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Le jardin exotique d’Eze, un paradis perché

Le Festival des Jardins de la Côte d’Azur aura lieu cette année du 25 mars au 1er mai. En attendant, de nombreuses autres créations végétales peuvent être visitées dans la région, pendant l’hiver. Nous nous sommes rendus dans le jardin exotique d’Eze, tout proche de Nice. Nos questions à Patrick Le Tiec, guide conférencier de ce site spectaculaire.

Quelle est l’histoire du jardin exotique d’Eze ?

Patrick Le Tiec : il a été créé en 1949 dans les ruines du château, par le maire André Gianton. Dès le départ, il a été un jardin de succulentes ce que permettait sa très bonne exposition au sud et son terrain en pente, parfait pour bien drainer les plantes. Le jardin n’a pas évolué pendant de nombreuses années. Jusqu’à 2003-04 où des travaux ont été réalisés.

Patrick Le Tiec ©V.Collet
Patrick Le Tiec ©V.Collet

En 2008, le maire actuel et son adjoint qui connait bien les plantes (il s’occupe aussi des jardins de Monaco) ont embauché un jardinier professionnel pour les soigner et les renouveler. Six ans après, ils ont créé l’espace nord réservé aux plantes méditerranéennes qui préfèrent l’ombre. Les plans ont été faits par Jean Mus. Dans la foulée, le jardin a obtenu le label « Jardin remarquable ». Par la suite, une petite extension a été faite face à la mer avec des plantes tropicales.

Combien d’espèces de plantes compte le jardin? Quelle est sa spécificité ?

Même le jardinier a du mal à répondre ! Disons 200 à 300. Sa spécificité, c’est tout d’abord d’être construit dans des ruines médiévales, ce qui fait qu’il n’est pas linéaire du tout. Il est tout en hauteur, avec des sentiers et des petits espaces très différenciés où on peut aussi s’isoler loin du flux de visiteurs qui est important (200 000 par an). C’est aussi un jardin de découvertes. Découvertes de succulentes méconnues et aussi de certaines plantes de la partie nord comme les fougères arborescentes.

cactus
Cylindropuntia tunicata ©V.Collet
Cephalocereus senilis
©Isabelle Morand

Quelles sont les plantes les plus remarquables ?

On a un très beau Dasylirion quadrangulatum. Des cactus tête-de-vieillard âgés (Cephalocereus senilis). Un joli petit érable du Japon. La plante la plus dangereuse est sans doute le cactus Opuntia tunicata, surtout si vos doigts se prennent dans ses épines !

Le jardin est animé d’une quinzaine de figures féminines de Jean-Philippe Richard. Comment s’est faite la rencontre?

Jean-Philippe aime exposer ses sculptures dans des endroits calmes. En 2003-04, il a proposé à la commune d’exposer ses œuvres dans le jardin pour quinze ans. Ainsi Barbara, Chloé et Mélisandre semblent sortir du sol, comme des plantes… L’artiste a coloré la terre qui les constitue pour qu’elles soient plus en accord avec le jardin. Et finalement, il nous a donné toutes ces œuvres.

Vue sur la mer avec une sculpture de Jean-Philippe Richard ©V.Collet
Vue sur la mer avec une sculpture de Jean-Philippe Richard ©V.Collet

Parlez-nous du village haut et de sa végétation naturelle

Eze est située sur un piton rocheux et est occupée depuis l’âge du fer. Les Celto-Ligures vivaient au bord de la grande corniche. Ils cultivaient l’olivier comme l’attestent les pressoirs à huile retrouvés par les archéologues. Sinon, dans le parc naturel qui descend jusqu’à la mer, se trouve tout un maquis avec une végétation endémique tels des chênes verts des arbousiers, des joubarbes… La flore est étagée : méditerranéenne en bord de mer avec par exemple des agaves. En haut, évidemment, il fait un peu plus froid. Quarante kilomètres de sentiers de randonnée vous permettent de découvrir tout le site.

Le jardin exotique d’Eze est-il difficile à entretenir ?

Nous avons six jardiniers qui partagent leur temps entre le Jardin et la commune. La complication ici, avec ce terrain très en pente, c’est la logistique, l’accessibilité. Quand le jardin a été fait, en 1949, toutes les pierres et la terre ont été acheminées par les ânes et les hommes. Aujourd’hui, c’est l’hélicoptère. Il vient six ou sept fois par an. Certaines très grosses plantes du jardin zen, par exemple, ont pu être déposées à leur exact emplacement grâce à lui. Et quand on défriche, l’hélicoptère fait, en une heure, le travail qu’on aurait fait, autrement, en deux ou trois jours.

Le jardin d'Eze ©V.Collet
Le jardin d'Eze ©V.Collet
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