90€. 

 

“Funérailles écologiques”, de B. Lapouje-Déjean et L. Royant.

Coup de cœur du jury (et coup de cœur d’Hortus Focus à sa sortie, voilà quelques mois !). “Pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète”, c’est le sous-titre de cet ouvrage remarquablement documenté. Car oui, il est possible de concilier contraintes légales et convictions. Les auteures ont mené un excellent travail d’enquête qui permet de répondre aux  questions les plus diverses que l’on peut se poser autour des funérailles et de leur organisation en accord avec ses convictions écologiques. L’écriture est précise, aborde le sujet avec délicatesse, sensibilité et bon sens. Les auteurs font des comparaisons entre les pratiques classiques (et leurs impacts) et toutes les alternatives écologiques (cercueils en carton, etc.). L’ouvrage traite également de la transformation des cimetières qui deviendront à terme des lieux d’agrément… et de vie, à l’instar de ce qui se passe déjà dans d’autres pays, comme l’Angleterre. Isabelle Morand.

Préface de Gilles Clément. Éditions Terre Vivante. 258 pages. 25 €.

“L’aventure extraordinaire des plantes voyageuses”, de Katia Astatieff

Coup de coeur du jury. D’ordinaire, le thème est traité de manière plus doctorale… L’auteure, passionnée par le monde végétal surprend par son langage actuel et ludique, y compris. Même la couverture se distingue, mariage graphique faisant à la fois penser à un tatouage et une image d’Épinal ! Le fraisier, le thé, l’hévéa, le tabac, le kiwi et bien d’autres plantes venues de loin nous sont familiers, mais peut-être pas la Rafflesia à la fleur énorme et malodorante. L’auteure (Directrice adjointe des Jardins botaniques du Grand Nancy) met en scène les voyages au bout du monde d’hommes fous de botanique, en prise aux difficultés et aux péripéties liées à l‘inconnu, aux ruses et aux enjeux d’un secret à conserver ou à dérober. Les propriétés des plantes et des recettes sont aussi mentionnées ce qui ne gâte rien… Un grand bravo pour cette approche humaine que les plus petits vont aussi adorer. Marie-Claude Eyraud.

Préface de Francis Hallé. 192 p., 17.90€. Éditions Dunod.

 

Les autres ouvrages présélectionnés

“Le Jardin bleu”, d’Elena Selena

Elle a donné vie à son conte dans un livre animé. Les pages délicatement découpées nous font pénétrer peu à peu dans les profondeurs du “Jardin bleu”, à la découverte d’ombres mystérieuses qui se dessinent dans l’épaisseur des feuillages. Très vite, l’histoire déborde du cadre et entraîne le lecteur dans la magie des feuillages nocturnes. La virtuosité des découpages propose un moment de lecture féerique qui réveille en chacun de nous sa part d’enfance… Une merveille à mettre dans les mains des « petits » de tous âges ! Gallimard Jeunesse, 16 pages, 25€. Marie-Aline Prévost.  

 

“Un petit monde, un monde parfait”, de Marco Martella

Une promenade dans des jardins célèbres… Marco Martella parvient ici à dépoussiérer un thème de littérature jardin moult fois proposé. Les jardins dans lesquels il déambule, souvent des jardins d’écrivains ou des jardins historiques, sont presque tous très connus, mais il en propose une approche intimiste et poétique qui lui permet de traiter la véritable raison de ce livre : la place que le jardin occupe dans la modernité. Sa réflexion philosophique apparaît l’air de rien au creux d’un bois ensauvagé, au cœur d’un potager un peu foutraque, dans les bosquets du parc de Versailles, toujours en conversation avec les « jardiniers » qui lui ont ouvert leur porte. On apprécie son écriture à la fois simple, concise et de longue portée qui réserve un grand moment de lecture.  Marco Martella. Poésis, 144 pages, 18€. Marie Aline Prévost.

“Gabrielle ou le jardin retrouvé”, de Stéphane Jougla

Suite à la mort subite de sa compagne, Martin effectue un transfert entre ses émotions et le jardin de Gabrielle, source d’heureux souvenirs. Ce jardin devient vite un refuge, un puits d’énergie. La découverte d’un secret concernant sa compagne pourrait faire basculer la situation, mais pousse en fait le héros du récit à de plus en plus s’investir dans ce merveilleux jardin. Comment considérer Martin ? Comme un Robinson Crusoë ou comme un marginal qui se détache de notre société ? Et si c’était lui qui avait raison ? Je ne peux que vous conseiller de lire ce roman qui ne ressemble vraiment à aucun autre. Riche en sentiments et tourments psychologiques, cet ouvrage m’a énormément touchée, car il me rappelle mon jardin et les émotions qui s’y rattachent. 224p., 19€, Denoël. Françoise Simon.

