Cette artiste mexicaine qui vit à Paris depuis 24 ans et expose à l’international, mène une œuvre forte et inspirée sur le papier, la toile et l’écran. La nature y occupe une place de plus en plus importante. Nous l’avons rencontrée.

 

Daniela Prost ©Valérie Collet

Quelle place la nature occupe-t-elle dans ta vie ?

Au Mexique, j’ai toujours vécu dans des maisons avec de grands jardins. J’ai passé toute mon enfance à jouer dans l’herbe, à grimper dans les arbres. Je semais aussi beaucoup, car mon père m’achetait des petites graines. En fait, j’ai toujours aimé être dans la nature ou au milieu des plantes que je considère comme des êtres vivants à part entière. Dans mon appartement à Paris, j’ai une cinquantaine de petits pots répartis sur tous mes balcons et dans la maison. J’ai une lavande, des roses, des fraises des bois, des fraises italiennes, un Aloe vera, des violettes, des tomates cerises… Et en ce moment un superbe mimosa. J’ai des fleurs devant ma table de cuisine, car je prends toujours mon petit déjeuner avec elles !

 

Depuis quand la nature est-elle présente dans tes œuvres ?

Depuis toujours. Quand j’étais aux Beaux-Arts de Paris, je mêlais déjà la représentation des corps aux plantes. J’ai aussi fait un travail avec les branches d’arbres comme métaphore de nos vies qui se croisent, s’accompagnent un moment et se séparent. J’ai réalisé pas mal de paysages intérieurs, des photos aussi. Et tout récemment, une série intitulée « Volonté de puissance », avec de très grands formats.

Daniela Prost, Volonté de puissance ©Daniela Prost

Quelle en est l’idée ?

Je me suis inspirée de la théorie de Nietzsche où chaque être vivant à la capacité et la volonté de survivre. Michel Onfray, dans Cosmos, écrit aussi : « Le Sipo Matador était volonté de puissance, la forêt était volonté de puissance, les papillons étaient volonté de puissance, la lumière était volonté de puissance, les feuilles étaient volonté de puissance… ». Il y a une volonté de survie incroyable dans la nature. Si on abandonne une maison, par exemple, les plantes prendront rapidement le dessus. Mais cette volonté fait parfois défaut aux êtres humains…

Volonté de puissance ©Daniela Prost

 

Dans une de tes vidéos, Le sacre de la femme (à voir ci-dessus), la figue occupe une place bien particulière…

J’ai réalisé cette vidéo pour un festival du centre National de la photographie à Thessalonique, en Grèce. Le thème était « Free femme ». J’ai donc voulu y évoquer la femme libre, qui décide pour elle-même, de son plaisir. L’idée de la figue m’est apparue en discutant avec un ami. C’est vrai que la femme fruit est une évidence. Elle fait notamment appel à la Bible (Eve et la pomme). Mais parmi les analogies que l’on peut faire entre les êtres humains et les plantes, les arbres ou les montagnes, la figue qui cache sous sa peau sombre la couleur de sa chair me paraissait être la plus explicite pour représenter le sexe féminin.

Flor de fuego (photo) ©Daniela Prost

Les images sont assez troublantes, voire violentes. Faut-il y voir un trait spécifiquement mexicain?

Je ne me sens pas spécialement une artiste mexicaine. Mais dans mon éducation et mes études, j’ai beaucoup appris sur les peuples précolombiens. Au Mexique, le sang est omniprésent aussi bien dans les plaies des Christs hispaniques que dans les sacrifices aztèques lors desquels on arrachait le cœur vivant des victimes. Et puisque nous parlons de plantes, voulez-vous connaître un des usages que ce peuple faisait de l’agave ? Quand ils voulaient s’imposer des mortifications, les anciens Mexicains s’en plantaient les épines dans le sexe !

 

 

Volonté de puissance ©Daniela Prost

Dans certaines œuvres, tu utilises la Grana cochinilla. De quoi s’agit-il ?

La cochenille est un insecte qu’utilisaient les Aztèques pour obtenir la couleur pourpre. Elle servait à teindre leurs vêtements et à peindre les temples lors des cérémonies. C’est un parasite de l’agave, ce cactus avec lequel on fait la tequila. J’achète ces insectes séchés, je les broie et je les mélange avec de l’eau distillée, du bicarbonate de soude et du citron. Selon la quantité de citron utilisée, cela donne une couleur plus ou moins foncée. Cet élément qui a été vivant donne une couleur très soutenue, très forte et me permet d’utiliser un produit complètement naturel sans additif (oeuvre ci-contre). Pour moi, c’est aussi une façon de reprendre une tradition mexicaine ancienne et de lui redonner vie.

Pour consulter le site de Daniela, cliquez ICI.

 

 

 

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