Vivre dans la lave !

Vivre dans la lave
Isabelle Morand

Le volcan Cumbre Vieja a fait des siennes pendant plusieurs semaines sur l’île de La Palma. Mais rapidement la nature renaît, la vie revient au milieu des champs de lave. À La Palma comme à Lanzarote, autre île volcanique des Canaries.

Dans la maison de lave de César Manrique

L’artiste emblématique de Lanzarote a su jouer avec la lave et le paysage à la fois serein et bouleversé pour créer sa maison-jardin. Il a vécu une vingtaine d’années dans cette maison (jusqu’en 1988) située dans une magnifique palmeraie du village de Haria. Pour l’artiste, cette maison conjugue tous ses besoins et envies : une lumière favorable à la création, le calme et un contact direct avec la nature. C’est aussi un retour en enfance pour l’artiste, familier du lieu dans son enfance. L’architecture s’inscrit dans la tradition de l’île et joue avec la complexité des 5 bulles volcaniques qui composent une partie de la maison. La piscine dans son écrin volcanique est bordée de plantes exubérantes. Les abords de la maison épousent les couches de lave et accueillent des cactus, succulentes, des outils, des crânes d’animaux accrochés aux murs.

Quelques lézards des Canaries 

Quand le soleil chauffe la lave, c’est juste un grand bonheur pour les lézards. Plusieurs espèces sont endémiques des îles Canaries. Gallotia atlantica se rencontre à Lanzarote et à Fuerteventura. Il est sombre et tacheté de bleu. La Palma a le privilège de voir cavaler un lézard géant, G. auaritae (plus de 40 cm) de la bouche au cloaque. G. intermedia, le lézard tacheté, est une espèce en voie de disparition sur Tenerife ; lui c’est un super géant qui peut atteindre… 75 cm (oui, quand même !). Autre bestiole impressionnante : G. stehlini qui vit à Gran Canaria.

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©Isabelle Morand
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©Isabelle Morand

Rouler dans la lave

Les routes ont été tracées dans les champs de lave. Hors période de vacances, on peut les parcourir sans croiser âme qui vive. L’impression de se retrouver seul, un peu paumé, dans l’exploration d’un monde quasi lunaire. Même si la Lune n’est pas encore bitumée pour le moment…

L’union du noir, du vert et du blanc

Dans le cimetière de Haria, où est enterré César Manrique, ces trois couleurs prédominent. Quelques lauriers-roses fleurissent sur le pourtour, mais ailleurs, ce ne sont que désespoirs des singes (Araucaria) , yuccas, palmiers, cactus, crassulas, géraniums vivaces qui supportent le cagnard. Jusqu’au pied de la chapelle, jusqu’à la parcelle réservée aux enfants. Un lieu très émouvant…

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©Isabelle Morand
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©Isabelle Morand

Un jardin – hôtel
(ou l’inverse !)

On doit aussi à la célébrité locale, César Manrique, la conception de l’immense jardin intérieur de l’hôtel Melia Salina. Au rez-de-chaussée poussent d’innombrables plantes dans une atmosphère chaude et humide. Les palmiers attirés par la lumière hissent leur toupet au niveau des étages supérieurs tandis que des tiges de Pothos retombent des balustrades. À l’extérieur, un grand jardin accueille des espèces communes et plus rares, elles aussi plantées dans un sol tout noir de lave.

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©Isabelle Morand

Les salines de Janubio

Elles ont été aménagées autour d’un lagon formé par une éruption volcanique du Timanfaya. Construites à la fin du XIXe, les salines de Janubio ont une exceptionnelle valeur paysagère et écologique par la complexité et l’originalité de leur architecture. Tout un réseau de bassins annexes est organisé autour d’un grand bassin central. Dans le passé, l’eau était collectée par plusieurs éoliennes fixées sur de gros socles de pierre… de lave.

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La Geria ©Isabelle Morand

Berceaux pour vignes

Dans la vallée de la Geria, chaque pied de vigne a droit à son berceau. Le plant est installé dans un trou, ce qui permet de guider vers lui l’eau de pluie. Puis, autour de chaque plant est monté un muret en pierres de lave. Objectif : protéger la vigne du vent qui souffle en permanence (et pas qu’un peu parfois…). Ici, on produit du vin rouge, blanc, rosé. Clairement, c’est pas le délire côté qualité, mais il se laisse boire quand même…

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