“Faire progresser son potager en permaculture”, de Xavier Mathias

Permaculture, voilà un mot à la mode. Et les livres sur le sujet se ramassent à la pelle ! Mais celui-là est singulier. Son auteur d’abord, un convaincu de la première heure, un « pro » qui adopte ici un langage familier, personnel, sans jargon. En 12 chapitres concis et pleins d’humour, vous vous imprègnerez des principes de la permaculture, selon Xavier Mathias : obtenir une production, ne pas produire de déchets, valoriser le moindre espace… Des planches illustrées façon BD font à chaque fois un résumé de l’essentiel, pour intéresser même les plus jeunes. Car se mettre à la permaculture concerne toute la famille. L’auteur en fait une philosophie de vie plutôt amusante et optimiste, qui donne envie d’essayer. N’est-ce pas là le but ? Illustrations Cécilia Pepper. 64 p., 8 €. Editions Actes Sud / KaïzenRosenn Le Page.

“Pierre Rabhi, l’enfant du désert”, de Claire Eggermont

C’est la première fois que Pierre Rabhi est raconté aux enfants. Quelle vie passionnante, quel parcours ! Sa vie est un roman. Depuis sa naissance, en 1938, dans un village du désert algérien, il a voyagé à travers de nombreux pays pour découvrir différentes cultures et a initié des mouvements citoyens comme les célèbres “Colibris”. Ce jardinier-philosophe, ce sage, ce conteur a mis en lumière “l’agroécologie” et partage ses connaissances et son expérience à travers le monde.J’apprécie particulièrement le chapitre intitulé “Simplicité heureuse”. Dans ces deux mots, tout est dit. Pierre Rabhi aime à dire “… Notre terre est une mère qui vit et qui respire. Vous lui demandez beaucoup, vous ne lui donnez rien en retour. Vous devez l’aimer et la nourrir….Il est urgent de recréer le grand cercle de la solidarité entre le ciel, la terre, les végétaux, les animaux et vous-mêmes”. Quel beau message ! On comprend que Pierre Rabhi est animé par la volonté de transmettre son savoir. Magnifiquement illustré, l’ouvrage est destiné aux petits, mais aussi aux grands. Illustrations de Marc N’Guessan 112p. 18€. Éditions Plume de Carotte. Françoise Simon.

“Des tomates sur mon balcon : mon petit potager”, de Thierry Heuninck

Comment jardiner comme les adultes pour obtenir des légumes sains à portée de mains ? Ce livre nous invite à passer du rêve à la réalité, même dans un jardin de poche. Il s’adresse aux jeunes pousses avec des textes simples, précis magnifiquement illustrés par des dessins expressifs, démonstratifs et colorés. Ces pas-à-pas permettent une très belle découverte des plantes, une initiation au jardinage et une sensibilisation au respect de l’environnement, mais pas seulement ! En effet, de nombreuses anecdotes et recettes viennent enrichir le texte. Un lexique est bien utile pour répondre aux questions des plus petits. Bien sûr, on retrouve les grands classiques : radis, tomates, fraises, mais aussi citron et avocat. Le choix permet une culture sans soucis, une récolte certaine, au moins pour les légumes ! Il peut aussi s’adresser aux plus grands, aux adultes débutants, sans rougir devant des encyclopédies volumineuses et les aider ainsi à se lancer dans la magnifique aventure du potager, même hors-sol. Illustrations Aurore Petit. 64 p. 14.90€. La Martinière jeunesse. Denis Retournard.

“Flora Allegoria”, de Luc Menapace et Colette Blatrix

La botanique et l’art vivent une histoire d’amour partagée depuis le Moyen-âge par les botanistes, artistes et éditeurs. La Bibliothèque nationale de France a eu la riche idée de mettre en avant, dans “Flora Allegoria”, une centaine d’œuvres issues de ses réserves : dessins, aquarelles, estampes, lithographies. Cet ouvrage regorge de trésors artistiques, du Moyen-âge à nos jours. De la naïveté de certaines enluminures, au cubisme du début du XXe siècle, en passant par les grands classiques du siècle des Lumières, on s’émerveillera de la beauté des végétaux représentés, parfois avec une infime précision ou influencés par l’imagination de l’artiste. Certaines plantes sont traitées comme de véritables tableaux, telles les tulipes de Robert Thornton, d’un raffinement incroyable. Souvent, les insectes sont présents sur les végétaux, comme ce «grillon posé sur une grenade ouverte» sur une estampe chinoise du XVIIe siècle. Ou dans le “Livre des simples médecines” du XVIe siècle où un papillon butine un Anthera (rosier). La BNF a également choisi des extraits de la Revue horticole, publiée par la SNHF, qui regorge d’illustrations botaniques, comme ce “pis de vache” (Solanum corniculatum). Et ne soyez pas surpris, par “Fleur”, que Serge Gladky a peinte en 1929. Il vous sera difficile de déterminer le végétal. C’est du cubisme. C’est de l’art ! 192 p., 35 €. BNF ÉditionsJean-François Coffin.

