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Conifères : les problèmes les plus courants

maladies des conifères
Achim Schneider

Àmoins d’être un spécialiste, pas facile de reconnaître les diverses maladies qui peuvent frapper les conifères. Voici les principaux problèmes, leur gravité, comment les prévenir ou en venir à bout quand c’est possible…

Les cochenilles à bouclier

Bien à l’abri dans leur carapace protectrice, les chenilles à bouclier s’en donnent à cœur joie en ponctionnant les tissus vitaux de l’arbre.

Comment les repérer : petites pastilles ou bâtonnets comme des grains de riz. Couleur blanche facilement repérable. Les aiguilles et les écailles jaunissent. Elles peuvent même chuter.

Prévention : inspectez vos conifères régulièrement et coupez les rameaux atteints.

En curatif : pulvérisez de l’huile de colza. Deux traitements espacés de huit jours en hiver. En fin de printemps, pulvérisez du purin de fougère ou du savon noir. 

Les scolytes

Ils ravagent nos feuillus. Les forêts d’épicéas de l’est de la France sont particulièrement touchées. Le réchauffement climatique et la sécheresse favorisent l’installation de ces sales bestioles qui provoquent le dépérissement des arbres. Les scolytes s’attaquent aussi au pin sylvestre, au pin à crochets, au mélèze. Il existe de nombreuses espèces de scolytes… 

ravage des scolytes
©Temir Shintemirov
Conifères malades
©marc chesneau

Comment repérer la présence de scolytes : des petits trous ronds sur l’écorce des rameaux (possibilité de trouver des mini tas de sciure à l’aplomb). Des branches desséchées.

Prévention : rien à faire.

En curatif : pas de traitement. Vous pouvez essayer de couper les branches atteintes pour tenter de limiter les dégâts, mais généralement il faut abattre l’arbre et le brûler.

La soif…

Pas besoin de vous faire un dessin : déficit pluviométrique, manque d’arrosage.

Comment la repérer : jaunissement, assèchement des aiguilles et des ramilles surtout situées dans le houppier. Les jeunes pousses ne sont pas atteintes. Pour se donner une chance de survivre, le conifère se déleste de ses parties les plus anciennes. 

Prévention : arroser régulièrement et maintenir le sol frais en paillant le pied.

En curatif : arroser et croiser les doigts…

L’acarien des conifères

Les acariens sévissent partout, à la maison comme au jardin. Ils adorent les situations chaudes et confinées (y’a bien qu’eux pour aimer le confinement…). 

maladies des conifères
©Lex20

Comment les repérer : si vous voyez des toiles fines entourer des aiguilles jaunissantes ou rougissantes, les acariens sont sans doute là. Si vous observez l’intérieur de ces toiles avec une loupe, vous verrez des minuscules araignées jaunes ou brunes. On en voit souvent sur les épicéas.

Prévention : brumisez ou aspergez régulièrement les conifères, les acariens n’aiment pas l’eau.

En curatif : pulvérisez de l’huile de vaseline ou de colza. Les décoctions d’ail semblent efficaces, mais il faut renouveler souvent les pulvérisations.

Le pourridié des racines

Armillaria mellea est particulièrement redoutable pour les arbres, conifères compris. Ce champignon est souvent mortel, car il infecte l’ensemble du système racinaire. 

Comment le repérer : votre arbre qui allait bien se met à dépérir vitesse grand V. Si vous grattez la base de l’arbre, l’écorce va tomber et révéler des plaques blanches.

Prévention : rien.

En curatif : aucun traitement. Il faut arracher l’arbre, sortir toutes les racines. Ne replantez rien au même endroit pendant un bon bout de temps. 

maladies des conifères
©Tintazul (wikimedia)

Les champignons mangeurs de bois

Ils s’introduisent dans le conifère à l’occasion d’une blessure, d’une plaie mal cicatrisée. 

Comment les repérer : des champignons apparaissent sur le tronc ou sur les branches. Si vous les détachez, vous constatez que le bois derrière est pourri. 

En prévention : si vous taillez vos arbres, utilisez du mastic pour empêcher les champignons de s’installer sur la plaie.

En curatif : rien à faire. 

