Tout sur… les chenilles processionnaires du pin et les autres

chenilles processionnaires
Lamiot

Un peu partout, les chenilles processionnaires du pin sont en train de festoyer sur leurs proies. Elles se gavent d’aiguilles avant de s’en aller faire leurs nids, ces cocons soyeux accrochés aux branches. Vous pouvez intervenir maintenant puis en hiver, puis au printemps, pour limiter les populations de cette chenille processionnaire, faute de les éradiquer…

À la conquête du nord ! 

Ces chenilles processionnaires du pin (Thaumetopea pityocampa) vivent en Europe Centrale, en Afrique du Nord, au Proche-Orient et aujourd’hui dans les trois-quarts des départements français, progressant peu à peu vers le nord du pays, notamment en Île-de-France. On peut le constater quand on est en voiture… Le long des autoroutes, mais pas seulement évidemment, les cocons soyeux sont innombrables, installés dans diverses espèces de conifères, mais surtout dans les pins noirs (Pinus nigra).

cocon chenille processionnaire
©Ghislain Teillet

Le papillon appartient à la famille des Notodontidae, il est nocturne, gris et pond sur les aiguilles de certains conifères au mois d’août.

Le cycle de vie des chenilles processionnaires du pin

Août : le papillon pond sur les aiguilles jusqu’à plus de 300 œufs

Entre et septembre et novembre : les larves minuscules se dirigent vers les branches supérieures des arbres, produisent une sorte de soie qui leur permet de tisser un nid. Elles grignotent les aiguilles et quand la pitance se fait à manquer, elles construisent un autre nid plus haut. Pour affronter l’hiver, les larves qui ont mué finissent par tisser un nid beaucoup plus volumineux. Tout est très organisé. Quand elles sortent manger la nuit, elles suivent toutes le même fil de soie qui leur permet de retrouver leur nid. 

nid processionnaire du pin
©Isabelle Morand

Au printemps : une femelle prend la direction de toutes les chenilles qui descendent de l’arbre. Une deuxième chenille place sa tête au contact de la première, etc. C’est ainsi qu’on observe des colonies former des lignes plus ou moins droites. Leur objectif : aller s’enterrer dans un endroit bien exposé au soleil, se transformer en chrysalide puis en papillon qui ne vit environ que 24 heures. Si les températures sont trop froides ou trop chaudes, les chrysalides peuvent rester plusieurs années dans la terre, attendant de bonnes conditions pour se transformer en papillons.

Les espèces sensibles

  • Pin parasol (P. pinea)
  • Pin noir d’Autriche (P. nigra)
  • Pin sylvestre (P. sylvestris)
  • Pin maritime (P. pineaster)
  • Pin blanc (P. strobus)
  • Pin larricio de Corse (P. nigra subsp corsicana)
  • Pin Salzman (P. nigra slazmanii)
  • Pin de Monterey (P. radiata)
  • Mélèze (Larix)
  • Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii)
  • Les cèdres (Cedrus) peuvent aussi être touchés.

Chenilles processionnaires, un danger pour l’homme…

Elle est dotée de poils urticants redoutables, surtout au printemps quand elle descend de l’arbre pour aller s’enfouir dans le sol. Le lépidoptère a développé cette stratégie pour échapper à ses prédateurs (rongeurs, oiseaux). Il ne faut JAMAIS toucher ces chenilles. Et si vraiment, vous devez les toucher, portez des vêtements longs, des gants et des lunettes. 

Le contact avec ces chenilles provoque d’intenses démangeaisons, des éternuements, de l’urticaire… voire de graves réactions allergiques pourtant entrainer malaises et hospitalisations. 

chenille processionnaire
©Paul Owens

Même quand les chenilles ont quitté leur cocon hivernal, il faut se protéger en manipulant leur nid. Il reste dans ces nids des soies urticantes même plusieurs mois après leur départ.

