On appelle cela l’entomophagie, en relation avec l’entomologie, la partie de la zoologie qui traite des insectes (cf Larousse). La consommation régulière d’insectes concerne deux milliards et demi d’individus dans le monde, autant dire que ce n’est pas une idée farfelue.

Une histoire ancienne

manger des insectes

©legna69

Dès la préhistoire, les anthropologues attestent de la présence des insectes dans l’alimentation des humains et on en a retrouvé dans les momies tant sur le continent africain qu’en Amérique du Sud. Les trois livres des religions monothéistes en font état et Aristote en disait tout le plaisir tandis que Pline l’Ancien vantait la saveur des larves de coléoptères.

Mais les Espagnols et les Portugais partis à la conquête du Nouveau Monde en reviennent avec une tout autre image. Ils assimilent la gastronomie des insectes à des pratiques de sauvages. Les insectes se retrouvent donc expulsés des assiettes et des cuisines, relégués dans un dégoût culturel !

Une popularité en berne

Il faut dire que les bestioles en question font parler d’elles en dehors des casseroles en ravageant les champs des paysans et en affamant ainsi les populations. Elles sont donc perçues comme ennemies. Ajoutons pour certaines d’entre elles qu’elles n’hésitent pas à nous piquer !

 

Pourquoi repenser à l’entomophagie ?

L'otiorhynque

©sasimoto

Pour préserver la planète, diantre ! La production de protéines animales, bien utiles à notre santé, est coûteuse en eau, en CO2, en déforestation… Il est donc temps de réfléchir au remplacement des sources de protéines, car tous les scientifiques ne sont pas d’accord sur leur éviction pure et simple de l’alimentation humaine. En revanche, réduire la consommation de viande telle que nous la connaissons aujourd’hui pour quelques recettes savoureuses à base d’insectes, pourquoi pas ?

“Sur le plan environnemental et économique, les insectes présentent également des avantages puisqu’ils représentent une faible consommation de gaz à effet de serre et d’ammoniac, participent à la pollinisation et à la fertilisation des sols et sont moins consommateurs de végétaux (2 kg de céréales pour produire 1kg d’insectes contre 8 kg de céréales pour 1 kg de viande). Ils nécessitent beaucoup moins d’eau et de terres que la viande ou les végétaux, et sont même capables d’utiliser les déchets pour se nourrir (van Huis, 2013)”. (Ref)

Champions de la teneur en protéines

manger des insectes : criquet

©GlobalP

1900 espèces d’insectes seraient comestibles pour les êtres humains, cela fait du choix ! Les insectes comestibles renferment une quantité phénoménale de nutriments essentiels à la croissance du corps humain. Des protéines en pagaille, des vitamines (B1, B2, B3, D), des minéraux (calcium, fer, zinc et phosphore), des acides gras essentiels (oméga-6, acide lin-oléique, fibres) …

“Les insectes sont très riches en protéines. Ils en contiennent 3 à 4 fois plus que le porc ou le poulet pour un même poids de matière (Much, 2012). Cette teneur varie fortement en fonction des espèces d’insectes et de leur alimentation, mais certains insectes (criquets, grillons, sauterelles, vers de farine, vers à soie, termites notamment) tiennent la comparaison avec le bœuf, les crustacés et les poissons (van Huis, 2013)”. (Ref)

Une mygale grillée ou une dizaine de criquets cuits (20g) ont la valeur énergétique d’un steak de 110 g ! (Ref)

D’ailleurs, en Afrique on mange facilement des chenilles et des criquets, au Japon, des guêpes, en Thaïlande, au Laos, au Viêtnam et en Chine, on se régale de criquets et grillons. L’Asie leur reconnait également des vertus thérapeutiques.

Alors que l’on constate leur disparition dans notre environnement, que nous nous en inquiétons pour nos jardins, nos cultures et notre bonheur à manger du miel, voilà que plus que jamais il faut reconsidérer notre aversion pour ces petites bêtes et commencer à les aimer, à les adorer !

La recette pour manger des insectes !

Soupe de carottes

©marysckin

Soupe de carottes aux grillons

Pour 4 convives

Ingrédients :

  • 5 pommes de terre Artémis
  • 5 carottes
  • 1 courgette
  • 25 g de grillons
  • 125 g de crème épaisse
  • 1 oignon
  • Une cuillerée à soupe rase de poudre de curry
  • Sel et poivre du moulin
  • Une cuillerée d’huile d’olive

 

 

Peler les légumes et les couper en petits morceaux dans un faitout.
Couvrir d’eau, saler, poivrer.
Mettre à cuire à feu moyen pendant 20 min.
Peler et émincer l’oignon. Dans une poêle, le faire dorer avec les grillons.
Au bout des 20 min, jeter le contenu de la poêle dans la soupe.
Remettre sur le feu pendant 10 min.
Ajouter la crème et le curry. Mixer.
Servir bien chaud.

Bon appétit !

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