Évidemment, les hommes se sont taillés la part du lion dans les explorations botaniques. Missionnaires ici et là, chercheurs passionnés, découvreurs émérites… À eux l’aventure ! Aux femmes botanistes, à l’exception de Jeanne Barret, à laquelle nous avons consacré un article, les mioches, les robes pas pratiques pour crapahuter, la cuisine et tout le toutim ! Il est donc temps de rendre honneur à quelques femmes botanistes, scientifiques auxquelles nous devons aussi de grandes découvertes ou des travaux passionnants, non mais !

 

Jane Colden, la première botaniste américaine

On se plaît à imaginer ce qu’aurait pu être la vie de Jane Colden si elle ne s’était pas mariée, si elle n’était pas morte, à 41 ans, quelques mois après avoir donné naissance à son unique enfant… Jane, née à New York en 1724, a la chance d’avoir un père médecin, Cadwallader Colden, qui lui apprend la nouvelle classification des plantes mise au point par Carl von Linné. Elle passe une partie de son temps à herboriser le long de l’Hudson et réussit à découvrir et/ou identifier plus de 300 espèces. Elle publie un ouvrage sur la flore new-yorkaise avant de se marier et d’arrêter de travailler…

 

 

 

Gynnogongrus griffithsiae ©Crouan

Amelia Griffiths, la papesse des algues

 

Veuve à 34 ans d’un pasteur anglican, Amelia, née Warren Rogers en 1768, doit élever ses 5 enfants toute seule. Ses moments de détente, elle les passe sur le bord de mer, à Torquay, dans le Devon. Là, elle commence à collecter, collectionner, découvrir des algues dont elle devient une éminente spécialiste. Elle se forme en botanique marine, correspond avec de nombreux botanistes et scientifiques. Elle transmet le goût des recherches à l’une de ses filles, Amelia Elizabeth, qui, elle, se spécialise dans les mousses. Un genre d’algues rouges porte son nom (Griffithsia) ainsi qu’une espèce (Gymnogongrus griffithsiae). Elle meurt à Torquay en 1858, à presque 90 ans (la botanique conserve !). 

Winifred Brenchley et la mauvaise herbe

Cette Britannique a été la première à consacrer une étude scientifique sur le sujet des adventices. Elle s’est également intéressée à la composition des prairies et à démontré l’incidence d’apports de chaux et d’engrais. Elle disparaît en 1953.

Emilia Anikina, la baroudeuse

Spécialiste – entre autres – de la steppe et de la steppe boisée, elle a découvert quatre espèces de blé au Kazakhstan. Elle a eu une sacrée vie. Née à Barnaoul, dans l’Altaï, Emilia Edouardovna Anikina appartient à une famille opposée au tsar et contrainte d’émigrer en Suisse. En 1917, favorable à la Révolution russe (qui lui ôta cependant un frère et son époux), elle revient dans son pays natal. Elle a exercé de nombreuses responsabilités jusque dans l’Extrême-Orient russe et, en bonne baroudeuse, a dirigé deux expéditions botanistes. Elle est morte à 97 ans, en 1983.

Zinaïda Botchantseva, passionnée par les tulipes

Née et décédée à Tachkent (Ouzbékistan), Zinaïda, spécialiste de biologie cellulaire et d’embryologie, a consacré une partie de sa vie aux tulipes après avoir participé à des missions botaniques en Asie centrale. Voyages et études en laboratoire donnent naissance à une thèse, des monographies. Puis elle se lance dans l’hybridation. Ses ‘filles’ se nomment ‘Cigogneau’, ‘Lever de soleil’, ‘Gloire maternelle’, ‘Aelita’ récompensées un peu partout dans le monde. Son nom a été donné à deux tulipes : Tulipa zenaidae et Tulipa botschantzevae. Ses travaux lui ont valu d’être décorée de l’ordre de Lénine, la plus haute décoration de l’Union Soviétique ! Da !

Nellie A. Brown, reine des galles

Toutes les recherches – ou presque – de cette botaniste américaine (décédée en 1956) ont été axées sur les pathologies végétales, notamment sur les galles (elle est l’auteur d’un ouvrage de référence), les maladies de la laitue et celles qui touchent les pommes. 

Aimée Antoinette Camus, orchidées et graminées

Les chiens ne font pas des chats. Fille du botanique Edmond-Gustave Camus (fondateur de la Société pour l’étude de la flore française), Aimée a tout d’abord suivi les traces de son père, spécialiste des orchidées. Tous deux font paraître, en 1921, un livre-somme “L’iconographie des orchidées d’Europe et du Bassin méditerranéen”. Puis, Aimée s’intéresse – de très près – aux graminées, se rend à Madagascar où elle découvre des espèces endémiques. Les graminées resteront d’ailleurs le fil rouge de ses études et recherches pendant toute sa vie. Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser également aux bambous et au riz. Sa bibliographie est impressionnante et comporte plusieurs monographies (châtaignier, chênes, cyprès, saules). Aimée est décédée, à 85 ans, à Paris, en 1965.

Marie-Anne Libert et la pomme de terre

Botaniste et mycologue belge, elle fut la première à identifier et mettre un nom (Botrytis vastatrix rebaptisé Phytophtora infestans) sur le champignon responsable du mildiou, et ce, en 1845. Marie-Anne fut l’une des premières femmes spécialisées en phytopathologie. Ses études lui permirent d’identifier plusieurs autres agents pathogènes, ravageurs de la pomme de terre ou des giroflées ! Son nom a été donné au genre de plantes Libertia. Elle est morte, à Malmédy, à 82 ans, en 1865. 

 

Marion Delf-Smith, la têtue !

Au début du XXe siècle, au Westfield College pour femmes, pas question d’enseigner les théories évolutionnistes de Darwin. Marion, diplômée en sciences naturelles, décide de faire changer les choses et, à force d’entêtement, obtient une modification de l’enseignement.  Spécialiste de l’étude de la transpiration des plantes, elle doit interrompre ses recherches sur les succulentes quand la Première guerre éclate. À la fin du conflit, cette botaniste délivre son savoir à Westfield, avant de prendre la tête du département de botanique jusqu’à sa retraite. Elle est décédée à Londres, en 1980, à 97 ans (décidément !)

 

Olive Mary Hilliard, incollable sur le Natal

Toujours en vie, cette botaniste et taxinomiste sud-africaine, s’est spécialisée dans l’étude de la flore du Natal. Cette région de l’est de l’Afrique du Sud a reçu son nom de Vasco de Gama qui y aborda le jour de Noël 1497. Scientifique, elle a déterminé le nom de 372 espèces et a collecté des milliers de spécimens lors d’expéditions au Malawi et au Drakensberg, une chaîne de montagnes sud-africaines. Un hélichrysum, un plectranthus et d’autres plantes portent son nom.

Polemonium cerulean ©Tristamplant

Ruth Mary Tristam, du plantain sinon rien !

Née en 1886 en Angleterre, cette botaniste s’est spécialisée très tôt dans le genre Plantago (plantain). En 1911, la Linnean Society of London lui ouvre ses portes. Elle a seulement 25 ans ! La vie, par la suite, n’a pas été facile pour cette excellente illustratrice botanique. Elle a perdu trois de ses quatre fils. Le seul survivant, David, a créé Walberton Nursery et s’est spécialisé dans la production et l’obtention d’hellébores, scabieuses, gauras, crocosmias, spirées, euphorbes…   

 

 

 

 

 

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