… et pour l’animal

Les chiens et les chats sont souvent tentés de jouer avec ces bestioles quand il ne s’agit pas pour eux de n’en faire qu’une bouchée. Or, le moindre contact avec les poils urticants peut avoir de graves conséquences. L’animal présente généralement des brûlures, œdèmes, tuméfactions sur la langue ou le corps. Certains animaux peuvent aussi déclencher un choc anaphylactique qui peut provoquer leur mort. Si vous soupçonnez un contact entre votre animal et des chenilles, il faut vous rendre immédiatement chez le vétérinaire.

Les moyens de lutte selon les saisons

De juillet à septembre

Pièges à phéromones pour neutraliser les papillons mâles. Installez en hauteur un piège pour 5 arbres. Ces pièges libèrent des phéromones sexuelles qui attirent les mâles (ils finissent par se noyer dans le réservoir qui contient de l’eau).

Confusion sexuelle : on disperse des phéromones dans l’arbre. Elles sont contenues dans des capsules qu’on tire grâce à un fusil à air comprimé. Les phéromones permettent de désorienter les mâles qui ne parviennent plus à repérer les femelles.

De décembre à avril

Les écopièges : ils sont constitués d’une gouttière qui guide les chenilles descendant de l’arbre vers un sac rempli de terre. Elles s’y enfouissent croyant avoir touché le sol. Quand toute la colonie est dans le piège, il faut retirer le sachet et le brûler.

écopiège processionnaire du pin
©Isabelle Morand

De septembre à octobre : la lutte microbiologique

Les nichoirs à mésanges : même si elles ne peuvent pas manger toutes les chenilles, les mésanges bleues et charbonnières s’en régalent et ne sont pas sensibles aux poils urticants. Installer plusieurs nichoirs à mésanges est donc une des solutions pour lutter contre les sales bêtes. 

Pulvérisation de BtK : Ce traitement ne peut être appliqué que par des opérateurs formés à cet effet. On pulvérise sur le feuillage des arbres touchés par les chenilles une substance contenant du bacille de Thuringe (Bacillus thuringiensis) 

Et les arbres dans tout cela ?

La chenille processionnaire est beaucoup moins dangereuse pour eux que pour l’homme et l’animal. Les conifères perdent leurs aiguilles là où les chenilles font leurs nids et se nourrissent, mais ils s’en remettent plutôt bien.

Les autres chenilles processionnaires et urticantes présentes en France

La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea). Elle aussi se déplace en file indienne, construit de gros cocons soyeux. On la trouve de l’ouest de l’Europe à la Turquie. En France, elle est présente essentiellement dans le quart nord-est de la France, y compris en Île-de-France. Les risques sont les mêmes pour la santé des hommes et des animaux qu’en ce qui concerne la chenille processionnaire du pin.

la descente des chenilles
©CreativeNature_nl
chenille urticante
©Tomasz Klejdysz

La chenille du Bombyx cul brun

Son champ d’action est vaste. La chenille d’Euproctis chrysorrhoea peut s’attaquer à de nombreuses espèces de feuillus (arbres forestiers, arbustes, arbres fruitiers). On la trouve le plus souvent dans des milieux ouverts, dans les lisières et les haies. Les arbres finissent par s’en remettre. Des études ont fait remarquer que les ravages sont souvent sévères pendant deux ou trois ans puis les colonies s’effondrent, sans que l’on sache pourquoi. Ne les manipulez jamais à mains nues, les allergies sont fréquentes chez l’homme. Même risque d’allergie chez l’animal.

Eilema caniola, une chenille urbaine

La chenille de ce papillon vit dans les zones urbaines. Elle se plaît sous les tuiles des toitures et peut mettre entrer dans les maisons par des fenêtres de toit restées ouvertes. Elle se nourrit de lichens et de mousses. Donc si vous constatez une pullulation de ces chenilles elles aussi urticantes, nettoyez les façades en enlevant les mousses, fermez les fenêtres. En cas d’urgence, délogez-les au tuyau d’arrosage. Si elles sont entrées à l’intérieur de votre maison, sortez l’aspirateur.

Eilema caniola
©ePhotocorp

Ne les touchez pas avec des mains nues, portez des vêtements longs, un masque (vous devez en avoir en réserve), éloignez les animaux et nettoyez bien, bien, bien les endroits où vous les avez trouvées.

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