“L’Herbier de Marcel Proust”, de Dane Mc Dowell

On croyait tout savoir sur l’homme, son œuvre, ses angoisses existentielles et son goût irrésistible pour les “Fleurs du mal”….Mais entre ses lignes, en filigrane, au fil des pages, la journaliste, et universitaire, Dane Mc Dowell, avec patience et délicatesse, a glané 600 évocations végétales, colorées et parfumées ! Une cueillette singulière, qui remonte à l’enfance de Proust lorsque l’abbé d’Illiers-Combray l’initie à la découverte des plantes. Et, finalement, tout un herbier impossible, mais tellement vrai qu’il déroule, selon les époques, le temps qu’il fait et les humeurs ombrageuses de l’auteur ! Inspiré de paysages familiers ou accroché à la boutonnière de ses personnages, sur le chapeau ou les robes des femmes, il passe insensiblement des camaïeux bleus et blancs des fleurs de l’innocence aux fleurs de salons, plus flamboyantes, avant de sombrer dans les belles vénéneuses ! En harmonie avec le florilège des textes, les 65 collages et aquarelles poétiques de l’artiste Djohr donnent corps et âme à cet herbier insoupçonné et à cet ouvrage si attachant… 224 p, 32 €. FlammarionJocelyne Devedjian.

 

“La ville végétale, une histoire de la nature en milieu urbain”, de C.-F. Mathis et E.-A Pépy

Cet ouvrage retrace l’histoire sociale, économique, culturelle et politique de la présence de la nature en milieu urbain depuis le XVIIe siècle. La végétation spontanée s’est inclinée devant l’architecture des villes, des jardins d’apparat, des jardins botaniques et des parcs. La sensibilité pour la nature sauvage et le verdissement en milieu urbain renaissent actuellement sous forme de friches, corridors écologiques, jardins en mouvement, toits et murs végétaux. La nature ne fait pas toujours l’unanimité en ville,les mauvaises herbes entre les pavés, dans les creux des murs, l’ombre des arbres, les jardins et les arbres peu entretenus n’ont pas que des ami(e)s ! À côté des formes végétales durablement implantées dans les espaces urbains, les végétaux hors-sol, fruits, légumes, déchets végétaux et fleurs coupées ont une existence plus éphémère, mais omniprésente au quotidien. Mobile, précieuse et vivace, la nature en ville sous tous ses aspects ponctue le rythme des saisons et participe à notre bien-être et notre bien-vivre. 360p., 25€, éditions Champ VallonMarie-Claude Eyraud.

“Succulentes, le design végétal”, de Thomas Balaÿ et Frédéric Pautz

Succulentes ! Oui, elles le sont, ces belles images en gros plan sur fond noir qui mettent en valeur des plantes que l’on connaît plus ou moins bien. Ronds, dressés, charnus, épineux ou chevelus, ces végétaux que l’on appelle ” plantes grasses” ou “succulentes” (traduire “gorgées de sucs”) ont un point commun. Ils retiennent la moindre goutte d’eau, ce qui leur permet de s’acclimater dans les régions désertiques, parfois hostiles à toute autre forme de vie. Pour croître, la nature les a dotées de formes diverses de façon à offrir la plus petite surface d’évaporation. Nombre d’entre elles ont vu leurs feuilles se transformer en épines et leurs fleurs ne s’épanouir que la nuit. Au fil des pages, les talentueux portraits photographiques de Thomas Balaÿ nous dévoilent la géométrie et le graphisme, mais aussi les couleurs subtiles qui révèlent la finesse de ces végétaux. Les descriptions précises et pertinentes que nous livre la plume agile de Frédéric Pautz nous aident à comprendre comment se sont adaptées ces plantes à leur environnement. Un ouvrage captivant à offrir ou à s’offrir. Ulmer, 128p. 30 €Christiane Rivallin

“La Vendée des jardins, au fil de l’histoire”, ouvrage collectif

L’Association des parcs et jardins de Vendée s’est fixée comme priorité de réaliser un inventaire des parcs et jardins de son département et en a répertorié plus de 300 ! Ayant découvert la richesse de son patrimoine, elle a ensuite souhaité raconter ces jardins au fil de l’Histoire, sachant que les plus anciens datent de la Renaissance. Pour mener à bien ce projet, l’association en collaboration avec le CVRH (Centre vendéen de recherches historiques) a fait appel à une trentaine de chercheurs. Présentés chronologiquement ces jardins d’hier et d’aujourd’hui se dévoilent aussi à travers leur histoire politique, religieuse ou sociale. Au fil des pages, on découvre des lieux d’exception comme le jardin du Bâtiment, imaginé par le maestro William Christie, tout en théâtralité, qui héberge dans ses chambres de verdure -ou à l’abri de topiaires à la forme unique- un festival de musique. Autre point fort du livre : les notices de chaque jardin ont été rédigées par leur propriétaire. Cet ouvrage remarquable s’achève par la liste des jardins ouverts au public et devrait donner envie au lecteur d’aller découvrir les richesses de ce département souvent ignoré. Préface d’Erik Orsenna, 432p. 39€, éd.s du CVRH, en vente en librairie et sur histoire-vendee.com. Christian Ledeux

 
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