Le bupreste du genévrier

Les larves de Lamprodila festiva, un coléoptère, ne s’attaquent pas qu’aux genévriers. Elles font aussi de gros dégâts sur les faux cyprès (Chamaecyparis) ou les thuyas (notamment Thuya plicata ‘Atrovirens).

Comment repérer le souci : les rameaux se dessèchent et meurent. En « autopsiant » l’écorce des tiges, on repère vite une larve blanche à grosse tête. 

En prévention : rien.

En curatif : rien d’efficace à faire. Même en coupant les rameaux atteints, vous n’empêcherez pas l’avancée de la maladie et l’issue fatale pour l’arbre.

maladies des conifères
Lamprodila festiva ©Siga

La chenille processionnaire du pin

Les pins sont ses principales victimes, mais les cèdres peuvent aussi être envahis par ces chenilles poilues, très urticantes, qui dévorent les aiguilles. Au printemps, on ne peut pas les rater, elles descendent de l’arbre… en procession, l’une derrière l’autre. Vous pouvez traiter vos arbres en août- septembre- octobre avec du Bacillus thuringiensis. Pensez également à installer en hiver des pièges à phéromones sur vos arbres. Ces dispositifs capturent les chenilles processionnaires quand elles quittent leur arbre-perchoir au printemps. 

problème sur conifère
©Frederico Almeida
chenille processionnaire du pin
©Gwenvidig

Si vous souhaitez détruire les nids, prenez toutes les précautions. Couvrez-vous des pieds à la tête (n’oubliez pas le bonnet), mettez des gants, portez de grosses lunettes de protection, car ces saletés peuvent projeter leurs poils urticants.

Soyez attentifs, ne laissez pas vos chiens jouer avec ces chenilles venimeuses. Le moindre contact avec leurs muqueuses peut être catastrophique, provoque œdèmes, brûlures et parfois un choc anaphylactique pouvant entraîner la mort de votre animal de compagnie.

Installez des nichoirs à mésanges. Ces oiseaux mettent volontiers les chenilles processionnaires à leur menu. Les mésanges peuvent boulotter jusqu’à 40 chenilles par jour.

problème sur les conifère
©Cmspic

Le thuya, un maillon faible chez les conifères

Si vous n’aimez pas les thuyas sans savoir vraiment pourquoi, voici de quoi étayer votre désamour… Les thuyas peuvent souffrir de tout plein de maladies !

  • Scolytes du thuya.
  • Pourridié des racines.
  • Cochenille à bouclier du genévrier.
  • Bupreste du genévrier.
  • Puceron du thuya.
  • Teigne mineuse des pousses de thuya.

Toujours pas envie d’en planter ? Comme vous avez raison ! 

Pour traiter vos conifères à l’huile de colza

Ce traitement se fabrique très simplement à la maison

Dans un pulvérisateur, mélangez 2 c. à soupe d’huile de colza, 1 c. à soupe d’alcool à 70°C ou 90°C, quelques gouttes de produit vaisselle. Vous pouvez pulvériser ce mélange ou l’appliquer au pinceau (pour les plantes d’intérieur).

Les conifères résistant à la sécheresse

Ils résistent très bien : 

  • Cyprès de Provence (Cupressus sempervirens)
  • Cyprès de Leyland (Cupressocyparis)
  • Ifs (Taxus)
  • Pins (Pinus) dont pin sylvestre, pin laricio de Corse, pin noir d’Autriche, pin parasol.
  • Cèdres (Cedrus) dont cèdre de l’Atlas, cèdre de Chypre, cèdre du Liban.
  • Genévrier (Juniperus)
  • Thuya (Thuja) : ils ne peuvent pas avoir que des défauts.

Ils résistent potablement

  • Séquoia (Sequoiadendron)
  • Mélèze de Chine (Pseudolarix amabilis)
  • Cèdre du Japon (Cryptomeria)

Ne comptez pas sur eux

  • Cyprès chauve (Taxodium distichum)
  • Araucarias
  • Faux cyprès (Chamaecyparis)
  • Mélèze d’Europe (Larix decidua)
  • Sapin (Abies)
conifère résistant à la sécheresse
©Isabelle Morand (Jardin d'Adoué)
conifere resistant à la sécheresse
©Isabelle Morand (Domaine du Rayol)
conifère résistant aux maladies
©Isabelle Morand (Château de Breteuil)
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